Le Costa Rica n'est pas en bonne posture dans le Groupe D. Avec un seul point, les représentants de la CONCACAF n'ont plus le choix : ils doivent battre les Portugais lors du dernier match pour espérer se qualifier pour les quarts de finales. Pour autant, le groupe semble plutôt détendu à Iraklion à quelques heures de ce rendez-vous crucial.

Pour comprendre la situation des Ticos, quelques calculs s'imposent. Derniers du Groupe D avec un point, les hommes de Rodrigo Kenton sont à égalité avec le Maroc et devancés par le Portugal (3 points) et l'Irak déjà qualifiés (6 points). S'ils battaient le Portugal et que le Maroc s'inclinait face aux Irakiens, ils termineraient deuxièmes du groupe et seraient qualifiés pour les quart de finales. Mais si le Maroc s'imposait, la tâche se compliquerait : les deux équipes auraient alors le même nombre de points, et c'est à la différence de but que tout se jouerait.

Kenton, l'entraîneur des Ticos, en est bien conscient, mais ne préfère pas entrer dans des calculs d'apothicaire. "Personne ne peut dire qui sera qualifié tant que le dernier match ne sera pas terminé. La seule chose que je sais, c'est que le vainqueur ce jour-là sera celui qui jouera le mieux." Reste que l'adversaire en question se nomme Portugal, un gros morceau. "Cette équipe possède de très bons joueurs, qui évoluent un peu partout en Europe. Nous allons devoir nous méfier d'eux, mais il nous faudra jouer sans complexe, sans les craindre", considère Alvaro Saborio.

Et c'est vrai que jusqu'alors, les Costaricains ont pêché dans ce domaine. Tant face au Maroc que contre l'Irak, ils n'ont pas produit de jeu, laissant faire leurs adversaires. Ils n'ont fonctionné qu'en réaction, soit quand ils étaient menés, soit quand ils étaient vertement dominés. Dans ces cas là, ils ont pourtant montré d'intéressantes capacités de vitesse offensive, notamment grâce à Erik Scott ou Junior Diaz. Contre le Portugal, il faudra nécessairement jouer différemment, la victoire étant impérative.


Sursaut mental
Whayne Wilson, seul joueur réellement expérimenté de l'équipe (28 ans), est persuadé qu'il faut un sursaut mental. "Nous devons nous convaincre que nous avons suffisamment de qualités pour les agresser dès l'entame. Nous devons commencer ce match avec un mental de vainqueur. Parfois, nous attendons de prendre un but pour réagir. Ce n'est pas possible à ce niveau. Nous devons nous faire plus confiance."

A les voir rire dans le salon des joueurs dans l'hotel Kapsis d'Iraklion, voter pour élire les représentants des athlètes dans la Commission des  Jeux Olympiques, on pourrait penser que les Costaricains font preuve de nonchalance. Il n'en est rien, ils sont bien conscients de l'enjeu. "Face au Portugal, ce sera une question de vie ou de mort pour nous : c'est le dernier match et nous n'avons pas le choix", rappelle Michael Umana.


Et pour réussir une belle performance, il faudra avant tout marquer des buts, ce qu'ils ne sont pas parvenus à faire depuis le début de la compétition. "C'est notre principal problème, nous n'arrivons pas à marquer alors que nous avons des occasions. Il faut maintenant prier pour que le compteur se débride face au Portugal", espère Saborio.

Même son de cloche chez Michael Umana, qui possède cependant une explication à cette indigence offensive. "Nous avons beaucoup marqué en qualifications. Mais sans mésestimer personne, ici c'est un autre niveau. Ce n'est pas la même histoire de jouer contre Belize et Guyana ou le Maroc et l'Irak… Mais une chose est sure, nous devons concrétiser nos occasions. Il faut que nous en parlions et que nous nous améliorions dans ce domaine".

Mais quelles que soient les recettes à employer, les Costaricains ont, pour une bonne part, leur destin entre leur main. Et ils y croient, à leur destin. En prenant exemple sur une équipe plus qu'inattendue. "Le Portugal est une très bonne équipe. Mais tout dépendra de ce que nous leur laisserons faire. Regardez, tout le monde pensait que les Lusitaniens allaient battre facilement l'Irak. Mais au bout du compte, ce sont les Irakiens qui pouvaient fêter la victoire…", rappelle Kenton.  Verra-t-on des Ticos à la mode irakienne à Iraklion ? Réponse le 18 août au soir.