Les cheveux longs bouclés, les muscles saillants et le teint hâlé, Rui Ramos aurait presque la silhouette d'un gourou. Guide spirituel, il l'est en fait de la sélection japonaise de beach soccer. Surprenants demi-finalistes de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA Rio de Janeiro 2005, les Nippons affronteront demain la France. Les pieds dans le sable de la plage de Copacabana, une paille dans une noix de coco, c'est un Rui Ramos souriant et très attachant qu'a rencontré FIFA.com.

Rui Ramos, avez-vous beaucoup dormi la nuit dernière et comment voyez-vous avec du recul votre formidable match contre l'Uruguay ?
Etonnement je n'ai eu aucun problème à trouver le sommeil. Mais je suis seulement en train de réaliser maintenant ce que nous venons de faire. J'attends mon deuxième jus de coco de la journée pour pouvoir commencer à penser à la France (rires). Nous avons déjà gravi trois immenses montagnes. Il nous en reste encore deux (la demi-finale, puis la finale ou le match pour la troisième place, ndlr). Et quoi qu'il en soit ce sera très difficile pour nous. Toutes les équipes présentes en demi-finales nous sont supérieures. Mais nous nous battrons jusqu'au bout.

Comment vivez-vous cette si importante semaine pour le beach soccer japonais ?
C'est ici que tout commence pour nous. Nous avons travaillons très dur pour amener ici une équipe compétitive. Il a fallu changer des joueurs car certains étaient blessés. Et pourtant, je ne dispose pas d'un énorme vivier. De plus, nous n'avons pas beaucoup d'endroits où nous entraîner. Je peux donc vous assurer que notre préparation n'a pas été facile.

Avez-vous le sentiment de vivre un moment historique ?
Bien sûr que nous sommes en train d'entrer dans l'histoire du beach soccer japonais, de la discipline en général, et même du sport nippon. Qu'elle soit féminine, masculine, de futsal… Jamais une sélection du Japon n'est allée aussi loin dans une Coupe du Monde. Si nous avions perdu nos deux matches du premier tour et étions rentrés au Japon, le beach soccer n'aurait eu aucune chance de progresser dans notre pays. Maintenant tous les regards vont être rivés sur nous. Et nous allons essayer de poursuivre l'aventure le plus loin possible.

Vous êtes né au Brésil avant d'être aujourd'hui naturalisé Japonais. Quelles différences voyez-vous entre les cultures de ces deux pays ?
Il m'est difficile de les comparer tellement le Brésil et le Japon sont différents. Que ce soit la langue bien sûr, mais aussi l'éducation… C'est difficile d'expliquer. La notion de respect est très importante au Japon. On sent une vraie reconnaissance pour les anciens et le travail qui a été fait. Et en ce qui concerne la langue, elle est incomparable à une autre. Même si vous n'avez jamais appris le français ou l'espagnol, vous pouvez parfois comprendre quelques mots. Mais en japonais c'est absolument impossible.

Aujourd'hui, vous sentez-vous plus Japonais que Brésilien ?
Je suis arrivé dans ce pays à l'âge de 20 ans et j'y ai construit ma vie. J'ai ensuite obtenu la nationalité japonaise, joué sept ans pour la sélection. J'ai sué, pleuré, saigné pour ce pays. Je me considère vraiment à 100% Japonais.

Pour en revenir à cette Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, et à cette demi-finale contre la France. Comment l'envisagez-vous ?
Pour être tout à fait honnête, j'espère avant tout que nous perdrons par le plus petit des écarts. Je veux que tout le monde puisse dire que le Japon s'est battu jusqu'au bout. Mes joueurs sont extrêmement fatigués, certains sont même blessés. Quand je vois le Brésil, le Portugal, la France s'entraîner ce matin, je me dis que j'aimerais beaucoup en faire de même. Mais c'est impossible, mes joueurs ne sont pas habitués à ce sable, et je dois les laisser se reposer un peu. J'aimerais bien qu'ils soient capables d'entrer sur le terrain demain (rires). Plus sérieusement, je promets un match difficile à la France. Tout peut arriver en football. Jusqu'au coup de sifflet final il peut se passer beaucoup de choses. D'autant que le public sera encore une fois avec nous. Mes joueurs sont fiers de porter ce maillot japonais et ils le montreront.