Vers la mi-juin, le talentueux milieu de terrain de la sélection U-17 espagnole, Fran Mérida, avait évoqué pour FIFA.com les possibilités de la Furia Roja dans la Coupe du Monde U-17 de la FIFA à venir. "L'Espagne se rendra en Corée avec l'intention de gagner, mais toujours dans le respect de ses adversaires, car personne ne sera là par hasard", avait alors expliqué le jeune homme.

Aujourd'hui, la Coupe du Monde U-17 de la FIFA bat son plein, et on peut d'ores et déjà dire que l'Espagne tient son rang. Dans un Groupe C comprenant également le Honduras, la Syrie et l'Argentine - trois formations aux styles très différents -, la sélection ibérique a pris sept points sur neuf possibles, terminant ainsi en tête de sa poule.

Deux mois et demi après ce premier entretien, Fran Mérida a gentiment accepté de répondre à nouveau aux questions de FIFA.com. Rendez-vous est pris à 13 heures précises dans l'un des deux restaurants de l'hôtel d'Ulsan où résident les U-17 espagnols en attendant de disputer leur huitième de finale contre la RDP Corée. Fidèle à son habitude, celui qui évolue désormais avec les jeunes d'Arsenal arrive avec quelques minutes d'avance...

Quel bilan tirez-vous des performances de l'Espagne jusqu'ici ?
Le bilan jusqu'à maintenant est positif. Il était important de terminer en tête du groupe et le fait de ne pas avoir perdu a donné confiance à l'équipe. Nous sommes satisfaits, même si à mon avis, il est toujours possible de mieux faire.

A quel niveau par exemple ?
Aussi bien en défense qu'en attaque, on peut faire des ajustements. C'est important. A partir de maintenant, si tu te loupes, la compétition est terminée. En phase de groupes, tu peux te permettre de faire un match nul, car après, tu as encore deux matches pour te rattraper. Mais dans les rencontres à élimination directe, si tu as un passage à vide ne serait-ce que d'une demi-heure, tu prends deux buts et le tournoi est fini pour toi. Nous devrons rester mobilisés de la première à la dernière minute.

Comment évaluez-vous la RDP Corée ?
Tout le monde est venu ici pour gagner. Cela vaut pour nous comme pour eux. La RDP Corée peut paraître moins forte que d'autres équipes, mais comme je vous l'avais dit il y a quelques temps, elle n'est pas arrivée à ce stade par hasard. Nous devrons jouer sans avoir peur, mais en sachant que ce sera un match difficile.

Avez-vous eu l'occasion de voir des matches de la RDP Corée dans ce tournoi ?
Oui, j'ai vu son match contre l'Angleterre. J'ai l'impression que c'est une équipe travailleuse, qui se bat du début à la fin. Les Coréens sont des joueurs rapides et qui n'ont pas beaucoup de baisses de régime. Ils vont probablement commencer par rester derrière et nous mettre la pression un peu plus tard. De notre côté, nous devons continuer à croire en nous-mêmes. C'est ce qui nous a permis d'arriver jusqu'ici.

Vous êtes le seul joueur de l'équipe à évoluer hors d'Espagne. Vous sentez-vous obligé à cause de cela d'apporter un peu plus que les autres ?
Absolument pas. Tout le monde ici doit apporter le maximum. De toutes façons, que tu joues à Arsenal, Barcelone ou au Real Madrid, tu donnes toujours le maximum. Ici, nous représentons l'Espagne, pas nos clubs respectifs. Mais c'est pareil, nous devons faire le maximum.

Avec autant de bons joueurs, la pression doit être bien répartie...
Tout à fait. Par exemple, Bojan nous apporte les buts et la confiance ; Camacho nous donne de l'équilibre, De Gea de la sécurité, et je pourrais continuer ainsi avec tous mes coéquipiers. Mais la clé de notre succès lors du dernier Championnat d'Europe, c'est que nous avons toujours joué les uns pour les autres, et non pour tel ou tel supposé joueur vedette. La bonne entente entre nous tous a été quelque chose de décisif.

Que signifie pour vous de participer à une Coupe du Monde ?
Représenter son pays est quelque chose d'énorme, que mes partenaires et moi assumons entièrement. Il faut tout donner mais en même temps, il faut ne pas oublier de prendre du plaisir. Nous avons 17 ans et nous devons vivre cette expérience à fond, car on ne sait jamais, ça peut très bien être notre dernière Coupe du Monde.

Et pour finir, pensez-vous que l'Espagne ait les moyens de remporter ce tournoi ?
Nous sommes venus ici pour gagner. Le plus important est de penser à ton prochain adversaire et de prendre les matches un par un, sans réfléchir au-delà. C'est sûr, on serait contents de devenir champions du monde. Ce serait incroyable, et nous savons que cela peut arriver. Mais d'abord, il y a la Corée. Pour l'instant, c'est notre match le plus important.