Malgré une carrière longue et bien remplie, Kazuyoshi Miura faisait lundi, face au Deportivo Saprissa, sa première apparition dans un grand tournoi international. Pour Kazu, la défaite contre les Costaricains est déjà oubliée. Il préfère se concentrer sur le rendez-vous de vendredi, où son équipe sera opposée à Al-Ahly. "Je vais tout donner. Je serai hyper-motivé. Je jouerai à fond, comme je l'ai fait contre le Deportivo. Seulement cette fois-ci, il faut gagner. Je veux offrir la victoire à tous les supporters qui ont fait le voyage, car ils ont toujours été derrière nous."
D'après les termes de son contrat avec le club australien, la rencontre du 16 décembre contre Al-Ahly sera sa dernière chance de briller sous le maillot du Sydney FC. Quel que soit le résultat au coup de sifflet final ce vendredi, Kazu se dit comblé par le mois qu'il vient de passer en Australie. Son deuxième séjour dans l'hémisphère aura été court, mais riche.
"Si je compare avec mon année en Italie, celle en Croatie ou mes huit saisons au Brésil, les dernières semaines ont été remarquablement intenses. Etre impliqué dans les premiers pas de la Hyundai A-League a été une expérience unique. J'étais libre de consacrer toute mon énergie au football, et rien qu'au football. De plus, jouer à l'étranger, rencontrer de nouveaux amis, tout cela a élargi mon horizon. Sur le plan spirituel, cela m'a beaucoup apporté."
Lors du tirage au sort, à la fin du mois de juillet, le fait que le Sydney FC tombe contre Saprissa n'a pas semblé intéresser grand monde au Japon. Mis à part Pierre "Litti" Littbarski, ancien international allemand et légende de la J-League, le supporter nippon moyen ne connaissait à peu près rien de l'équipe australienne.
Mais c'était avant que le roi Kazu soit prêté à Sydney, un mois seulement après son transfert étonnant du Vissel Kobe au Yokohama FC. Les médias sportifs ont été surpris de voir l'une des stars du pays rejoindre une formation de deuxième division japonaise. Kazu, de son côté, n'avait de cesse de répéter qu'il était fier de son nouveau club et que son enthousiasme était intact.
Sa maturité et son calme ont eu le don de faire cesser tous les commentaires négatifs, vite remplacés par un sentiment de profond respect. Le règne du "roi" Kazu était loin d'être terminé.
"Les supporters me donnent la force de continuer"
Personne ne s'attendait à ce que 28 000 spectateurs remplissent les tribunes du stade Toyota pour voir Kazu en action. "Les gens me disent souvent que ce que je fais leur donne du courage. Mais en réalité, c'est moi qui tire de la force de leur fidélité et de leur soutien. C'était le cas lundi aussi. Que vous puissiez, par le biais du football, avoir un effet positif sur d'autres personnes, je trouve ça fascinant. Ce sont les supporters qui permettent à un joueur comme moi de continuer. Les supporters, et la soif de succès."
C'est ce même appétit pour la victoire qui l'a animé en permanence à Sydney. "Les joueurs de la A-League ne sont pas millionnaires. Personne ici ne touche de salaire à six chiffres. Les vétérans comme les plus jeunes donnent tout ce qu'ils ont, mais pas pour l'argent ou pour le luxe, simplement parce que le football est leur vie. Ils ont un amour du travail qui se voit tous les jours à l'entraînement. Je me sens proche de cette éthique. C'est comme ça que je me suis comporté tout au long de ma carrière. Les joueurs ici ont un mental à toute épreuve. J'espère que tout le Japon, footballeurs et supporters, verront cet esprit à l'œuvre au prochain match."
Vendredi, les champions d'Océanie parviendront-ils à surmonter leur déception pour vaincre le club égyptien ? Kazu est confiant. "J'ai vu leur premier match. Ils m'ont impressionné sur le plan défensif. Cela dit, ça ne sert à rien de s'attarder sur les qualités de votre adversaire. Il est plus utile de connaître vos propres atouts et de s'en servir comme source de motivation. L'important est d'arriver prêts mentalement. Lundi, nous avons réalisé une première mi-temps parfaite. Si nous réussissons à répéter cela pendant 90 minutes, nous pouvons y croire."
La couronne de Champion du Monde des Clubs de la FIFA lui a peut-être échappé, mais ce play-off pour la cinquième place est plus qu'un match de consolation. Pour ses adieux au Sydney FC, attendez-vous à un Kazu royal.