Supérieures physiquement, techniquement et tactiquement, les Brésiliennes n'ont fait qu'une bouchée des Mexicaines en quart de finale du Tournoi olympique au stade Pankritio d'Heraklion. De la vision du jeu de la jeune Marta (18 ans) à l'efficacité de Cristiane en passant par la disponibilité de Formiga, tout a été parfait côté brésilien. Un véritable festival offensif. Les Suédoises, vainqueur de l'Australie et prochaines adversaires des filles de René Simoes, n'ont qu'à bien se tenir.
Favori de ce quart de finale, le Brésil entame le match en prenant le jeu à son compte. Et les Crétois ont eu bien tort de ne pas se déplacer pour voir les Auriverdes à l'œuvre. Talonnade de Marta, déviation de la poitrine dans la course de Pretinha, coup du chapeau de Cristiane, la panoplie est complète dans les cinq premières minutes.
Les Brésiliennes dominent leur sujet, mais manquent de précision dans le dernier geste. Un premier tir des 16 mètres de Daniela passe à côté (6'), tout comme un autre de Formiga (14'). Cristiane, magnifiquement servie par Rosana, réussit une volée à bout portant, mais Pamela Tajonar, la gardienne mexicaine, claque la balle en corner (16').
Volontairement ou non, les Brésiliennes lâchent alors du lest. Les Mexicaines tiennent le ballon, mais ont bien du mal à se montrer dangereuses. Et les filles de René Simoes vont finalement piéger les Tricolores en contre. Rosana, intenable à gauche, centre pour Cristiane qui, d'une tête piquée, ouvre le score (0:1, 24') et inscrit son quatrième but de l'épreuve. "Nous avons très mal entamé cette rencontre. Ensuite, nous avons rapidement baissé pavillon", concèdera Leonardo Cuellar en fin de match.
Les Brésiliennes vont alors décider d'enfoncer le clou. C'est d'abord Marta qui, au sortir d'un une-deux plein axe emmène son ballon d'une aile de pigeon et frappe. Mais Tajonar s'interpose (28'). Ce n'est que partie remise. Sur un ballon renvoyé par la défense mexicaine, Rosana s'infiltre encore à gauche et donne un petit ballon aux six mètres à Formiga, qui marque sans problème du plat du pied (0:2, 29').
Une Marta "zidanesque"
La domination brésilienne est sans partage. Pretinha s'échappe en contre, mais son tir est bloqué en deux temps par la portière Tricolore. Puis c'est au tour de Marta, après un nouveau gri-gri, d'alerter Tajonar, cette fois sur la trajectoire (34'). L'ouragan brésilien se calme enfin un peu mais pas assez pour laisser le moindre espace de liberté aux attaquantes de Cuellar.
Au lieu de les vivifier, la pause semble finir d'endormir les Mexicaines. Une longue ouverture est mal jugée par Tajonar et Cristiane, qui rode dans les parages, améliore son crédit but d'une unité (0:3, 49'). Les deux changements opérés par Cuellar à la mi-temps n'ont pas donné l'effet escompté…
Enfin tout de même, les représentantes de la CONCACAF vont s'offrir une occasion. En contre, Maribel Dominguez hérite d'une bonne balle aux 16 mètres, mais sa demi-volée finit sa course dans la niche d'Andreia (50'). Un petit accroc dans la marche en avant des Auriverdes, de plus en plus inspirées. Marta, côté droit de la surface, change le jeu pour Formiga qui réussit un grand pont dans la course et d'un tir croisé, envoie le ballon pour la quatrième fois dans les filets mexicains (0:4, 54'). L'addition commence à être sérieusement salée…
Mais les Brésiliennes ont visiblement envie de jouer. Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour leurs adversaires du soir. Marta, qui n'a pas encore marqué, accélère côté gauche, élimine une défenseuse d'un passement de jambe "zidanesque" et exécute la sentence finale d'une frappe digne de Roberto Carlos (0:5, 60'). De salée, l'addition devient franchement lourde.
Repues, les boulimiques brésiliennes relâchent la pression. Dominguez, seul vrai danger mexicain, en profite pour frapper au but, mais Andreia, qui veut aussi goûter au festin, détourne d'une maîtresse parade (73'). Elaine (76'), Marta (81') et Roseli (87') avaleront encore quelques miettes, mais le repas des lionnes s'achèvera sur ce 0:5 imposant. "Depuis que j'ai pris cette équipe il y a cinq mois, je ne répète qu'une seule chose aux filles : ce qui compte en football, ce sont les bases. Le reste, c'est du bonus. Ce soir, elles m'ont parfaitement écouté", résumera Simoes après la rencontre.
Quant à Cuellar, il s'efforçait de positiver le tournoi, terminé sur une note un peu triste. "Nous avons réussi une belle performance en atteignant le deuxième tour. Nous nous sommes inclinés contre beaucoup plus fort que nous. C'est la preuve qu'il nous faut encore travailler."