C'est au stade national de Tokyo que São Paulo entame ce mercredi 14 décembre son Championnat du Monde des Clubs de la FIFA Coupe Toyota, Japon 2005 face aux Saoudiens d'Al-Ittihad. Les Brésiliens, déjà vainqueurs de deux Coupes Intercontinentales (1992 et 1993), sont arrivés au Japon avec le statut de favoris et la volonté de retrouver la gloire de la décennie passée.
L'entraîneur Paulo Autuori estime que "l'Histoire et la tradition" de son club lui confèrent naturellement cette position ; il reconnaît néanmoins avoir été surpris par le niveau affiché lors du match inaugural par leur prochain adversaire. "Je m'attendais à une victoire d'Al-Ahly, mais ils (Al-Ittihad) ont brillé par leurs individualités. Ils ont aussi montré qu'ils étaient tactiquement bien préparés et très bien organisés au milieu du terrain. Je pense qu'ils auraient même pu faire encore mieux, étant donné le talent de certains joueurs", a commenté Paulo Autuori.
L'équipe brésilienne a débarqué au Japon il y a huit jours. Elle a ainsi eu le temps de se remettre du décalage horaire et de s'habituer aux températures climatiques particulièrement fraîches. Après avoir terminé son championnat à une modeste onzième place, São Paulo cherchera à redorer son blason au pays du soleil levant, en brandissant son troisième trophée intercontinental.
Ce titre aurait une saveur particulière pour certains joueurs brésiliens. Cicinho, par exemple, y trouverait là un beau moyen de faire ses adieux à ses supporters avant d'intégrer les rangs du Real Madrid. "Je veux remercier le public pour le soutien qu'il m'a donné, tout comme le club, durant ces années. L'équipe est forte et motivée, mais nous ne devons pas oublier qu'il n'y a pas d'adversaire facile."
Junior déclare lui aussi respecter son futur adversaire, sans pour autant minimiser les qualités de son groupe. Ce tournoi aura pour lui un léger goût de revanche. "Ce retour au Japon constitue pour moi un signe du destin. J'étais venu ici en 1999 avec Palmeiras, et on avait alors perdu la finale de la Coupe Intercontinentale contre Manchester United. Au début, on était un peu en dedans et on n'a jamais réussi à se lâcher." Entre-temps, il avait quand même eu l'occasion d'effacer en partie ce mauvais souvenir en soulevant la Coupe du Monde de la FIFA 2002.
La formation brésilienne compte dans ses rangs quelques joueurs expérimentés, à l'image du capitaine et leader Rogerio Ceni. Ce gardien, qui est également le tireur de coups de pied attitré de l'équipe (il a inscrit 20 buts cette saison), faisait déjà partie du groupe sacré champion en 1993. A l'époque remplaçant, il en est devenu aujourd'hui le titulaire incontesté.
Aux côtés de ses vétérans, São Paulo dispose également de jeunes diamants au talent insolent, tels Cicinho ou encore l'une des dernières révélations de la pépinière paulista, Denilson, âgé de 17 ans.
Motivation extrême
Le club d'Al-Ittihad accède aux demi-finales avec une bonne dose d'optimisme, lui qui a réussi dimanche dernier l'exploit d'infliger à Al-Ahly sa première défaite depuis 55 matches. L'entraîneur Anghel Iordanescu s'était montré très enthousiaste à l'issue de la rencontre, et impatient d'en découdre avec São Paulo, malgré quelques problèmes d'effectif : "Il nous manque cinq joueurs et nous n'avons donc plus beaucoup d'options en cas de blessure ou de baisse de forme. Heureusement, cette victoire nous a donné beaucoup d'assurance, même si nous savons que les équipes brésiliennes sont toujours très difficiles à manœuvrer."
L'entraîneur roumain pourrait récupérer Osama Al Harbi et le Camerounais Joseph-Désiré Job, qui a purgé son match de suspension suite au carton rouge reçu lors de la finale de la Ligue des champions de l'AFC.
Le succès acquis lors du derby arabe de cette compétition a galvanisé les troupes saoudiennes, qui s'apprêtent à affronter le jogo bonito de São Paulo avec un regain de motivation certain. Ils pourront s'appuyer sur l'inspiration de leur gardien, Mebrouk Zaid, déjà auteur d'une partie remarquable contre Al-Ahly, mais aussi et surtout sur une défense solide, dirigée avec autorité par Hamad Al Montashari. Sa mission, qui visera à contrer Amoroso et les siens, ne sera pas de tout repos.
Au-devant de cette ligne défensive, Al-Ittihad tentera de remporter le combat de l'entrejeu et misera sur la vélocité et l'adresse de ses attaquants de pointe. La rapidité de Kallon en contre-attaque constituera certainement l'une des clés susceptibles d'ouvrir la porte du rêve caressé par le champion d'Asie : accéder à la finale du tournoi et refroidir l'enthousiasme brésilien dans la fraîcheur des soirées nippones.