Après leurs deux premiers matches, contre l'Italie et le Paraguay, les Ghanéens semblaient avoir toutes les cartes en mains pour se qualifier. Mais alors qu'un nul leur suffisait pour accéder aux quarts, ils se sont laissés surprendre par des Japonais jusqu'alors bien pâles. A l'hôtel de la sélection, FIFA.com a rencontré Mariano Barreto, l'entraîneur, forcément déçu.
"C'est le football, lance spontanément le Portugais. On est tristes et déçus, c'est évident. On est tombés sur une équipe solide, et on n'a pas su marquer, ni même se créer suffisamment d'occasions. Une ou deux très nettes en deuxième mi-temps, ça n'est pas assez. C'est vrai aussi que les Japonais étaient très dangereux en contre. On ne peut pas non plus reprocher à mon équipe de ne pas avoir essayé, ni d'avoir voulu jouer le nul. A la fin, il y avait six attaquants sur le terrain. On a tout essayé, mais ça n'a pas suffi".
"C'est toujours difficile de jouer contre une équipe qui est déjà éliminée et qui du coup n'a aucune pression", poursuit Barreto, en quête d'explication. Et de souligner à quel point il est malgré tout fier de ses joueurs : "Je tiens à remercier mes joueurs, ils ont tout donné et réussi un très bon tournoi. Je pense que tous les Ghanéens doivent être fiers de leur équipe. On a montré qu'on était capables de rivaliser avec des nations fortes comme le Paraguay et l'Italie. Mais il faut bien voir que ces joueurs sont encore jeunes, d'où quelques erreurs évitables. Prenez notre gardien, George Owu : sur le but, il fait une faute lourde de conséquences. Mais des buts comme ça, on n'en prend pas tous les jours. Et surtout, il comprendra bientôt que ce qu'il faut retenir, c'est sa superbe réaction en seconde période et tous ses très bon matches auparavant, dans le Tournoi comme en qualifications".
A l'image un petit peu de son gardien, Stephen Appiah n'a pas affiché contre le Japon la forme qui avait jusqu'alors été la sienne. "Malgré son jeune âge, il est déjà le moteur de cette équipe. Sur les deux premiers matches, il a été impeccable, et même aujourd'hui, il n'a jamais baissé la tête, même si ç'a été plus dur pour lui", affirme Barreto pour défendre le Juventino.
Le nul rageant contre l'Italie
Si le Portugais regrette bien une chose, c'est la victoire laissée en route contre l'Italie. "Avec le recul, c'est rageant de se dire qu'on menait 2:0 et qu'on s'est faits reprendre. Ça aussi, je crois qu'il faut le mettre sur le compte de notre inexpérience. Et puis il faut dire que les décisions de l'arbitre ne nous ont pas été vraiment favorables. Mais je ne vais pas épiloguer là-dessus, je ne suis pas mauvais perdant. Si on n'a pas gagné ce match, on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes. Tout comme on passe parfois à côté de son sujet, l'arbitre aussi a le droit de commettre des erreurs. Cela fait partie du football." Et Barreto d'ajouter que d'autres équipes "qui partaient avec une grosse cote, comme le Portugal ou la Grèce, sont également éliminées".
L'homme n'oublie pas de féliciter et de remercier les organisateurs des Jeux Olympiques et la population grecque. "Je voudrais les remercier pour leur accueil aussi amical que chaleureux."
Malgré la déception passagère, son regard plein d'assurance se tourne déjà vers les tâches qui l'attendent. "Je pense que l'avenir du football ghanéen s'annonce sous les meilleurs auspices. Le Ghana possède d'extraordinaires joueurs, dont six ou sept qui évoluent dans les meilleurs championnats d'Europe. Demain est un autre jour, tout le monde pense déjà à l'avenir. On va prendre un peu de temps pour se remettre, avant d'entamer bientôt les éliminatoires pour la prochaine coupe du monde", annonce Barreto.
Et de souhaiter bonne chance pour la suite du tournoi à l'Italie et au Paraguay, ses adversaires du premier tour. "J'espère que ces deux équipes iront loin... Cela soulignerait également la qualité de notre prestation."