Japonaises et Américaines s'affrontent vendredi pour une place dans le dernier carré du Tournoi Olympique. La logique voudrait a priori que l'on assiste en demi-finale à un choc titanesque entre les Etats-Unis et l'Allemagne. Néanmoins, avec des Yankees qui peinent à mettre en place leur jeu et des Nippones qui ont tout de même battu la Suède, vice-championne du monde de la FIFA, ce quart est peut-être plus équilibré qu'il n'y paraît.
"Les Japonaises ont prouvé qu'elles formaient une équipe à prendre très au sérieux, commentait l'entraîneuse April Heinrichs après le nul 1:1 de ses protégées face à l'Australie. Techniquement, elles sont efficaces, et elles jouent très en confiance. On a eu beaucoup de mal à s'imposer contre elles par le passé, et cette année, on ne les a pas battues."
Après avoir triomphé du Brésil avec un poil de chance et laissé les Australiennes décrocher leur premier point en 17 tentatives, personne dans le camp américain ne veut entendre parler d'un remake de la demi-finale d'USA 2003 contre l'Allemagne.
"Je ne raisonne jamais comme ça, c'est trop dangereux", indique Heinrichs avant d'expliquer que l'élite féminine s'est fortement resserrée. "La marge entre victoire et défaite est très mince en football. Gagner plusieurs matches d'affilée, c'est parmi ce qu'il y a de plus dur."
Au-delà de ce constat général, la sélectionneuse est bien consciente que son équipe est en-dessous de son véritable niveau : "Certaines joueuses sont très bonnes un soir, d'autres le suivant. Ce serait mieux si tout le monde pouvait être au rendez-vous en même temps."
Dans ces conditions, on ne s'étonne guère de n'entendre personne évoquer le nom de l'Allemagne, l'équipe qui avait sorti les Etats-Unis en demi-finale de "leur" Coupe du Monde de la FIFA (3-0). Mais qu'on le veuille ou non, l'ombre des championnes du monde est là et bien là, surtout depuis leur énorme 8-0 contre la Chine.
Arakawan fait des merveilles
Pour ce quart contre le Japon, Heinrichs saluera le retour d'Abby Wambach après sa suspension d'un match. La grande attaquante (1m80) s'est montrée particulièrement prolifique ces derniers temps, par exemple contre le Brésil.
| Abby Wambach. |
| (AFP) |
"On est contentes de la voir revenir, reconnaît Heinrichs. A sa technique, elle a aujourd'hui ajouté la puissance. Elle a la hargne, sur le terrain, elle donne de la voix, elle encourage ses partenaires. Elle pourrait bien emmener la prochaine génération."
Après avoir inscrit le but du 1:1 contre le Japon à Louisville (Kentucky) en juin dernier, Wambach, avec son impressionnant jeu de tête, sera certainement une arme bien utile face aux petits gabarits nippons.
Le sélectionneur japonais Eiji Ueda, qui est le premier à reconnaître le manque de centimètres de son équipe, s'attache depuis le début à pallier cet inconvénient. Un travail qui semble payant puisqu'en deux matches, ses filles n'ont encaissé qu'un but.
"L'an dernier, à la Coupe du monde, on n'avait aucune chance de les battre, affirme Ueda. Depuis, on a fait énormément de progrès."
Des progrès qui seront nécessaires pour espérer terrasser les ogresses américaines.
"Il ne faudra pas avoir peur de les défier, ajoute Ueda. On a gagné en confiance. On fera ce qu'on a à faire."
Si Homare Sawa n'est pas encore au meilleur de sa forme, Eriko Arakawan, 24 ans, a fait des merveilles, elle qui a marqué le but contre la Suède et semble vouloir faire des misères à toutes les défenses. Tomomi Miyamoto, blessée lors de la défaite contre le Nigeria (1-0), a bien profité des quatre jours de repos et devrait normalement être bonne pour le service.
Surprise possible donc à Thessalonique, où nous attend un choc passionnant.