Après leur départ du Costa Rica sous les encouragements d'une foule de supporters euphoriques, il y a quelques jours, et une rapide escale en République de Corée, les footballeurs du Deportivo Saprissa sont déjà dans l'ambiance du Championnat du Monde des Club de la FIFA Coupe TOYOTA, Japon 2005. Leur capitaine, José Francisco Porras, confie à FIFA.com ses impressions à l'approche de la compétition et d'une première rencontre décisive contre le Sydney FC, lundi 12 décembre à 19h20 (heure locale), au stade Toyota.

Deux matches amicaux en République de Corée, une victoire 2:0 contre Suwon et un nul 1:1 face au Railroad Suwon, ont permis aux Centraméricains de s'acclimater au froid et au décalage horaire en vue du rendez-vous nippon. Aujourd'hui, les footballeurs, qui ont retrouvé un rythme de travail habituel, n'ont plus qu'une idée en tête : le Sydney FC, leur premier adversaire.

"Ça fait longtemps qu'on travaille dur pour être prêts pour ce match. On vise haut, c'est notre mentalité. Il est important d'être optimiste dans ce type de tournois. On va donc aborder ce match avec sérieux et responsabilité et on affichera sur le terrain toute l'application et la concentration qu'exige cette compétition internationale. Avec ça et notre football, on espère obtenir un bon résultat, et, évidemment, offrir du beau spectacle", déclare Porras.

C'est fort de ses 70 ans d'histoire que "el Monstruo Morado" (le Monstre mauve) croisera le fer avec un club australien qui fête tout juste ses douze mois d'existence. Selon son entraîneur Hernán Medford, Saprissa a conservé 95 % de son effectif au cours des trois dernières années. Des arguments qui semblent attester de la supériorité des Ticos sur le Sydney FC.

Mais le portier ne s'en tient pas à cela : "Ce sera un match très difficile. On raconte que Sydney est une petite équipe, mais ce n'est pas évident. Un club champion de sa confédération est forcément fort, aussi bien physiquement que mentalement", explique-t-il à FIFA.com.

Porras: "L'effort est notre quotidien"
Toutefois, le vétéran saura user de toutes ses armes face au club novice. "Notre groupe est très équilibré et on essaye de jouer un beau football. L'effort fait partie de notre quotidien. Depuis toujours, la philosophie du Deportivo Saprissa consiste à se fixer des objectifs et à les atteindre. Cette compétition nous offre une occasion de remporter un titre de champion du monde si on va jusqu'au bout. Notre optimisme et notre envie de nous dépasser peuvent nous mener très loin."

Pleins d'espoir, les supporters de Saprissa, qui se sont retrouvés en masse à l'aéroport pour souhaiter bonne chance à leurs joueurs, attendent avec impatience le défi que s'apprête à relever leur équipe. Ils ont d'ailleurs, pour cette grande occasion, traduit leur hymne et leur page Web en japonais. "On a les meilleurs supporters du Costa Rica. La moitié du pays est derrière nous. Pour eux, on se donnera à fond sur la pelouse", continue le capitaine.

En revanche, le cœur des supporters japonais pourrait bien vibrer pour les Australiens. De fait, le Sydney FC compte dans ses rangs une véritable idole locale en la personne de Kazu Miura. "En signant Kazu, ils ont réalisé une double opération. Ils profitent de ses immenses talents footballistiques et s'assurent une bonne partie du public japonais. J'espère que ça ne nous affectera pas. Mais on est habitués à la pression et on aime jouer dans l'adversité", assure le portier.

Si le mois de mai et leur victoire contre les Pumas de l'UNAM en finale de la Coupe des Champions de la CONCACAF sont déjà loin, les Costaricains gardent un souvenir ému du succès qui leur a permis de composter leur billet pour le Japon. "Ça faisait un moment qu'on voulait remporter cette compétition. Ce jour-là, on a réalisé un rêve. Atteindre notre objectif nous a procuré une immense fierté et une grande satisfaction", se souvient Porras.

Le football costaricain évolue
Jour après jour, le football costaricain évolue et consolide sa place dans le paysage footballistique international, au niveau des clubs comme de la sélection. L'entraîneur Hernán Medford a disputé avec les Ticos le Championnat du Monde U-17 de la FIFA, Chine 1985. Quant à Porras, aujourd'hui titulaire en équipe nationale, il a participé au Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Arabie Saoudite 1989. Depuis, le sport roi n'a fait que progresser dans le pays centraméricain.

"Depuis que le Costa Rica a disputé sa première Coupe du Monde, Italie 1990, son football a réalisé des progrès considérables et le pays a participé à d'autres rendez-vous internationaux. Chaque pas effectué a son importance, et je pense que la compétition que nous nous apprêtons à jouer nous aidera beaucoup au niveau international. C'est un pas de géant. En plus, on sera à Allemagne 2006 !"

Cependant, avant de chercher à atteindre de nouveaux objectifs avec l'équipe nationale, les Costaricains se concentrent sur le rendez-vous imminent de leur club. "Cette compétition est importante pour chacun d'entre nous, que ce soit sur le plan personnel ou collectif. On veut entrer dans l'histoire du football mondial. Ce sera une expérience extraordinaire et on va en profiter au maximum", conclut-il avec un sourire.