C'est la finale avant l'heure : l'Italie, championne d'Europe espoirs, rencontre mardi au stade Karaiskaki d'Athènes l'équipe d'Argentine, finaliste de la Copa América.
 
Pourtant, les parcours des deux formations dans ce Tournoi Olympique ont été très différents. Alors que la sélection albiceleste, pratiquant un football offensif et séduisant, a terminé première de son groupe avec neuf points et zéro but encaissé, l'Italie a énormément souffert. Après avoir arraché un nul 2:2 contre le Ghana, les Azzurrini se sont imposés de justesse contre le Japon (3:2), avant de s'incliner 1:0 contre le Paraguay. A l'arrivée, ce n'est qu'au bénéfice d'une meilleure attaque que les hommes de Claudio Gentile ont soufflé la deuxième place aux Africains.

Parvenue en quarts, la Squadra Azzurra est tombé sur un nouvel os, le Mali, face auquel les tifosi auront dû patienter 116 longues minutes avant de voir Cesare Bovo débloquer la situation.  

Pas de quoi pavoiser, car les Italiens n'ont pas vraiment brillé ce jour-là par la qualité et la créativité de leur jeu. Largement sevrés d'occasions, ils auraient peut-être pu faire la décision plus tôt par Alberto Gilardino, plusieurs fois bien placé, mais l'attaquant de Parme a gâché quatre belles opportunités.

"C'est vrai, on a raté quelques occasions, mais on est surtout très heureux d'être passés, confie le sélectionneur Claudio Gentile. Si on tient compte de tous les paramètres, notamment de la chaleur et de la fatigue de mes joueurs, on se rend compte que ça ne s'est pas si mal passé que ça."

Pelizzoli face à Tévez
Pour préparer le choc de mardi, les Italiens ont eu trois jours de récupération. "On n'a pas le temps de savourer cette victoire, il faut déjà passer au match suivant. Les joueurs y croient beaucoup", poursuit Gentile.

Pourtant, face à cette solide formation sud-américaine, il est évident qu'il va falloir élever le niveau de jeu. Lors de leurs dernières sorties, les Argentins se sont montrés particulièrement prolifiques. En l'espace de quatre matches, Tévez et Cie ont déjà frappé à 13 reprises, un ratio plutôt impressionnant. "L'Argentine est favorite de ce match, déclare Claudio Gentile. Tout le monde a pu voir qu'elle avait d'excellents joueurs."

Effectivement, les Argentins ont des arguments pour convaincre. Carlos Tévez, en particulier, est très difficile à arrêter. L'attaquant de Boca Juniors en est déjà à six buts (soit près de la moitié du total argentin), ce qui lui permet de trôner en tête du classement des meilleures réalisateurs. "On n'a pas peur d'eux, mais on les respecte, c'est évident, indique Gentile. Ils sont très forts, mais ils n'ont pas non plus un Maradona dans l'équipe."

Face à l'armada offensive des Argentins, les Italiens pourront compter sur leur gardien, Ivan Pelizzoli, auteur d'un match remarquable contre le Mali. Parmi ses nombreux sauvetages, on retiendra bien sûr ce penalty arrêté en deux temps, qui a permis aux siens de ne pas se retrouver menés au score. Gentile se veut néanmoins réaliste : "Il ne faut pas se leurrer, c'est une équipe A contre une sélection olympique. Ceci dit, la vérité du terrain n'est pas forcément celle que l'on attend."