Ciel bleu sur Bakou
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"Organiser une Coupe du Monde Féminine de la FIFA en Azerbaïdjan est un symbole pour la région et pour le monde que le football est ouvert à toutes les cultures et toutes les civilisations", avait déclaré le Président de la FIFA Joseph S. Blatter avant le coup d'envoi d’Azerbaïdjan 2012. "C’est un endroit où l'Orient rencontre l'Occident". Pouvait-il donc y avoir meilleur symbole qu’un match asiatico-européen, entre la RDP Corée et la France, en finale de la compétition ?

A l’arrivée, l’Azerbaïdjan servait de passerelle pour le trophée suprême. Alors qu’il avait élu domicile pendant quatre années en Asie, il siègera désormais dans l’Hexagone, pendant au moins deux ans. Les Bleuettes ont été sacrées championnes du monde U-17 après avoir battu la RDP Corée (1:1, 7:6 t.a.b.) en finale, le 13 octobre 2012 au Tofig Bahramov Stadium de Bakou.

C’est cette même enceinte qui accueillait la cérémonie et le match d’ouverture, trois semaines plus tôt. L’Azerbaïdjan avait décidé d’"offrir au monde la plus belle édition de la Coupe du Monde Féminine U-17 de tous les temps", selon les propres termes d’Alkhan Mammadov, Président du COL. La couleur était donc annoncée d’entrée. La vedette internationale Jennifer Lopez était la ‘guest star’ da la cérémonie d’ouverture, son titre "On the floor"  invitant les 336 joueuses à entrer en scène.

Le vent d’Asie
La première journée de la phase de groupes annonçait clairement un troisième sacre asiatique en autant d’éditions. Les succès du Japon contre le Brésil (0:5) et de la RP Chine face à l’Uruguay (0:4) s’ajoutaient au carton de la RDP Corée face à la Gambie 11:0, plus large score de l’histoire des tournois féminins de la FIFA. A l’arrivée, l’AFC était la seule confédération à avoir fait le plein de victoires pour son entrée en lice.

L’Extrême-Orient gardait même les honneurs lors de la deuxième journée, ses représentants restant les seuls invaincus. Mais les premiers accrocs arrivaient. La RP Chine était tenue en échec par l’Allemagne (1:1), tandis que la RDP Corée se heurtait, déjà, à la France (1:1).Dans le même temps, les premières équipes quittaient la compétition. Néophytes, l’Azerbaïdjan, la Gambie et l’Uruguay, payaient cher le prix de leur inexpérience.

Seule équipe à six points après deux matches, le Japon poursuivait,  lui, son récital lors de la journée suivante. Les Petites Nadeshiko déclenchaient une pluie de buts face au Mexique (9:0), et confortaient leur record : 54 réalisations en trois éditions. Un record en amenant à autre, Sainey Sissohore devenait, à 13 ans et neuf mois, la plus jeune buteuse de l’histoire d’un Tournoi FIFA. Celle-ci sauvait l’honneur gambien face à une France tout sourire, qualifiée pour la première fois de son histoire pour le deuxième tour de la compétition (10:2). Ces sourires tranchaient avec les larmes américaines. Les Stars and Stripes quittaient la compétition au stade de la phase de groupes. Du jamais vu pour la nation dans un tournoi féminin FIFA.

A la fin du premier tour, cinq confédérations différentes (CONCACAF, CONMEBOL, CAF, AFC et UEFA) étaient qualifiées pour les quarts de finale. Lors des précédentes éditions, elles n’étaient que trois à ce stade de la compétition. L’OFC demeurait la seule à ne jamais avoir pris place dans le grand huit. Force était de constater que la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA avait gagné en harmonie, en qualité de jeu… et en spectateurs (7 291 spectateurs de moyenne lors de la phase de groupes).

Coup de tonnerre ghanéen
En plus de proposer toujours plus de spectacle, les quarts de finale offraient une  surprise de taille. Le Ghana battait le Japon, seule nation à avoir gagné tous ses matches à Azerbaïdjan 2012 jusque là (1:0). Il ne restait alors plus qu’un représentant asiatique en demi-finale au lieu de trois à Trinité-et-Tobago 2010 : la RDP Corée. De leur côté, l’Afrique et les Black Maidens  s’invitaient pour la première fois de l’histoire de la compétition dans le dernier carré, au côté des finalistes du dernier championnat d’Europe, la France et l’Allemagne.

Après avoir pris coup sur coup le meilleur sur la Gambie (10:2), puis le Nigeria (0:0, 4:3 t.a.b.), la France s’offrait le scalp du Ghana en demi-finale, sur un doublé de son attaquante d’origine malienne Kadidiatou Diani. Dans l’autre rencontre,  la Corée du Nord barrait la route (2:1) d’une Mannschaft décidément malheureuse contre elle… Les Allemandes s’étaient déjà fait éliminer par cette équipe asiatique il y a deux ans, au stade des quarts de finale (1:0).

Dans le match pour la 3ème place, à 10 contre 11 pendant près d’une heure, les Black Maidens parvenaient à puiser au plus profond de leurs ressources, et à battre une Allemagne bien pâle. Elles devenaient les premières représentantes du Continent Mère à monter sur le podium de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA. De son côté, en battant la RDP Corée, la France de Griedge Mbock Bathy, ballon d’Or adidas, était la première équipe tricolore à être sacrée dans un tournoi féminin FIFA.

Le rideau pouvait tomber sur Azerbaïdjan 2012. Et Sharika et son "Waka waka" de conclure en beauté un fabuleux tournoi, peut-être le plus beau de l’histoire de la catégorie.

Pays participants
Allemagne, Azerbaïdjan, Brésil, Canada, Colombie, Etats-Unis d'Amérique, France, GambieGhana, Japon, Mexique, Nigeria, Nouvelle-Zélande, RDP Corée, RP Chine, Uruguay

Classement final
1. France
2. RDP Corée
3. Ghana
4. Allemagne

Villes et stades

Bakou (Dalga Arena, Tofig Bahramov Stadium, Bayil Stadium, 8 Km Stadium, Shafa Stadium) et Lankaran (Lankaran City Stadium)

Affluence
257 766 spectateurs (moyenne : 8 055)

Nombre total de buts marqués
119 (3,72 par match)

Classement des buteuses
1. Ri Un Sim (DPR) - 8 buts
2. Chinwendu Ihezuo (NGA) - 6 (4 passes décisives)
3.  Halimatu Ayinde (NGA) - 4 (2 passe décisive)

Prix
Ballon d'Or adidas : Griedge Mbock Bathy (FRA)
Soulier d'Or adidas : Ri Un Sim (DPR)
Gant d'Or adidas : Romane Bruneau (FRA)
Prix du Fair-Play de la FIFA : Japon