Au Pérou, le patronyme "Bazalar" est depuis longtemps familier aux passionnés du ballon rond. Cet été, la tendance ne fait que se confirmer, avec la diffusion dans le monde entier des images du numéro 8 de la sélection inca à Corée 2007.
Le jeune milieu de terrain n'est plus à présenter. Non seulement il a endossé le costume de porte-parole de la sélection pour adresser le message d'encouragement à ses compatriotes à la suite du séisme qui a dévasté le pays, mais il s'est aussi illustré par son inlassable générosité sur le terrain. Pour couronner le tout, c'est lui qui a inscrit les deux buts qui ont permis au Pérou de se qualifier pour les huitièmes de finale de la compétition.
C'est un fait, Carlos a vécu un tournoi de rêve. D'ailleurs, il ne s'en cache pas devant FIFA.com : "C'est vrai que tout se passe pour le mieux. Mais le plus important, c'est que l'équipe gagne, qu'elle obtienne des succès historiques et réussisse ce qu'elle n'avait encore jamais fait. Ces résultats et mes deux réalisations me donnent beaucoup d'espoir, vraiment."
D'une force tranquille, convaincu de son potentiel et de celui de l'équipe, le milieu sait que le plus dur attend encore les Incas : le match contre le Tadjikistan. "Ils sont rapides et montent beaucoup au pressing. Ce sera très dur. Personne ne s'attendait à les voir à ce stade mais il faudra aborder ce match avec le plus grand sérieux pour l'emporter."
Un air de famille
Fils de Juan Carlos Bazalar, le jeune Carlos ne peut
qu'avoir le football dans le sang. Son père, l'un des plus
célèbres footballeurs du pays, a remporté la Copa Sudamericana et
la Recopa d'Amérique du Sud 2003/2004 avec Cienciano. En
juillet 2007, à l'âge de 39 ans, il portait le brassard de
capitaine du Pérou à la Copa América au Venezuela.
Carlos n'a que des mots d'admiration pour son illustre père : "Il est toujours le meilleur. Je sais bien que c'est rare de voir un père et son fils en activité en même temps, mais c'est comme ça chez nous. Peut-être même que nous jouerons ensemble à la fin de l'année, si l'Alianza me prête à Cienciano..."
Des ambitions européennes
L'idée semble lui plaire, même si c'est
surtout le rêve de traverser l'Atlantique qui hante ses nuits.
"En fait, mon rêve, mon ambition et mon plus grand désir est
de jouer en Europe. A Lima, les journaux parlent de mon départ,
mais la Coupe du Monde passe avant tout. Après, on verra
bien."
Quant à sa destination, elle ne fait aucun doute dans l'esprit du numéro 8. "Pour commencer, j'aimerais aller en France ou en Angleterre, dans des championnats importants et compétitifs. Mais mon grand rêve est de jouer dans le meilleur championnat du monde, en Espagne. Je suis de près le Real Madrid parce que c'est là que joue mon idole, Fernando Gago."
A seulement 17 ans, Bazalar en étonne plus d'un à l'heure de parler football. Ses commentaires trahissent sa passion mais aussi une intime compréhension de l'action sur le terrain. Ainsi, il analyse avec beaucoup de finesse le jeu de Gago : "C'est un joueur très intelligent, capable de trouver des solutions dans de petits espaces. Je crois que j'ai appris de lui. Bien sûr, je ne pense pas arriver à un aussi bon niveau, parce qu'il est très fort, mais je me donne pour objectif de connaître la même réussite".
Avant d'en arriver là, il lui reste un autre rêve à réaliser : celui d'aller voir son idole en direct sur la pelouse. "Je n'ai jamais pu y aller, je me suis inscrit à tous les tirages au sort, j'ai envoyé des milliers de coupons, mais je n'ai pas eu cette chance. J'espère pouvoir aller le voir au Bernabéu le jour où je jouerai aussi en Europe !"
Pour l'instant, son principal souci est d'aller loin en Corée et de maintenir les espoirs de tout un pays. Carlos ne doute pas plus que du reste des possibilités de son équipe : "Nous allons gagner ces huitièmes pour jouer les quarts et, si tout va bien, une demi-finale et ce qui s'ensuivra..."
