Un champion, plusieurs vainqueurs
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Pour la FIFA comme pour la Nouvelle-Zélande, cette première Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA était une plongée dans l'inconnu.

Ce tournoi n'était pas de ceux dont on peut annoncer le succès à l'avance. Pourtant, il a non seulement servi la réputation d'un pays hôte que l'on disait obsédé par le rugby, mais il a aussi renforcé le football féminin et enrichi le ballon rond dans son ensemble. Les doutes des sceptiques ont été étouffés par un concert de louanges pour une compétition qui, dans tous ses aspects, a dépassé toutes les attentes, même les plus optimistes.

"Cette compétition était un pari", reconnaît Tatjana Haenni, responsable du département du football féminin à la FIFA. "Lorsque la FIFA a présenté le projet pour la première fois, elle s'est heurtée à beaucoup de critiques. Certains estimaient qu'il était trop tôt. Ils n'étaient pas convaincus que des filles aussi jeunes seraient capables de jouer à un niveau digne d'une Coupe du Monde. Si les choses ne s'étaient pas bien passées, l'avenir de cette compétition aurait peut-être été bouché. Mais comme nous l'avons tous vu, le tournoi s'est soldé par un immense succès à tous points de vue. Le prochain pays organisateur devra relever un énorme défi car la barre a été placée très haut."

C'est à Trinité et Tobago que reviendra cette mission. Le pays caribéen est conscient qu'il sera difficile pour lui de rivaliser avec une compétition qui "n'aurait pas pu être mieux organisée", dixit le sélectionneur américain Kazbek Tambi. Quand on sait que ces propos ont été tenus après la défaite des Américaines en finale contre la RDP Corée dimanche, on mesure mieux l'impression laissée par Nouvelle-Zélande 2008 sur les participantes et les spectateurs. Come pour apporter une dernière preuve du succès de la compétition, ils étaient 16 162 à assister au triomphe des Nord-Coréennes pour la dernière rencontre du tournoi.

Chris Simpson, le président du Comité organisateur local, a révélé a posteriori que la FIFA avait lancé un défi aux Kiwis : faire mieux que les 52 000 spectateurs enregistrés lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Russie 2006. En interne, le COL s'était fixé comme objectif de dépasser la barrière des 100 000. Au final, ces deux chiffres ont été explosés, l'affluence finale s'établissant à 212 504 spectateurs !

Certes, tout cela en dit long sur les efforts consentis par le COL en termes de marketing et sur le bon accueil réservé par le public néo-zélandais. Mais ce succès populaire n'aurait sûrement pas existé sans le spectacle offert par les stars en herbe. Car les joueuses n'ont pas fait mentir le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, qui avait promis une épreuve "très spéciale". Elles ont répondu sur le terrain en distribuant matches haletants, buts spectaculaires et exploits techniques à profusion.

Les Asiatiques brillent, les Latines échouent
Comme dans toutes les compétitions, certaines confédérations se sont avérées plus performantes que d'autres. Le quatuor latin venu de l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale a sombré, aucune de ces équipes ne remportant le moindre match. En revanche, les représentantes asiatiques ont fait un tabac.

Le Japon est vite devenu le chouchou du public, qui a été séduit par son jeu léché et flamboyant, incarné par son exceptionnelle meneuse Mana Iwabuchi. Cette dernière fait partie de la confrérie des numéros 10, grandes vedettes de l'épreuve océanienne. Récompensée par le Ballon d'or adidas, elle a pour dauphines ses homologues allemande (Dzsenifer Marozsan), américaine (Kristie Mewis) et nord-coréenne (Jon Myong Hwa).

Si les Nippones ont démarré très fort mais manqué d'essence sur la fin, les Nord-Coréennes ont adopté la stratégie inverse, un peu comme leurs aînées à Russie 2006. Après des débuts anonymes, elles sont peu à peu montées en puissance. Au final, l'équipe de Ri Ui Ham a prolongé le bilan immaculé de son pays dans les compétitions féminines de jeunes organisées par la FIFA. Cette formation s'appuyait sur un robuste bagage technique et un dispositif solide.

La finale aura été le reflet du tournoi. Les Asiatiques ont débuté prudemment avant de dominer une formidable équipe américaine, qui est sortie grandie de cette compétition malgré la défaite. Si elles n'ont pas remporté le trophée, les représentantes de la bannière étoilée ont fait preuve d'une immense classe. Après avoir formé une haie d'honneur pour leurs tombeuses, elles ont déployé une banderole où figurait le message "Thank you New Zealand".

Ce geste ne résumait pas seulement l'état d'esprit de cette fantastique compétition, il exprimait le sentiment de tous les chanceux qui ont pu prendre part à l'événement.

Participants
Brésil, Canada, Colombie, Costa Rica, Danemark, Angleterre, France, Allemagne, Ghana, Japon, RDP Corée, République de Corée, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Paraguay, USA.

Classement
1. RDP Corée
2. USA
3. Allemagne
4. Angleterre

Prix du Fair Play : Allemagne

Nombre de buts : 113

Meilleurs buteurs :
6: Marozsan (GER)
5: DiMartino (USA)
4: Jon (PRK), Verloo (USA), Kira (JPN), Kishikawa (JPN)

Nombre total de spectateurs : 212 504