Même si elle nie ses talents d'oratrice, l'entraîneuse américaine April Heinrichs, très émue, était d'une rare éloquence lors de la conférence de presse qui a suivi la victoire 2:1 de ses filles en finale du Tournoi Olympique de football féminin à Athènes. Pleurant à chaudes larmes, l'ancienne joueuse a rendu hommage au "famous five" de son équipe, au talent des Brésiliennes et à son avenir après ce premier titre à l'échelon international.

Ouvertement, sans qu'on lui pose de question :

C'est comme si les étoiles, la lune et le soleil s'étaient mis d'accord pour que l'on gagne la médaille d'or. C'est une récompense entièrement méritée pour des filles qui ont tout donné pour que l'aventure continue. Ces filles sont des athlètes capables de contrôler le ballon avec toutes les parties de leur corps sauf les mains. Leur technique est époustouflante.

A propos du Brésil :

Le Brésil possède quelques joueuses fascinantes. J'avais vu leur équipe au Championnat du Monde U-19 au Canada ; leur accession au top 4 ne dépendait que de la volonté de la fédération brésilienne à s'investir dans le football féminin. Je félicite le Brésil pour le superbe match qu'il nous a offert ce soir.


A propos d'Abby Wambach (qui a marqué le but de la victoire) :

Abby résume à elle seule notre équipe : elle est puissante et volontaire. Leur numéro 3 (Monica) était affectée à son marquage. Pour la première fois de la compétition, Abby a eu du mal dans le domaine aérien. La numéro 3 réussissait à contrôler Abby et le ballon à la fois, tout ça dans l'esprit, il faut le souligner. Mais elle a eu le mérite de ne jamais baisser les bras. On lui avait demandé de faire le leurre sur les corners afin de faire sortir la 3, de libérer quelqu'un d'autre et de varier les options. Son but est le fruit d'une combinaison parfaitement exécutée.

A propos des cinq joueuses légendaires (Hamm, Lilly, Chastain, Foudy, Fawcett) de 91 :

On n'a pas trop parlé des cinq avant le match. La victoire contre l'Allemagne nous a offert beaucoup d'émotion et nous a aidées à continuer. Il n'était pas justifié de trop s'appesantir sur le sujet. Aujourd'hui d'ailleurs, ce sont Lindsay (Tarpley) et Abby qui ont marqué les buts.


Et puis cela prendrait trois heures de parler de ces cinq-là, qui sont au plus au niveau depuis l'âge de 17 ou 18 ans. C'est bien qu'elles aient fini sur une bonne note, au plus haut niveau. Beaucoup de choses ont été dites sur elles, on ne savait pas si elles seraient encore capables de tenir leur rang et une fois de plus, elles ont répondu présentes.


A propos de la dose de chance qui a fait la différence :
Il faut avoir confiance en ses capacités. Ce soir, nous avons été bonnes en défense. Kate (Markgraf) a sorti son meilleur match et Christie (Rampone) a fait un super boulot sur Marta. Si nous avons été chanceuses ce soir, c'est que nous avons été malchanceuses par le passé.


A propos de sa première victoire à l'échelon international :
Je suis comblée. Ces joueuses n'ont cessé de progresser, je croyais en elles, en chacune d'entre elles. Elles ont été géniales.


A propos de son avenir à la tête de l'équipe nationale :
C'est comme demander à une femme enceinte si elle veut un autre enfant. Ce n'est pas encore le moment d'en parler.

Sur la valeur de cette médaille d'or :
Je ne suis pas une personne éloquente, mais (elle marque une pause) cela ressemble un peu à l'histoire de Cendrillon, une espèce de contes de fées. Certains de nos rêves ont été concrétisés car notre sélection n'est ni plus ni moins qu'une dynastie : nous avons été sur le podium de toutes les compétitions internationales et en finale de tous les tournois olympiques. Nous avons été championnes du monde deux fois et championnes olympiques deux fois : on pourrait écrire pas mal de romans à notre sujet ; il y serait question de caractère, d'objectifs à atteindre, de confiance, de courage face à l'adversité, d'unité, de travail, de pugnacité. Avec tout cela, on peut surmonter bien des épreuves. Si vous vous mettez une idée en tête, elle devient réalisable.