S'il avait pu choisir le rival contre lequel il jouerait sa qualification pour le prochain tour, le sélectionneur paraguayen Carlos Jara n'aurait certainement pas opté pour l'Italie. La Squadra Azzurra, habituée des grandes compétitions, sera le dernier écueil pour une formation albirroja qui devra l'emporter ou faire ses valises. C'est le stade Karaiskaki, à Athènes, qui accueillera un match promettant beaucoup d'émotions fortes.
Après leur victoire face au Japon et le but inscrit dans les dernières minutes face au Ghana, les Guaranis semblaient idéalement placés pour émerger sans encombre du Groupe B. Mais les deux buts africains marqués dans les cinq dernières minutes ont soudain obscurci l'horizon. "Tout était sous contrôle, nous avions la qualification à notre portée, et puis nous avons commis des erreurs que nous payons très cher", assure l'entraîneur à FIFA.com.
Mais l'homme préfère positiver, insuffler un peu de confiance à ses protégés avant un match si important. "Tout dépend de nous. La situation est très simple : nous savons qu'il nous suffit de battre l'Italie pour nous qualifier, explique-t-il. Ils ont une équipe très solide et ils vont nous poser des problèmes. Mais nous ne changerons pas notre tactique : nous irons chercher la victoire comme face à n'importe quel adversaire", ajoute-t-il. Ces paroles sont d'ailleurs à prendre au sérieux puisque Jara et ses poulains ont déjà battu à deux reprises le grand Brésil.
Comment le technicien voit-il le match ? Dans un entretien accordé à la presse de son pays, il a signalé que ce serait "la rencontre la plus séduisante de la fin de la première phase, opposant deux formations solides et expérimentées qui luttent pour le même objectif".
Le Paraguay participe à son premier Tournoi Olympique de Football masculin depuis 1992, l'année où il avait remporté l'épreuve qualificative sud-américaine. Aujourd'hui, alors que tout semblait lui être favorable, il va encore devoir souffrir. La situation n'est d'ailleurs pas spécialement du goût d'Oscar Harrison, le président de la fédération paraguayenne de football (APF), qui a déclaré que les siens ont "manqué de savoir-faire : un match où l'on prend l'avantage dans les dernières minutes, on doit le gagner". Il a ensuite formé le vœu que "nous obtenions cette victoire qui nous rapprochera de notre objectif. C'est la seule solution".
| L'Italien Alberto Gilardino à la lutte pour le ballon face au Ghana lorsy du match du Tournoi olympique, disputé le 12 août à Volos. |
| (AFP) |
| Karalis Theodoros |
De son côté, l'équipe conduite par Claudio Gentile jouit d'une position un peu plus confortable que les Sud-américains puisque le match nul fait ses affaires. Pourtant, les Transalpins s'attendent à une rencontre ardue, préférant sans doute raisonner selon les règles illogiques de la logique footballistique. Le sélectionneur est surtout impatient de voir se produire l'éclosion d'Andrea Pirlo. "Il a besoin de mûrir et nous attendons cette évolution. Nous allons affronter le Paraguay, un adversaire compliqué, qu'on ne pourra jauger que sur le terrain".
Pour son entrée en matière dans la compétition, l'Italie avait sauvé les meubles en transformant en match nul (2:2) une rencontre qu'elle aurait dû perdre face au Ghana. Ensuite, elle s'est défaite du Japon non sans souffrir (3:2). Le moment est peut-être arrivé de s'imposer plus nettement. Alberto Gilardino, meilleur buteur de l'équipe avec trois réalisations, espère un déclic et une victoire qui pourrait "nous rapprocher un peu plus de notre objectif, la médaille. Nous allons tenter de démontrer que nous avons une équipe solide et que nous pouvons monter sur le podium".
Cette obsession est normale pour une équipe qui n'a plus obtenu de médaille d'or depuis Berlin 1936. "Nous avons déjà démontré notre force de caractère en renversant des matches mal embarqués, et cette fois nous allons encore essayer de nous imposer", a conclu le buteur azzurro. Le Paraguay et sa défense intraitable l'attendent à Athènes.