Le Championnat du Monde des Clubs de la FIFA, Coupe Toyota Japon 2005 tient en haleine les fans de football des cinq continents. Malgré un voyage qui les emmène aux antipodes du Brésil, malgré un décalage de 12 heures, malgré des conditions climatiques très différentes, les joueurs de São Paulo, vainqueurs de la Copa Libertadores, abordent l'épreuve avec un léger avantage sur leurs adversaires.

Pourquoi ? Parce que les deux pays sont unis par un lien très fort. Au Brésil, les immigrés japonais et leurs descendants atteignent aujourd'hui plusieurs millions, en particulier dans l'état de São Paulo, celui du représentant sud-américain. Inversement, ils sont près de 270 000 Brésiliens à avoir élu domicile dans le pays du Soleil Levant. Dans la plupart des cas, il s'agit de "dekasegi", nom donné aux descendants d'immigrants nippons qui retournent au pays de leurs ancêtres pour trouver un travail.

Comme si cela ne suffisait pas, il faut signaler que les Japonais vouent une profonde admiration au football auriverde, ce qui renforce encore les liens.

A l'heure actuelle, le sélectionneur de l'équipe nationale du Japon n'est autre que Zico, la légende de la Seleção, qui a énormément contribué au développement du football professionnel en Extrême-orient. Après avoir joué un rôle actif dans la création du club de Sumimoto, devenu ensuite Kashima Antlers, il en a porté les couleurs pendant 88 rencontres. Son départ en retraite a été marqué par une grande fête très émouvante, organisée par les fans locaux, qui le considèrent comme la plus grande vedette du sport japonais. En 2002, au terme de la Coupe du Monde de la FIFA 2002, Zico a accepté de prendre les rênes de l'équipe nationale nippone.

Le groupe japonais présent à France 98 comptait non moins de deux joueurs d'origine brésilienne, Rui Ramos et Wagner Lopes, qui matérialisent ce rapport entre les deux pays. Quatre ans plus tard, un autre Verdeamarelho avait fait le choix de porter le maillot nippon : Alessandro Santos, surnommé "Alex".

Le club de São Paulo n'est pas pour rien dans cette histoire d'amour, lui qui a remporté la Coupe Intercontinentale en 1992 et 1993 sous la houlette de Telê Santana, décrochant au passage d'innombrables fans, tombés en adoration du jogo bonito. "De nombreux adolescents de 12-13 ans de cette époque sont aujourd'hui pères de famille et restent de grands fans du foot brésilien. Il est là notre public", indique le gardien et capitaine paulista, Rogério Ceni.

Voilà pourquoi les joueurs de São Paulo dégagent une telle confiance. Ils savent que dès que le ballon roulera, les torcedores nippons seront tous derrière eux. De son côté, l'entraîneur Paulo Autori remercie par avance les Japonais de toute cette affection. "Les supporters jouent toujours un rôle très important, dans tous les grands matches. Nous sommes ravis de pouvoir compter sur un tel soutien si loin de chez nous".