Présent au Stade Panthessaliko de Volos, Joseph S. Blatter, le Président de la FIFA, avait prédit un beau match à un parterre de journalistes présents. Il n'avait pas tort.
Les Italiens réussissent un départ de rêve : Emiliano Moretti, le seul joueur du onze de départ à évoluer au sein d'un club étranger, isole Giuseppe Sculli sur l'aile droite. Ce dernier adresse un centre millimétré à Daniele de Rossi, dont le spectaculaire ciseau des onze mètres ne laisse pas l'ombre d'une chance au gardien de but japonais, Hitoshi Sogahata (0:1, 3').
Les Japonais tentent de revenir dans la partie mais la Squadra Azzurra ne relâche pas son étreinte. Le jeune attaquant vedette Alberto Gilardino, déjà auteur du but égalisateur face au Ghana (2:2), élude le défenseur Teruyuki Moniwa dans la surface pour envoyer le ballon du gauche dans le coin inférieur droit du but (0:2, 8'). On ne joue pas encore depuis dix minutes que toutes les bonnes résolutions défensives des Japonais, qui avaient déjà encaissé quatre buts lors de leur premier match face au Paraguay, se sont déjà envolées en fumée.
A la 18ème minute, les Nippons créent pour la première fois le danger devant le but, mais le brillant gardien italien Ivan Pelizzoli parvient à contrôler un tir dévié. Sur la contre-attaque, c'est à nouveau Gilardino qui est à deux doigts de marquer son deuxième but de la soirée sur une pichenette.
Le Japon ne baisse pas les bras
Dans ce deuxième match de poule, le Japon fait cependant à nouveau preuve de persévérance. D'un coup franc brossé des 22 mètres, imparable pour Pelizzoli, Yuki Abe ramène son équipe dans le match (1:2, 21'). Puis, une longue passe délivrée depuis le milieu de terrain par le capitaine Shinji Ono permet presque à Yoshito Okubo de se placer en position dangereuse (23'). L'équipe du sélectionneur Masakuni Yamamoto essaie de prendre en défaut la défense transalpine par son jeu de passes courtes, mais la formation de Claudio Gentile veille au grain.
Et l'Italie se montre dangereuse à chacune de ses attaques. Du pied gauche, Moretti enroule un superbe centre vers la surface de réparation japonaise, où Gilardino, posté à dix mètres, reprend le ballon de la tête pour marquer son troisième but du tournoi (1:3, 36'). Mais les attaquants japonais ne cèdent en rien à leurs homologues italiens et Okubo contraint Pelizzoli à une formidable parade sur une tête puissante et bien placée (41'). Deux minutes plus tard, c'est à nouveau le numéro 16 qui met le dernier rempart italien en difficulté sur un tir du gauche (43').
| Les Italiens fêtent l'un de leurs trois buts inscrits ce soir face au Japon (3:2). |
| (FIFA.com) |
| Mexsport |
En deuxième mi-temps, les insulaires s'efforcent encore de mettre leur adversaire sous pression, forçant les Italiens à se replier quelque peu. Mais les occasions de but se font rares et le match perd en intensité dès lors que les Italiens, satisfaits de leur avance 3:1, se contentent d'évoluer au petit trot. En toute fin de match, l'Italie remet le pied sur l'accélérateur mais la défense japonaise parvient à bloquer le centre de la droite de Daniele Boneras (84'). Dans le camp opposé, l'infatigable Okubo tente une nouvelle fois de contrôler le ballon dans la surface de réparation mais ne parvient pas à ses fins (85ème).
Le remplaçant Daisuke Nasu centre à nouveau dans la surface de réparation, mais la défense italienne s'avère être un bastion imprenable en cette deuxième mi-temps. Il s'en faudra pourtant de peu : sur un coup franc délivré par Abe, Daiki parvient à réduire la marque en se servant de tout son corps (2:3, 90+), donnant un brin de suspense aux trois minutes de temps supplémentaires. Mais l'Italie tient bon, privant le Japon, battu deux fois, de tout espoir de disputer les quarts de finale.
A l'issue de la partie, le sélectionneur japonais Masakuni Yamamoto se voulait toutefois positif : "Tous mes joueurs ont accumulé une expérience fort précieuse ici. Ils ont bien joué lors de nos deux matches. Cela va sans conteste nous aider pour la Coupe du Monde 2006."
L'Italie opposée au Paraguay dans une finale avant la lettre
Après ce joli succès, le sélectionneur Claudio Gentile tournait déjà le regard vers l'avenir : "Nous savions que le Japon, qui vient de remporter la Coupe d'Asie, serait dur à battre. Nous allons désormais disputer une finale contre le Paraguay."
Avec ses deux buts, Gilardino, qui a pris une part prépondérante dans le succès des Azzurri, déclarait pour sa part : "Ce fut un bon match. Je suis très satisfait aujourd'hui. Nous avons contrôlé le match après avoir mené 3:1. Notre regard se tourne désormais vers le Paraguay".
Le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, analysait en guise de conclusion : "En première mi-temps, le rythme de jeu était très élevé, mais les Japonais ont quelque peu pêché par excès de précipitation en attaque. En parfaits professionnels, les Italiens ont contrôlé le match en deuxième mi-temps. Les spectateurs ont vécu un beau match ce soir."