Elles ont déjà le titre de championnes du monde. A présent, les footballeuses allemandes voudraient y ajouter la médaille d'or des Jeux Olympiques d'Athènes. Mais avec le Nigeria, c'est un adversaire coriace - et croyant - qui les attend en quart de finale.

Lors de leurs deux matches de groupe, les championnes du monde en titre ont impressionné. Après avoir passé la Chine à la moulinette (8:0), elles ont battu le Mexique 2:0. Et on se demande à quelle sauce le Nigeria va être mangé.

La gardienne de but Silke Rottenberg est une des joueuses à n'avoir pas commis la moindre erreur lors des deux premiers matches. "C'est formidable de pouvoir obtenir une médaille pour son propre pays", explique-t-elle pour justifier sa motivation lors d'un entretien accordé à FIFA.com. L'internationale allemande (32 ans) est déjà une vieille de la vieille dans l'équipe championne du monde. Elle monte bonne garde devant la cage de la Mannschaft depuis onze ans déjà et a collectionné les titres. Aux Jeux Olympiques y compris, puisque Rottenberg y a conquis une médaille de bronze à Sydney il y a quatre ans. Mais la médaille d'or manque encore à son palmarès. A en croire la gardienne de but, ce sera pour cette année. "J'ai un bon pressentiment. J'ai énormément confiance en cette équipe, poursuit-elle, et j'ai dit que nous serions championnes olympiques."

Par rapport aux matches du premier tour, la tâche s'annonce plus difficile en quart de finale. "Les Nigérianes sont incroyablement rusées et elles ont toujours dans leur sac un tour auquel on ne s'attend pas. Nous devrons redoubler d'attention."

A ce jour, l'équipe allemande a rencontré le Nigeria à trois reprises et elle s'est imposée autant de fois. Dernièrement, les deux équipes ont croisé le fer avant les Jeux Olympiques dans un match amical disputé à Offenbach. Le score final avait été de 3:1. Mais Rottenberg conseille de ne pas sous-estimer les Nigérianes. "Il s'agit d'un quart de finale, on ne peut pas se permettre le moindre relâchement. Il faudra tout donner pendant tout le match. Le Nigeria n'est pas une équipe facile. Nous les avons certes battues 3:1 en Allemagne. Mais le match avait été serré. Cette équipe ne doit pas être prise par-dessus la jambe. "

Cette année, les Championnes du Monde ont disputé dix matches et ne se sont inclinées qu'à deux reprises. Une défaite 0:1 face à la Chine en début d'année et un 0:1 contre la Norvège, championne olympique en titre, cet été. Mais les féminines allemandes attendent leur quart de finale avec sérénité. "Nous possédons une bonne équipe très homogène avec un bon compromis entre jeunesse et expérience. Je pense que nous pouvons nous surpasser avec l'équipe", prophétise la gardienne de but.

La confiance est justifiée, puisque les Allemandes peuvent, avec Birgit Prinz, compter sur une des meilleures joueuses du monde. La Ballon d'Or 2003 a marqué à elle seule la moitié des buts allemands et elle trône en tête du classement des buteuses du tournoi. Avec un total de neuf unités, l'attaquante allemande est en outre la meilleure chasseuse de buts de tous les temps aux Jeux Olympiques.

Le Nigeria chante et prie
Et que font les Nigérianes pendant ce temps ? Après le match d'ouverture face au Japon, elles semblaient bien parties pour remporter une deuxième victoire contre la Suède (et ainsi la victoire dans leur poule), mais deux buts encaissés en deuxième mi-temps ont contraint les Africaines à revoir leurs ambitions à la baisse. Et à s'apprêter à affronter les championnes du monde. "Nous allons tout donner pour emporter notre prochain match", déclare l'entraîneur nigérian Ismaila Mabo. Après leur déroute lors de la Coupe du Monde l'année passée (elles n'avaient pas marqué le moindre point et s'étaient classées dernière de leur groupe), les Championnes d'Afrique ont à cœur de réussir un bon résultat cette fois-ci. "Nous ne sommes pas venues en touristes ici. Le pays attend beaucoup de nous. Nous voulons gagner et sommes parfaitement capables de créer une surprise", affirme l'entraîneur national. Lors du match contre la Suède, il a même remplacé sa meilleure joueuse Mercy Akide au bout de 70 minutes. "Il s'agissait d'une mesure purement préventive. Je voulais en effet l'épargner pour le quart de finale car elle était blessée."


Silke Rottenberg respecte beaucoup la rapide attaquante africaine. "Mercy Akide est déjà une excellente joueuse, affirme-t-elle. Les Nigérianes comptent dans leur équipe des joueuses extrêmement fortes et très rapides. Elle sont très douées individuellement." Face au Nigeria, il n'y aura dès lors qu'une solution : "Il faut essayer d'être les premières sur la balle et de ne pas leur laisser d'espaces."

Jeudi, l'entraînement des Africaines ne fut guère conventionnel. Il a débuté par une longue intervention de l'entraîneur destinée à préparer ses joueuses pour le prochain match. Mais c'est ce qui a suivi qui a étonné les observateurs. Un brouhaha de prières et de chansons sortait du vestiaire de l'équipe nationale nigériane. Les Africaines invoquaient l'appui de Dieu pour le match face aux championnes du monde.

Dans l'équipe allemande, la préparation de la rencontre est plus prosaïque. L'entraîneuse fédérale Tina Theune-Meyer travaille méticuleusement avec son équipe et prépare consciencieusement les tâches qui s'annoncent. "Notre force ? C'est d'être prêtes jusqu'au bout des ongles", conclut Silke Rottenberg. Vendredi, les championnes du monde sont bien décidées à jeter les bases d'un succès aux Jeux Olympiques. Et Rottenberg de se livrer à un rapide calcul : "La médaille est relativement près. En gagnant encore un match, nous pourrions déjà jouer le bronze."