La victoire fut longue à se dessiner, mais l'équipe nationale brésilienne a pris sa revanche contre la Suède, battue 1:0 en demi-finale du Tournoi Olympique de Football Féminin. Inscrit en deuxième période, le but de Pretinha a qualifié les Sud-américaines pour la grande finale, dix mois après leur élimination par les Scandinaves en Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA. En finale, les Brésiliennes affronteront les Américaines, victorieuses des Allemandes un peu plus tôt dans la soirée.
Le stade Pampeloponnisiako a été le théâtre d'un véritable carnaval brésilien, auquel a assisté le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter. Les Canarinhas ont fait la différence une fois qu'elles ont trouvé la clé de l'entrejeu européen. "C'est comme au judo. Lorsqu'un combat est équilibré sur le plan physique, la victoire va à celui qui a le plus de qualités techniques. C'est ce qui a fait la différence entre le Brésil et la Suède ce soir", expliquera René Simoes au terme de la rencontre.
Equilibre, voilà le mot d'ordre d'une première mi-temps avare en émotions. Sous l'impulsion de Marta, le Brésil tente de tisser quelques actions dangereuses en procédant par passes courtes. De leur côté, les Scandinaves s'appuient sur la vaillance d'Anna Sjoestroem côté droit et sur la vitesse de Victoria Svensson.
La première joueuse à tenter sa chance est brésilienne. A la quatrième minute, Daniela voit sa frappe passer quelques centimètres au-dessus de la barre transversale (4'). Un peu plus tard, Sjoestroem se voit offrir une occasion d'ouvrir la marque, mais elle ne parvient pas non plus à cadrer (9'). L'action suédoise la plus dangereuse de la rencontre arrivera en fait dans le premier quart d'heure. Tentant de dégager un centre nordique de la tête, Mónica est à deux doigts de marquer contre son camp. Finalement, le ballon, suivi du regard par une Andreia terrorisée, finit en sortie de but (14').
Le Brésil répond par un fantastique numéro de Marta, qui donne à Cristiane sur la droite. La buteuse soigne sa préparation et ajuste une frappe croisée qui paralyse les Européennes, mais s'avère finalement inoffensive (33'). Les protégées de René Simoes sont décidément les plus précises dans leur exécution. Sur une combinaison éclair entre Marta et Cristiane, cette dernière, pourtant en position de frappe, sert Pretinha, un peu courte pour reprendre le cuir (42').
Pretinha qualifie les siennes
"En première période, nous avons mis beaucoup d'agressivité, en allant presser dans le camp adverse. Jusque-là, le match a été équilibré. Mais en seconde période, elles nous ont largement dominées", analysera plus tard l'entraîneuse suédoise Marika Domansky Lyfors.
Et en effet, c'est à leur retour sur le terrain que les Brésiliennes sortent le grand jeu. La terrible association Marta - Cristiane fait appel à toute sa vitesse pour semer la zizanie sur le flanc gauche. La conclusion revient à Pretinha, qui contraint Carolina Joensson à réaliser un arrêt spectaculaire (54'). La numéro neuf auriverde aura une autre occasion de faire trembler les filets sur un centre de Formiga, mais son coup de tête sera dévié (56').
Dans les minutes qui suivent, Joensson se montre de nouveau à son avantage sur une frappe de Marta, du droit cette fois (63'). A ce stade-là du match, on peut dire en toute neutralité que les Sud-américaines méritent la victoire. La récompense vient grâce à une belle inspiration de Formiga, qui laisse passer le ballon pour Pretinha, lancée plein axe. Véritable équilibriste, l'attaquante de poche dribble Joensson et termine le travail du gauche, tout en chutant (0:1, 64').
L'avantage du Brésil contraint Marika Domanski Lyfors à activer des options risquées, par exemple l'entrée en jeu de l'attaquante Malin Andersson en attaque. Mais il est déjà trop tard, même si les dernières minutes vont se passer dans le camp brésilien. "Le Brésil a été meilleur, c'est tout ce que je peux dire. Nous savions que ce serait un adversaire difficile. Nous le connaissions depuis la Coupe du Monde, mais nous n'avons pas pu faire ce que nous avions prévu", a indiqué l'entraîneuse suédoise à la fin de la rencontre. Quant à Simoes, il s'est penché sur les éventuelles conséquences d'une victoire en finale. "Si nous remportons la médaille d'or, le football féminin va connaître un essor incroyable au Brésil, où beaucoup de gens pensent que les filles ne peuvent pas jouer. Aujourd'hui, nous avons démontré que cette discipline est belle et que toutes les filles devraient taper dans le ballon."