C'est Sao Paulo qui aura l'honneur de briguer le titre mondial face au vainqueur du choc entre Liverpool et le Deportivo Saprissa. Cependant, les joueurs d'Al Ittihad peuvent s'attendre à être accueillis comme des héros à Djedda, eux qui ont poussé les champions d'Amérique du Sud dans leurs derniers retranchements mercredi soir, au stade national de Tokyo.
Les champions d'Asie fouleront à nouveau la même pelouse que les Brésiliens dimanche, à Yokohama, mais pour y disputer la troisième place de la compétition face aux perdants de l'autre demi-finale. En tout cas, par leur combativité et leur technique, ils ont non seulement refroidi l'enthousiasme débordant de 31 000 spectateurs largement acquis à la cause brésilienne, mais ils ont aussi réduit les grands favoris paulistas à défendre leur avantage dans les dernières minutes de la rencontre.
"Très surprenant, a reconnu l'entraîneur de Sao Paulo, Paulo Autuori, devant les journalistes. Un match très difficile, surtout en première période. Ils nous ont bien fermé les espaces et nous ont infligé un marquage très serré. En deuxième mi-temps, ç'a été différent. Nous avons eu davantage de ballons, ce qui nous a permis d'inscrire le deuxième but au bout d'un joli mouvement."
Amoroso a donné l'avantage aux Sud-américains sur une frappe déviée à la 16ème minute, mais Ittihad est revenu au score par l'intermédiaire de son capitaine Mohamed Noor, qui a inscrit son deuxième but de la compétition en se jetant devant le gardien Ceni à la demi-heure de jeu.
"Le problème, c'est que les joueurs ont mal assimilé la stratégie, expliquait Autuori. Après notre premier but, nous nous sommes repliés et relâchés au lieu de les presser. Notre triangle s'est inversé. C'est vite fait de craquer nerveusement dans de gros matches comme celui-ci. Dans ces moments-là, c'est important d'avoir des joueurs d'expérience comme Amoroso et Ceni."
Passé par le Verdy Kawasaki dans sa jeunesse, Amoroso le globe-trotter a inscrit son deuxième but suite à un beau mouvement parachevé par un centre alléchant de Cicinho. Ceni a triplé la mise sur un penalty consécutif à une faute sur Aloisio.
"Je suis heureux d'avoir marqué et d'arriver en finale, a déclaré Amoroso. Mon expérience remonte à longtemps, mais c'est sympa d'avoir signé une belle prestation ici. J'ai vraiment apprécié les supporters de Sao Paulo, qui ont répondu présent pour nous encourager."
A 3:1, tout le monde ou presque voyait les Saoudiens battus, mais les doubles champions d'Asie ignorent le sens du mot 'défaite'. Joueur asiatique de l'année, Hamad Al Montashari a égalisé de la tête sur corner à la 68ème minute. Les rois de l'AFC se sont ensuite créé plusieurs occasions d'égaliser à 3:3.
"Un match de grande qualité, du beau spectacle pour le public, avec beaucoup de buts. Quand il y a des buts, ça veut dire qu'il y a du spectacle, a déclaré l'entraîneur d'Ittihad, Anghel Iordanescu. Il y a eu de nombreuses occasions de part et d'autre."
Al Ittihad ne cache pas sa fierté
Le Romain regrettait que ses protégés aient accordé trop de respect à Sao Paulo. Pour lui, ils ont perdu la rencontre au début.
"Nous n'avons pas très bien commencé le match, peut-être parce que dans l'esprit des joueurs, nous jouions contre Sao Paulo, le club brésilien champion du monde, analysait Iordanescu. Mes joueurs ont peut-être manqué de confiance en eux. Mais nous sommes bien revenus dans le match, nous avons marqué et nous avons même manqué des occasions de passer devant. Au début de la seconde période, nous avons relâché notre concentration. Nous avons ensuite essayé de revenir et nous avons manqué plusieurs occasions. Il nous aurait juste fallu un peu plus de courage."
A la fin du match, ses joueurs ne cachaient pourtant pas leur fierté. "Ça n'a pas été un match à sens unique, lançait le capitane Noor. On a été déséquilibrés par leur deuxième but et ensuite, on a essayé d'égaliser. On pensait avoir obtenu un penalty, mais on ne l'a pas eu."
Tcheco, qui affrontait ses compatriotes brésiliens, estimait que ce match avait donné du baume au cœur des équipes asiatiques. "Il n'y a pas eu une grosse différence entre les deux équipes, a-t-il résumé. On leur a fermé les espaces, ça les a surpris. On est passés très près, le club peut être fier."
Ceni dans les annales
Déçu et épuisé, Iordanescu se réjouissait tout de même de l'ajout de cette compétition sur le calendrier international. "Le football asiatique s'est beaucoup amélioré. Aujourd'hui, il y a un bon niveau en Arabie saoudite, au Japon et en Corée. Le football fait beaucoup de progrès ; aujourd'hui, il est beaucoup plus compétitif. La FIFA a eu une bonne idée en rassemblant les champions de tous les continents et en donnant l'occasion aux clubs asiatiques et africains d'affronter leurs homologues sud-américains et européens."
Le gardien-buteur de Sao Paulo, Ceni, ne disait pas le contraire. "Ça montre qu'aujourd'hui, les équipes ont des niveaux très proches. Je suis content d'avoir marqué. Ça sera inscrit dans les annales qu'un gardien a marqué dans cette grande compétition. J'aimerais également apporter ma contribution au prochain match."
Quant à Autouri, il avait tout loisir de se projeter vers une finale contre Saprissa ou Liverpool. "Les clubs anglais sont réputés pour leurs qualités dans le domaine aérien, a-t-il répondu à un journaliste anticipant un éventuel problème dans ce secteur. Mais Liverpool est aussi capable de garder le ballon, comme il l'a prouvé en remportant la Ligue des Champions."
On peut toutefois compter sur les Costaricains pour tenter d'annuler une finale Amérique du Sud - Europe attendue de tous. Après tout, Al Ittihad a bien failli y parvenir aujourd'hui…