Il est l'un des joueurs les plus en vue de la sélection irakienne, l'un des hommes clés des victoires contre le Portugal (4:2) et le Costa Rica (2:0).
Face aux Lusitaniens en particulier, Mohammed Emad a su faire parler sa pointe de vitesse pour porter constamment le danger sur les buts adverses et trouver lui-même le chemin des filets. Pas de doute, cet Irak-là a du talent à revendre.
"L'équipe a très bien joué, on mérite cette qualification", résume Mohammed Emad dans un entretien avec FIFA.com. Après un petit passage par Athènes, le temps de se débarrasser du Costa Rica, les Irakiens sont de retour à leur hôtel de Patras, où ils préparent leur prochaine sortie, contre le Maroc. "On est très fiers de s'être qualifiés pour les quarts, affirme le jeune homme (22 ans), parce qu'on avait tiré un groupe difficile, avec le Portugal, qui est quand même l'une des meilleures équipes d'Europe, mais aussi le Costa Rica et le Maroc, deux gros morceaux."
En théorie, le match contre les hommes du Maghreb n'est qu'une formalité pour des Irakiens déjà assurés de leur présence en quarts. Pas question pourtant de se démobiliser : l'objectif, c'est la première place, qu'il suffira d'un point pour garantir. "On doit gagner pour finir premiers et éviter de prendre l'Argentine en quarts de finale", prévient même Emad.
Les Marocains quant à eux n'ont pas le choix : la victoire est impérative s'ils veulent conserver une chance de se hisser parmi les huit meilleurs. Actuellement troisièmes du Groupe D avec un point, ils savent que même un succès ne constituerait pas une assurance tous risques. Car si dans le même temps, à Héraklion, le Portugal venait à prendre le meilleur sur le Costa Rica, tous leurs efforts seraient réduits à néant.
Malgré leur volonté d'éviter l'ogre argentin, les hommes d'Adnan Hamd sont détendus, d'autant plus qu'ils savent pouvoir compter sur les encouragements de toute une colonie de supporters irakiens. "Ça fait du bien de pouvoir compter sur un tel soutien, à Patras comme à Athènes", poursuit Mohammed Emad. A l'heure actuelle, le peuple d'Irak n'a que rarement l'occasion de se réjouir, de sorte que les victoires de la sélection reçoivent l'écho d'immenses triomphes. "Nos compatriotes aiment le football", explique l'attaquant, qui espère à chaque succès leur apporter un peu plus de bonheur. "Quand on gagne, on le fait pour tous les Irakiens."
Une vitrine
Mais les victoires de la sélection ont une autre conséquence de taille. Le Tournoi Olympique joue en effet le rôle de vitrine, une vitrine dans laquelle tous les joueurs peuvent exposer leurs talents aux yeux du monde et donc de nombreux clubs. Dans ce contexte, il est évident que les succès et les qualités des Irakiens sont loin de passer inaperçus.
Or, beaucoup de joueurs rêvent d'avoir une expérience en Europe. "Les Egyptiens, les Iraniens, les Marocains ou les Tunisiens jouent déjà là-bas, mais nous autres, en Irak, on n'a jamais eu cette chance, regrette Emad. Je crois que ce Tournoi Olympique est une bonne opportunité pour nous de montrer ce qu'on sait faire."
Pour l'attaquant d'Al Itihad (Qatar), l'Europe serait bénéfique aussi bien aux joueurs qu'à la sélection. "Beaucoup d'entraîneurs de différents pays voient nos matches : et je pense qu'on a là une belle occasion de gagner notre place en Europe. Et jouer dans un bon club, c'est la possibilité de progresser encore plus."
Pour l'instant toutefois, c'est sur le Maroc qu'il s'agit de se concentrer, puis sur un quart de finale où l'adversaire pourrait bien être australien. "On s'est bien préparés. Maintenant, notre objectif, c'est d'être dans les quatre premiers". Mais Mohammed Emad a des ambitions autres que sportives : "Ce serait beau d'arriver à réunir le peuple d'Irak par le football. Ce qu'on veut, c'est donner le sourire à tous ces gens."