Le Japon perd et part avec le sourire
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"Ce que je vais retenir de Trinité-et-Tobago ? Ses magnifiques espaces verts, sa nature, et les sourires des gens. Dorénavant, c’est avec ce sourire que je vais prendre la vie !" Trinité-et-Tobago n’aura pas porté chance au Japon en finale de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2010 mais, à l’image de son sélectionneur Hiroshi Yoshida, l’équipe nippone repart des îles caribéennes avec le sourire aux lèvres. Et de multiples raisons de se réjouir.

Elle a en tout cas du mérite à garder cette bonne humeur : il est difficile de faire plus frustrant qu’une défaite aux tirs au but en finale d’une Coupe du Monde (3:3, 5 t.a.b à 4). Le tacticien japonais le sait, d’autant que son équipe menait 3:2 jusqu'à la 79ème minute : "A 3:2  nous avions le match en main. Nous avons eu l’occasion d’enfoncer le clou, mais nous n’avons pas réussi. Au contraire, nous sous sommes fait remonter par une équipe sud-coréenne courageuse. Et le titre de champion nous a finalement glissé entre les doigts."

Dans les pas de son sélectionneur, la capitaine et gardienne de but Nadeshiko rend hommage aux Guerrières Taeguk au micro de FIFA.com : "C’est une belle équipe, redoutable notamment sur les frappes lointaines," avoue ainsi Eri Hirao , victime de trois frappes de 25 mètres, avant d'évoquer le football asiatique pris dans son ensemble : "Globalement je trouve fascinant que les trois représentants du continent aient atteint les demi-finales de la compétition."

Le collectif avant tout
Mais il n’y a pas de hasard. Symbole de cette Asie séduisante et conquérante, le Japon a, tout au long de la compétition, joué un football de qualité, tourné vers l’offensive, caractérisé par des passes courtes et rapides. "C’était très enrichissant de confronter notre football à celui des équipes du monde entier. A l’évidence, notre physique ne faisait pas le poids par rapport à d’autres : nous avons dû compenser ce manque," souligne Hirao.

L’ailière gauche Kumi Yokoyama, un mètre 55,  impressionnante durant les quatre semaines de compétition, en est le parfait exemple. Celle-ci a ébloui de toute sa classe, par ses dribbles chaloupés et ses magnifiques buts, Trinité-et-Tobago 2010. Point d’orgue de son récital, ce but "maradonesque" inscrit en demi-finale, contre la RDP Corée : Elle efface pas moins de cinq joueuses avant de battre la gardienne de but nord-coréenne : "Ce but là, je le garderai particulièrement en mémoire !", sourit-elle après sa finale perdue.

Ballon d’argent adidas, Soulier de bronze adidas, la numéro 17 a multiplié les distinctions personnelles : "Ces deux trophées resteront mes plus beaux souvenirs. Je voudrais les partager avec l’ensemble de mes partenaires, auxquelles je dois tout", annonce  Yokoyama. Sa générosité, certes louable, n’est pas étonnante tant le collectif nippon prend le pas sur le reste. D’ailleurs la capitaine, Eri Hirao conclut : "Nous sommes avant tout un groupe. Pour les années à venir, nous allons veiller à garder cette ambiance extraordinaire, cette franche amitié qui nous unit. Et continuer surtout à gagner des matches."