Après avoir remporté la médaille d'or olympique le mois dernier, l'équipe féminine des Etats-Unis s'apprête à débuter, à travers tout le pays, une grande tournée qui la conduira à visiter dix villes différentes afin de remercier les supporters américains de leur soutien.
Cette "Tournée de Remerciement" sera sans doute la dernière occasion pour les fans américain de voir en action les expérimentées Mia Hamm, Kristine Lilly, Julie Foudy, Brandi Chastain et Jot Fawcett. L'équipe de 91, restée célèbre après ses exploits lors de la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Chine 1991, devrait bientôt passer le relais à une nouvelle génération de joueuses comme Abby Wambach, Lindsey Tarpley et Heather O'Reilly.
Cette génération de pionnières du football féminin a connu la consécration qu'elle méritait en arrachant la médaille d'or olympique au terme d'une rencontre particulièrement serrée face au Brésil ( 2:1 a.p. ).
Tandis que l'équipe américaine se tenait sur la plus haute marche du podium, on pouvait voir, ici et là, quelques larmes couler. Quoi de plus normal après 15 années de domination, d'invention et de lutte ?
Quinze ans de lutte
L'actuelle sélectionneuse nationale, April Heinrichs, était la capitaine de l'équipe américaine lors de la première Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA en 1991. Emmenés par Michelle Akers, élue Joueuse du siècle, et par une jeune génération composée de joueuses de talent comme Hamm, Foudy, Fawcett et Chastain, les Etats-Unis s'étaient finalement imposés en finale face à la Norvège, remportant ainsi le premier titre mondial mis en jeu. Malgré une finale disputée devant plus de 63 000 spectateurs à Guangzhou, le retour au pays des championnes du monde s'était fait dans une relative indifférence. Personne ne s'était déplacé pour les accueillir à l'aéroport et, à l'époque, la perspective de faire du football son métier tenait davantage du rêve que du projet.
Pourtant, au cours des 15 années suivantes, Mia Hamm et l'équipe américaine allaient forcer l'admiration du public par leur talent et leur détermination. Ce faisant, elles allaient largement contribuer à la popularité du football féminin.
Lors des Jeux Olympiques de 1996, les Etats-Unis remportent la médaille d'or du premier Tournoi Olympique de Football Féminin devant 76 481 personnes. Mais le véritable triomphe de cette équipe allait venir trois ans plus tard, en 1999, lorsque plus de 91 000 supporters allaient assister, enthousiasmés, à leur victoire sur la Chine en finale de la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA au Rose Bowl.
Après 120 minutes, aucune des deux équipes n'avait réussi à prendre l'avantage et, finalement, il avait fallu avoir recours à la séance de tirs au but. C'est à Brandi Chastain qu'était revenu l'honneur de transformer le penalty décisif et, dans un des plus grands moment de joie et d'exaltation de l'histoire du sport, elle avait arraché son maillot avant de se précipiter vers ses partenaires.
Même le président des Etats-Unis de l'époque, Bill Clinton, avait fini par se prendre au jeu. "Tout le pays est devenu accro, avait-il déclaré avant la finale. Ce tournoi va avoir beaucoup plus d'importance que ce que les gens pensent, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier."
Les filles changent le monde du football
Dans un sport traditionnellement dominé par les hommes, cette équipe a réussi à changer la donne, défiant ainsi les préjugés. En quelque sorte, les Américaines auront été des pionnières de l'égalité. En remportant une ultime médaille d'or en Grèce, berceau des Jeux Olympiques, ces femmes ont inscrit à jamais leurs noms dans l'histoire du sport.
| L'Américaine Julie Foudy, capitaine de l'équipe nationale, tombe dans les bras d'April Heinrichs après la victoire en quart de finale du Tournoi olympique de football féminin, Athènes 2004, le 20 août 2004. |
| (AFP) |
Le but inscrit de la tête par Wambach en deuxième mi-temps est donc à la fois un tribut à la génération précédente et un signe des temps à venir. Sans doute cette nouvelle génération cherchera-t-elle à égaler les exploits de Mia Hamm et compagnie.
Hamm, qui détient le record de buts en sélection nationale américaine avec 153 réalisations en un peu plus de 18 ans, a parfaitement su définir l'héritage laissé par cette équipe. "A chaque fois que nous pénétrions sur le terrain, nous avions conscience qu'il y avait plus en jeu qu'un simple match de football. Qu'il s'agisse des choses que nous avions entendues ou vues quand nous étions gamines, qu'il s'agisse du nombre de spectateurs qui ne cessait d'augmenter à chacune de nos sorties ou encore de la possibilité pour nous de passer professionnelles, en tout cas, nous voulions continuer à ouvrir des portes pour tous les enfants, et spécialement pour les jeunes filles."
Même le très flegmatique sélectionneur de l'équipe masculine américaine, Bruce Arena, a pris le temps de féliciter l'équipe féminine lors d'une récente conférence de presse. "Elles ont contribué au développement du football dans notre pays et elles ont toujours représenté les Etats-Unis avec grâce et panache."
La "Tournée de Remerciement" sera l'occasion pour l'équipe américaine d'affronter cinq pays différents (le Danemark, l'Islande, la Nouvelle-Zélande, la République d'Irlande et le Mexique), et pour ses supporters d'admirer une dernière fois ces joueuses d'exception.
Le premier match, qui aura lieu au Frontier Field de Rochester, à New ,York se jouera à guichets fermés.
Les dates :
9.25.04, EU - Islande, Rochester, New York
9.29.04, EU - Islande, Pittsburgh, Pennsylvanie
10.3.04, EU - Nouvelle-Zélande, Portland, Oregon
10.10.04 EU - Nouvelle-Zélande, Cincinnati, Ohio
10.16.04, EU - Mexique, Kansas City, Missouri
10.20.04, EU - Irlande, Chicago, Illinois
10.23.04, EU - Irlande, Houston, Texas
11.3.04, EU - Danemark, East Rutherford, New Jersey
11.6.04, EU - Danemark, A déterminer
Une autre rencontre, le nom de l'adversaire et le lieu restent encore à déterminer.