C'était une victoire inoubliable. Nous sommes en quart de finale de Rio de Janeiro 2007 et le Portugal revient à une longueur du Brésil et tente le tout pour le tout dans l'espoir d'arracher l'égalisation. Les Lusitaniens y croient dur comme fer, jusqu'à ce qu'un chevalier en maillot doré n'arrive à la rescousse de la Seleção. Le héros du jour marque à deux reprises et offre la victoire (10:7) au Brésil.
Ce sauveur n'est autre que Buru. Malheureusement, le tenant du Ballon d'or et du Soulier d'or adidas ne risque pas de renouveler ses exploits en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Marseille 2008. Suspendu, le Brésilien est condamné à suivre la revanche face au Portugal depuis le bord du terrain. "C'est une perte terrible. Buru est un joueur très complet, sans doute le meilleur au monde", constate un de ses coéquipiers.
Pourtant, l'auteur de ces paroles inquiétantes pourrait bien être l'homme de la situation. Doté d'une remarquable pointe de vitesse, d'un sens du drible inné et d'une frappe de balle impressionnante, Benjamin a véritablement conquis le public du Prado depuis le début du tournoi en multipliant les performances de très haut niveau.
Très en vue lors de la victoire 7:1 du Brésil sur le Mexique, il a une nouvelle fois régalé les fans en marquant un coup franc exceptionnel depuis l'autre bout du terrain. Les défenseurs mexicains se souviendront encore longtemps de ses petits ponts, de ses dribles en extension et de ses innombrables feintes de corps. A chaque match, Benjamin exécute avec une incroyable aisance des mouvements que la plupart des footballeurs traditionnels n'entrevoient qu'en rêve. Et avec quelle efficacité !
"Il est au sommet de son art", se réjouissait Alexandre Soares, le sélectionneur brésilien, après la qualification de son équipe face à la Russie. "Avant de venir en France, je n'arrêtais pas de répéter à tout le monde qu'il allait réussir une grande Coupe du Monde.
Encouragé par les récentes performances de Benjamin et de ses coéquipiers, Soares veut croire que le Brésil peut se passer de son numéro 11. "Buru est un grand joueur. Nous voudrions ne jamais avoir à nous passer de lui, surtout lorsque nous devons affronter une équipe comme le Portugal. Mais le Brésil n'est pas l'équipe d'un seul homme. Nous avons la chance de posséder beaucoup d'excellents joueurs, qui sont tous capables de faire la différence à tout moment."
Cependant, depuis le début du tournoi, aucun Brésilien n'a paru aussi affûté et décisif que Benjamin. "Je suis plutôt content de moi", confie-t-il à FIFA.com. "Je ne me demande pas si je traverse une période faste, je suis tout simplement heureux d'aider le Brésil. L'absence de Buru risque de peser lourd contre le Portugal, mais nous sommes convaincus de pouvoir l'emporter car notre équipe ne manque pas de stars."
Ce dernier point ne fait aucun doute. Mais, quoi qu'il advienne face au Portugal, Benjamin s'est d'ores et déjà imposé comme l'étoile la plus brillante au cœur de la constellation brésilienne.




