Deux buts tardifs inscrits en l'espace de quatre minutes ont permis au Ghana de défaire le Paraguay 2:1 ce dimanche à Thessalonique. William Tiero et Stephen Appiah ayant fait mieux que répliquer à Carlos Gamarra, cette rencontre voit les Africains doubler leurs adversaires du jour pour rejoindre l'Italie en tête du Groupe B avec quatre points. Si les Guaranis veulent se hisser en quarts, il leur faut maintenant battre la Squadra Azzurra, alors que le Ghana n'a besoin que d'un point pour s'inviter à coup sûr à la table des huit meilleurs.

Avec cinq attaquants dans le onze de départ, le Ghana ne fait pas mystère de ses intentions et prend d'ailleurs un départ canon. Mis en confiance par un but somptueux contre l'Italie (2:2), Appiah est rayonnant, à l'image de toute l'équipe. Légèrement en retrait de ses attaquants, le Juventino prend une part essentielle à la belle entrée en matière des siens.

Selon toute évidence, les Africains veulent refaire le "coup de l'Italie", c'est-à-dire prendre immédiatement leurs adversaires à la gorge, les asphyxier. Le jeu a ainsi commencé depuis six minutes à peine quand Appiah prend l'intérieur de son vis-à-vis et frappe de peu à côté. Pour leur part, les Paraguayens, trois points au compteur, ne comptent pas se départir de leur stratégie de contre-attaque, même si Aureliano Torres, auteur de huit frappes au premier match, ne manque pas de se chauffer les crampons.


Rapides, incisifs, jamais timides au moment de tirer au but, les Ghanéens continuent de pousser, notamment par William Tiero, qui expédie un premier ballon à côté, puis un second, des 25 mètres, au-dessus de la barre.


L'expérience paraguayenne
Lentement mais sûrement, l'expérience des Albirrojos commence toutefois à se faire sentir. La défense, commandée de main de maître par le capitaine Carlos Gamarra, forme un véritable mur sur lequel viennent immanquablement se briser les déferlantes des Black Stars. Et alors que les supporters africains se font moins bruyants, les Sud-américains, ayant laissé passer l'orage, commencent à mettre leur griffe sur la rencontre.

Si les hommes de Mariano Barreto semblent à court d'idées, le Paraguayen Edgar Barreto (aucun lien de parenté) ne manque pas de ressources, lui qui est à deux doigts d'ouvrir le score sur une frappe de loin une minute avant la mi-temps.


La deuxième période commence comme la première. Le capitaine africain Yussif Chibsah expédie un boulet de canon au ras du poteau, avant qu'un autre Barreto, Diego celui-là, ne sauve miraculeusement les siens devant John Mensah. Repositionné légèrement sur la gauche, Appiah enlève trop un coup franc, puis expédie le cuir dans les tribunes. Malgré tout, les Black Stars ont du mal à s'approcher, et c'est au contraire le Paraguay qui va se montrer dangereux pour la première fois depuis le changement de côté.


Dans un premier temps, le remplaçant Fredy Bareiro gâche de la tête une occasion en or. Mais sur le corner qui suit, Gamarra catapulte une tête imparable qui laisse George Owu à genoux (1:0, 76').

L'image est néanmoins trompeuse : le Ghana est loin d'avoir rendu les armes. C'est la rentrée de Kwadwo Poku qui sera la clé. Alors que le Paraguay, étonnamment, pousse pour aller chercher un second but, le "Danois" se lance dans un long raid de 70 mètres avant de glisser un excellent ballon à Tiero, lequel conclut du gauche (1:1, 81').

Trois minutes plus tard, le malicieux attaquant se débarrasse de son vis-à-vis sur le flanc gauche du terrain et centre pour un but signé Appiah (1:2, 84'). C'est la joie dans le camp africain. "On pensait avoir match gagné, reconnaissait, déçu, Carlos Jara, le sélectionneur du Paraguay. On avait ce match en main et ils ne nous inquiétaient pas vraiment, mais il a suffi de quelques minutes et de deux occasions pour que tout s'envole. Maintenant, il va falloir se relever vite et se concentrer sur le match contre l'Italie."


"Contre l'Italie, on avait manqué de chance. On s'est rattrapés aujourd'hui, sourit Barreto. Les remplacements, c'est très aléatoire, parfois ça marche, parfois non. Prendre ce premier but nous a fait du bien, ça nous a enlevé la pression et du coup, on a mieux joué."