On dit souvent qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. En football, bien sûr, il faut aussi de bons joueurs, guidés par un entraîneur capable d'en faire un collectif solide et uni. Si la fusion de tous les composants s'opère au bon moment, alors tout devient possible...

C'est dans cet état d'esprit que la sélection colombienne s'apprête à disputer la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Corée 2007. Sous la houlette d'Eduardo Lara, l'entraîneur auquel la Colombie doit sa quatrième place à Finlande 2003, les Cafeteros semblent bien décidés à trouver le point de fusion idéal qui les propulsera sur le podium.

"Nous voulons faire mieux qu'en 2003 et remporter une médaille. C'est l'objectif que les joueurs se sont fixé et ils travaillent dur pour y arriver, serine Lara à qui veut l'entendre. Cette absence de complexes explique peut-être la deuxième place décrochée par la Colombie, derrière le Brésil, dans le tournoi qualificatif sud-américain qui s'est déroulé en Equateur en mars. "Les garçons ont fait preuve de maturité à cette occasion et ils devront aborder l'épreuve reine dans le même esprit s'ils veulent aller loin", analyse le stratège.

"En fait, ajoute Lara, je leur avais dit que le Championnat Sud-américain était plus difficile que la Coupe du Monde parce qu'il nous fallait gagner six matches pour arriver en phase finale, et neuf pour être champions, en jouant tous les deux jours. En Corée, le rythme sera d'une rencontre tous les trois jours, ce qui laisse plus de temps pour récupérer".

Qui veut la fin, veut les moyens
Pour se donner les moyens de réaliser son rêve, la Colombie a disputé toute une série de matches amicaux, dont la plupart à l'extérieur, contre des sélections qui seront aussi présentes en République de Corée. Après des débuts difficiles, marqués par une défaite à domicile contre le Honduras (0:2), elle s'est rattrapée au Pérou où elle est restée invaincue lors de ses deux matches contre l'équipe nationale (0:0 à Lima, 4:2 à Trujillo). Elle s'est ensuite séparée du Costa Rica sur un nul à San José (0:0), pour finalement s'incliner devant l'Espagne à Madrid (0:1).

"Nous avons énormément appris. Par exemple, nous avons gagné à Trujillo devant un public de 30 000 supporters péruviens. Face à l'Espagne, championne d'Europe, nous avons conservé une bonne discipline tactique durant tout le match, même à dix, mais nous n'avons pas réussi à exploiter nos occasions, et nous avons pris un but à cause d'une erreur défensive. Tout est utile pour progresser", affirme Lara.

De même, l'entraîneur a retiré des enseignements positifs des Jeux Panaméricains de Rio de Janeiro, où la Colombie a échoué en poules. "Le plus important, c'est de ne pas avoir perdu contre l'Argentine et Haïti, dont les équipes U-17 étaient aussi en lice".

Versée dans le Groupe F, la sélection cafetera entrera en scène le 20 août face à l'Allemagne, à Cheonan, où elle affrontera également Trinité-et-Tobago trois jours plus tard. Son dernier match de groupe aura lieu le 26 à Ulsan, contre le Ghana. Lara a étudié ses rivaux. "Les Allemands jouent à l'européenne, ils bénéficient d'une excellente préparation physique et pratiquent diverses stratégies offensives. Et il faudra en plus gérer le stress de la première sortie. Les Trinitéens, eux, sont plus athlétiques, et ils ont beaucoup progressé. Ce ne sera pas simple. Quant aux Africains, ce sont toujours des adversaires coriaces dans cette catégorie".

La Colombie se hissera-t-elle sur le podium en Corée ? Lara est confiant, mais sans excès. "Nous avons travaillé d'arrache-pied pour y arriver, nos joueurs sont excellents, mais nous devons rester sereins".