LE FILM DE LA JOURNEE - Nouvelle journée et nouveaux rebondissements dans ce Tournoi Olympique masculin, qui en est décidément très fertile. Les amphithéâtres grecs ont assisté aujourd'hui aux éliminations du Ghana, du Maroc et du Portugal. Cette journée des Groupes B et D qui vient clore le premier acte du ballon rond olympique a ses victimes, mais elle a aussi ses héros, le Costa Rica et le Paraguay, qui ont décroché leur qualification en battant respectivement le Portugal 4:2 et l'Italie 1:0. Les coulisses n'ont pas été moins agitées que la scène, puisque c'est bien la victoire du Japon 1:0 sur le Ghana qui a offert la qualification aux Azzurri. Quant au beau succès 2:1 du Maroc sur l'Irak déjà qualifié, s'il n'a pas suffi à qualifier les Lions de l'Atlas pour les quarts, il aura au moins prouvé leur courage.
Quarts de finale
Mali - Italie
Irak - Australie
Argentine - Costa Rica
République de Corée - Paraguay
Le Costa Rica a entamé cette dernière journée des poules sans avoir un seul but à son actif. Contre les talentueux Portugais, les Centre-américains ont été bien inspirés d'en inscrire quatre car c'est bien à la différence de buts, et de toute justesse, qu'ils ont décroché leur billet pour les quarts de finale. La star de la soirée s'appelle Pablo Brenes. Alors que le Maroc, qui menait 2:1 à Patras avec sa qualification virtuellement en poche, faisait circuler le ballon en attendant le coup de sifflet final, le numéro 9 est sorti de sa boîte pour faire pencher la balance. Comme un fait exprès, son but inscrit à la 91ème minute a déclenché un concert de sonneries de téléphones portables sur le banc marocain, en canon avec le coup de sifflet final de l'arbitre.
L'Irak a ouvert la marque à l'heure de jeu par le biais de Sadir Salih après une première mi-temps insipide, où la formation asiatique a exhibé des moyens et des intentions inférieures à ceux qui lui ont permis de battre le Portugal et le Costa Rica. Le Maroc a réagi en inscrivant deux buts en huit minutes, par Bouabid Bouden et Salaheddine Aqqal, pour décrocher une victoire au goût très amer.
Leur déception n'avait d'égale que le déshonneur du Portugal, qui a terminé la rencontre à neuf suite aux exclusions de Joao Paulo, pour deux cartons jaunes, et du remplaçant Hugo Viana, qui a écopé d'un rouge direct. Pourtant, les vedettes de Romao semblaient bien avoir le match (et la qualification) en mains. En plus de leurs deux points d'avance sur le Maroc et le Costa Rica, ce sont eux qui ont ouvert le score, juste avant l'heure de jeu, sur une tête de Hugo Almeida. Jusque là, tout "baignait"…
Mais en deuxième mi-temps, le ciel allait leur tomber sur la tête. Oui, le ciel, car c'est de la tête que José Villalobos allait signer l'égalisation, juste avant que Jorge Ribeiro ne redonne l'avantage aux Ibères sur un maître coup franc. Mais les Européens n'étaient pas au bout de leurs surprises. C'est tout d'abord Fernando Meira qui a trouvé le moyen de marquer contre son camp et de rétablir la parité. Ensuite, à 20 minutes du terme, Alvaro Saborio a côtoyé les nuages et catapulté le cuir au fond des filets (3:2). Enfin, alors que le Maroc se contentait de "jouer à la baballe" face à l'Irak, Brenes en a profité pour marquer le but de la victoire et entrer dans l'histoire des Ticos.
Le Ghana laisse filer sa chance
Le Groupe B était avant ce soir aussi incertain que le D. L'Italie et le Ghana dominaient avec quatre points, suivis de près par le Paraguay, trois unités, devant un Japon distancé, avec zéro point. Mais un homme avait une certitude, le sélectionneur guarani Carlos Jara, qui savait qu'une victoire contre l'Italie était synonyme de qualification pour les quarts. Rappelons que la qualification avait échappé d'un rien aux Sud-américains lors du match précédent, lorsque les Ghanéens avaient inscrit deux buts sur le fil.
| Le Paraguayen Edgar Barreto se tourne vers le public du stade Karaiskaki d'Athènes après la victoire des siens face à l'Italie (1:0), synonyme de qualifications pour les quart de finales du Tournoi olympique de football. |
| (AFP) |
| DANIEL GARCIA |
Et son courage a payé. Parce que le pari osé d'aligner Fredy Bareiro et Pablo Giménez aux côtés de José Cardozo, un trident offensif très alléchant, a fonctionné à merveille. Du côté italien, l'incroyable raté de Daniele de Rossi dans les six mètres succédant au tir sur le poteau d'Alberto Gilardino ont suscité chez les 24 000 spectateurs massés le même pressentiment : ce n'était pas la soirée de l'Italie.
Remplaçant lors des deux rencontres précédentes, Bareiro a remercié son coach dès la 14ème minute en marquant de la tête sur un superbe centre d'Aureliano Torres. Les Azzurri se sont démenés pour revenir, mais Andrea Pirlo semblait trop essoufflé, trop marqué par un été chargé, pour organiser efficacement les offensives transalpines.
Le capitaine Carlos Gamarra, qui évolue dans la même ville (Milan) que Pirlo, a semblé tellement à l'aise aux commandes de sa défense qu'il s'est permis de raccompagner bras dessus bras dessous jusqu'à la touche un fan ayant pénétré sur le terrain avec un maillot irakien.
Certes, les hommes de Claudio Gentile ont beaucoup souffert pour atteindre les quarts, mais ils n'en sont pas moins les seuls Européens présents en deuxième phase. Quant au Ghana, qui comptait suivre les traces du Nigeria et du Cameroun, il a quitté la compétition suite à une défaite 1:0 bien décevante aux mains des Japonais. C'est donc le Mali qui représentera le continent noir en quarts.
Le but inscrit par Yoshito Okubo à la 37ème minute, le deuxième de la compétition pour ce prometteur attaquant, a sauvé l'honneur de la jeune formation de Masakuni Yamamoto. Kwadwo Poku, qui avait donné la victoire aux Black Stars contre le Paraguay, a bien failli rééditer son exploit aujourd'hui à trois minutes du terme, mais sa tentative a été repoussée. En somme, une nuit de folie qui en appelle d'autres. Rendez-vous samedi 21 pour vivre le deuxième acte de cette superbe compétition.