116 minutes. C'est le temps qu'il aura fallu attendre ce soir au stade Karaiskaki pour voir enfin un but. C'est à l'Italien Cesare Bovo qu'est revenu l'insigne honneur de déflorer la marque et d'envoyer par là même son équipe en demi-finale.

Le match commence par une grosse occasion en faveur des Azzurrini : dès la 3ème minute, Alberto Gilardino profite d'une erreur de la défense pour récupérer le cuir, mais sa frappe ne prend pas le cadre. Privés de Daniele de Rossi, suspendu après un deuxième carton jaune, les Italiens ont choisi d'aligner Cesare Bovo, qui prend donc le train olympique au stade des quarts.

Multipliant dribbles et passes courtes, les Maliens tentent de créer le déséquilibre, mais sans vraiment parvenir à porter le danger devant les buts d'Ivan Pelizzoli. La faute, il est vrai, à une pluie de fautes italiennes. En cette première partie de rencontre, les hommes de Claudio Gentile se montrent trop passifs, ne réussissant que rarement à s'approcher des buts africains.

Ivan Pelizzoli essuie sa première grosse alerte à la demi-heure de jeu, sur une frappe en angle fermé de Mamadou Diallo qu'il maîtrise bien.

Puis c'est le feu dans la surface italienne. Sanctionnant une faute sur Dramane Traoré, l'arbitre Carlos Torres indique le point de penalty. Momo Sissoko le tire, mais Pelizzoli plonge du bon côté. Le cuir revient dans les pieds de Diallo, lequel bute à nouveau sur le portier de l'AS Rome.

En mal d'inspiration, Gilardino et les attaquants italiens se font régulièrement prendre au piège du hors-jeu.

Puisqu'ils n'arrivent pas à passer balle au pied, les Maliens décident d'opter pour des frappes lointaines. C'est tout d'abord Jimmy Kebe qui s'y essaie, des 30 mètres, mais sa frappe passe de peu au-dessus du cadre. Puis, Diallo tente sa chance des 20 mètres ; Pelizzoli ne peut bloquer le ballon, mais Ndiaye arrive trop tard pour en profiter.

La délivrance selon Bovo
La partie va quelque peu s'animer après la pause. Les Maliens se montrent les premiers dangereux, avec une talonnade dans la surface de Ndiaye que Diallo ne parvient pas à exploiter. Réaction de Gilardino, qui hérite du ballon dans la surface et frappe en pivot. Heureusement pour les Africains, Cheick Bathily sort un arrêt de grande classe.

A l'image de la rencontre, les supporters commencent à s'enflammer. A la 66ème, Ndiaye teste Pelizzoli d'un bon tir à une dizaine de mètres, obligeant le gardien transalpin à s'y reprendre par deux fois pour sauver son camp.

Survient alors la plus belle attaque de la rencontre. Elle est en faveur des Italiens, avec une passe somptueuse d'Andrea Pirlo dans la course de Gilardino, qui, seul devant Bathily, échoue d'un rien.

Malgré tout, après un léger mieux, on retombe dans l'ennui, la faute à trop d'imprécisions et de maladresses.

A quelques instants de la fin du temps réglementaire, le Mali se crée à nouveau une situation intéressante. Ndiaye s'enfonce bien dans la défense, obligeant les Européens à commettre une faute juste à l'entrée de la surface. Mamadi Berthe s'applique, mais son coup franc passe à 50 cm des buts.

On en vient donc à la prolongation, qui voit Abouta se heurter à Pelizzoli au bout de 11 minutes. Dans la foulée, Gilardino rate sa quatrième grosse occasion de la partie : après avoir joliment éludé deux défenseurs sur le côté droit, Del Nero dépose un centre parfait sur la tête de l'attaquant, qui, à cinq mètres des buts à peine, ne réussit pas à cadrer.

Toutefois, l'occasion la plus énorme est encore à venir : Pirlo trouve Matteo Ferrari, absolument seul dans les 6 mètres, mais celui-ci expédie le cuir au-dessus. Ce n'est que quelques minutes plus tard que les Italiens vont enfin trouver la faille. Pirlo, encore lui, tire un coup franc sur la tête de Cesare Bovo, qui offre aux siens une place en demi-finale (0:1, 116').

"Il n'y a plus d'Africains dans la compétition, mais on est sortis la tête haute, déclarait le sélectionneur Checik Kowe à l'issue de la rencontre. Le tournant, ç'a été ce penalty raté. Aujourd'hui, il était dit que la victoire irait aux Italiens."

Pour sa part, Claudio Gentile se disait fier de ses troupes : "Quand on voit les conditions dans lesquelles on a joué ce match, au niveau de l'ambiance, de la chaleur et de la fatigue de mes joueurs, je peux vous dire que c'est une victoire qu'on est allés chercher avec nos tripes. On a laissé filer beaucoup d'occasions, mais la victoire est très belle."