Ne cherchez pas son nom sur le terrain. Lors du Championnat du Monde des Clubs de la FIFA Coupe Toyota, Japon 2005, le maillot de Walter Centeno sera frappé, au-dessus du numéro huit, du nom de "Pate". C'est en effet sous le sobriquet que lui donnait son père lorsqu'il était enfant que le Costaricain est connu du monde footballistique.

Peu importe le nom, Centeno ne passera certainement pas inaperçu balle au pied. Le milieu créateur de Saprissa fait en effet preuve d'une formidable vision du jeu et d'une belle adresse technique. Autant d'atouts que viennent compléter douze années de carrière en première division et l'expérience et la maturité acquises au sein de quatre clubs : Belén, Goicoechea, l'AEK Athènes (Grèce) et Deportivo Saprissa.

Très peu de footballeurs ticos ont l'occasion de signer à l'étranger. C'est pourquoi Walter, qui s'est laissé tenter par l'aventure, ne regrette pas son choix. "Ce passage à Athènes m'a sans aucun doute permis de mûrir sur les plans personnel et footballistique. Ç'a été une excellente expérience et j'ai appris beaucoup de choses essentielles. J'ai surtout découvert la valeur de la famille et de plein d'autres choses auxquelles on n'accorde pas d'importance quand on est dans son pays".

De retour au Costa Rica dans les rangs de Deportivo Saprissa, Centeno se voit nommé meilleur joueur du championnat tico 2003/2004. Une saison plus tard, il enlève la prestigieuse Coupe des Champions de la CONCACAF sous le maillot d'el Monstruo Morado (le Monstre mauve). "Comme on peut l'imaginer, brandir la coupe est un moment inoubliable. On a joué deux matches de finale mémorables. Je crois que c'est le match aller qui nous a permis de nous qualifier, parce qu'on a fait un bon score (2:0). Au Mexique, ç'a été plus facile, on avait moins la pression. L'équipe s'est lâchée et on a négocié ça tranquillement", explique Pate à FIFA.com.

Aujourd'hui, les champions de la CONCACAF s'apprêtent à relever un nouveau défi : le Championnat du Monde des Clubs de la FIFA. "Le nouveau format de la compétition est très intéressant car il permet à tous les continents d'être représentés. C'est très positif", remarque l'icône du football costaricain.

Concentration et technique
Pour sa première sortie, Deportivo Saprissa croisera le fer avec Sydney FC. L'entraîneur tico, Hernán Medford, a déjà informé ses protégés de la supériorité physique des Océaniens, face auxquels les Centraméricains devront s'assurer la possession de balle et pratiquer un football plus technique que physique. Eclairé par le visionnage de vidéos, Centeno souligne un autre point à surveiller chez les Australiens : "Ils ont des joueurs grands et costauds, qui peuvent se montrer dangereux dans le jeu aérien. Il faudra être vigilant lors des coups francs, très importants pour eux. On n'est peut-être pas très grands, mais nos joueurs de tête défendent bien".

"L'équipe aborde avec un excellent mental ce premier match décisif. On a hâte d'y être. Je fais entièrement confiance à mes coéquipiers et on fera tous notre possible pour décrocher ce titre, assure avec optimisme le chef d'orchestre d'el Monstruo Morado.

Derrière nous, on a quand même trois années de travail avec le même groupe. Les idées sont les mêmes, les objectifs sont clairs. Tout ça nous rend forts". Selon Centeno, Saprissa n'est pas favori pour cette rencontre. "Non, dans ce type de compétitions, il faut se méfier des étiquettes. Tout reste à prouver sur le terrain".

Les joueurs, qui portent les espoirs d'innombrables supporters, seront fidèles à leur principe : entrer sur le terrain avec la victoire comme conviction. "C'est une grande responsabilité pour nous. Non seulement on défend notre club, mais aussi le football tico et notre confédération, la CONCACAF", explique le milieu, auteur de 15 réalisations en 90 rencontres sous le maillot national.

"C'est un énorme privilège d'être invités à cette fête et on va essayer de saisir l'occasion qui nous est offerte. On est déterminés à faire de grandes choses... Pour ça, il faudra garder un mental de fer et rester concentrés pendant 90 minutes à chaque match", conclut Centeno.