Au terme d'une nouvelle démonstration de fermeté, de pragmatisme et de rigueur, l'équipe nationale d'Argentine s'est imposée 4:0 face au Costa Rica. Ce large succès lui ouvre les portes d'une alléchante demi-finale contre l'Italie de Claudio Gentile. Le grand bonhomme de la soirée se nomme Carlos Tévez, qui, avec trois buts à son actif, devient le meilleur réalisateur du tournoi. Les protégés de Marcelo Bielsa ont dominé les Ticos de la première à la dernière minute. A la mi-temps, le match était déjà bouclé.

La prestation de l'attaquant de Boca Juniors a quelque peu éclipsé le travail collectif des Sud-américains, qui ont fait un pas de plus vers la première médaille d'or de leur histoire. L'autre vedette de la soirée a été la chaleur, qui a parfois rendu l'atmosphère du stade Pampeloponnisiako de Patras irrespirable.

Comme l'on pouvait s'y attendre, c'est l'Argentine qui prend le jeu à son compte dès le début des hostilités. Le Costa Rica, frileux, se recroqueville dans son camp et n'attend qu'une chose : la contre-attaque. Cette tactique attentiste a le don de réduire les espaces dans l'entrejeu et d'étouffer la créativité des Albicelestes. Dans cette configuration somme toute attendue, la première occasion vient sur une longue ouverture à l'attention du Tico Jairo Arrieta, qui défie une défense bien amorphe mais voit sa frappe déviée in extremis (17').

Cette alerte donne un coup de fouet aux Argentins. En plus de dominer la possession de balle, ils ajoutent un grain de folie à leur jeu. C'est d'abord Luis González qui contraint Neighel Drummond à s'employer (20') sur une frappe déclenchée à l'extérieur de la surface. Malheureusement pour les Centraméricains, leur portier se montrera moins serein sur une tentative de Cristián González quelques instants plus tard. Le ballon relâché échoit à César Delgado, qui ouvre le score d'une frappe du droit bien placée (1:0, 24').
  

L'Argentin Cesar Delgado a inscrit le premier des quatre buts de son équipe contre Costa Rica, lors du quart de finale du Tournoi olympique, le 21 août 2004 à Patras.
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Malgré leur retard, les poulains de Rodrigo Kenton refusent de se découvrir, une tactique qui semble convenir aux Argentins, désormais maîtres du jeu. Bien mis en orbite par Clemente Rodríguez, Delgado est ainsi à deux doigts d'en remettre une couche. Sèche et croisée, la frappe de l'attaquant va heurter le poteau (37'). "Certains me demandent pourquoi j'ai pris autant de précautions en défense. Mais comment peut-on jouer contre l'Argentine sans adopter ce genre de tactique ? C'est l'une des meilleures équipe du monde ; elle possède des joueurs déstabilisants capables de tuer un match à n'importe quel moment", expliquera l'entraîneur costaricain en conférence de presse.

Le festival Tevez commence

La dernière situation dangereuse du premier acte marquera en fait la fin du suspense. La pression des Gauchos, tout de bleu vêtus pour ce quart de finale, se matérialise par une passe sur la gauche pour González. Le milieu de terrain adresse un centre téléguidé à Carlos Tévez, qui conclut du pied droit. L'attaquant de Boca inscrit là son quatrième but de la compétition, qu'il fête à côté d'une banderole "Tévez, por vos viajé a Grecia" : "Tévez, c'est pour toi qu'on est venus en Grèce" (2:0, 43').

Malgré l'entrée en jeu d'Eric Scott, chargé d'épauler Álvaro Saborio sur le front de l'attaque costaricaine, la configuration de la rencontre ne va pas évoluer en deuxième période. Les finalistes de la Copa América ont la mainmise sur les débats et confisquent le cuir à un adversaire qui a pratiquement abdiqué. Une superbe action collective isole González sur la gauche, mais celui-ci, sûrement impressionné par la spectaculaire envolée de Drummond, voit sa frappe effleurer le cadre (48'). Quatre minutes plus tard, Delgado échoue à nouveau du même endroit (52').

Les Sud-Américains dominent, mais les Ticos ne sont toujours pas morts. Ils se créent même une franche occasion de revenir au score quand Carlos Hernández s'échappe sur le flanc droit et ajuste un centre précis dans la course de Saborio. Seul face aux cages, le pensionnaire de Saprissa manque un coup de tête apparemment enfantin (60'). Et quand ils parviennent à trouver le cadre, les Costaricains se heurtent à un Germán Lux réduit au rôle de spectateur pendant toute la première mi-temps.

C'est ainsi que le portier argentin doit se fendre d'un plongeon énorme pour empêcher Scott de remettre les siens sur les rails (66'). "On n'a pas contrôlé le ballon pendant un petit moment en deuxième période, mais on a dominé la première mi-temps et surtout les dernières minutes du match. Si cette équipe rend les matches faciles ? Il n'est jamais simple de gagner, cela a toujours un prix. Parfois, ça peut être très physique", déclarera Marcelo Bielsa après le match.

En fait, on aurait pu se passer des 25 dernières minutes de ce quart de finale… Mais on aurait alors manqué le bouquet final offert par l'artificier Carlos Tévez. A la 82ème, Clemente Rodríguez se lance dans une chevauchée fantastique au terme de laquelle il sert son buteur, qui assoit un défenseur et conclut avec maestria (3:0, 82'). Dans la minute qui suit, le même Tévez clôture un solo par une terrible frappe excentrée du droit (4:0, 83'). Le match est terminé. Patras et son public sont à genoux devant le numéro dix albiceleste, meilleur buteur de la compétition avec six unités à son actif. Vous avez dit impressionnant ?