Frustration, déception et mines d'enterrement d'un côté ; joie, soulagement et regards pleins de fierté de l'autre : les émotions étaient très différentes chez les Allemandes et chez les Canadiennes dimanche soir.
La deuxième journée du Groupe C de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Chili 2008, disputée au stade de La Florida, a réservé une surprise de taille : le Japon a vaincu l'équipe de Maren Meinert, l'une des favorites dans la course au titre. Les Asiatiques, déjà qualifiées pour les quarts de finale, peuvent être confiantes, tandis que les Allemandes tenteront de décrocher leur ticket face au champion de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes au cours d'une rencontre qui s'annonce déterminante.
Même si un match nul contre les Canadiennes suffirait à l'Allemagne pour atteindre la deuxième phase, la situation est délicate pour les Européennes. Le groupe de Ian Bridge avait quant à lui à peine fêté son triomphe (4:0) face à la RD Congo qu'il avait déjà le regard tourné vers le prochain match, qui se déroulera à Coquimbo. FIFA.com a interviewé en exclusivité les sélectionneurs ainsi que plusieurs joueuses des deux équipes. Dans un camp comme dans l'autre, la tension est palpable.
"J'espère que mes joueuses sauront gérer la pression. C'est notre principal défi. Nous savons que nous allons maintenant devoir faire face à des critiques, mais mes filles ont le potentiel pour battre le Canada", a déclaré Maren Meinert après la défaite des Allemandes (1:2) face à l'équipe surprise de ce début de compétition. Pour l'ancienne internationale, un travail mental va être nécessaire après cette humiliation inattendue. Mais comme le faisait remarquer la milieu de terrain Kim Kulig, il y a quelques semaines déjà au micro de FIFA.com, "les équipes allemandes sont toujours sous pression. Nous avons l'habitude de supporter cela."
Isabel Kerschowski s'attend pour sa part à ce que ce soit la volonté de revanche qui l'emporte chez ses coéquipières. L'attaquante, qui avait marqué de la tête le but de l'égalisation face au Japon, ne laisse planer aucun doute sur la motivation des Allemandes : "Cette défaite nous reste en travers de la gorge. Dès le coup de sifflet final, nous avons décidé de nous focaliser sur le match contre le Canada. Nous sommes passées à autre chose, notre objectif prioritaire, à présent, sont les quarts de finale. Je suis sûre que nous pouvons surmonter la pression et que nous avons toutes les qualités nécessaires pour vaincre les Canadiennes", a déclaré la buteuse, remontée à bloc.
Après une nuit de repos, la gardienne Alisa Vetterlein essayait de tirer des enseignements positifs de cette défaite. "Peut-être était-ce un avertissement, dans ce cas nous l'avons reçu juste à temps. Nous savons à présent ce qui nous attend. Je crois que le Canada est à notre portée. De toute façon, il n'y a qu'une seule issue possible : nous devons ramener au moins un point !", a confié le dernier rempart allemand à FIFA.com.
Les Nord-américaines semblent au contraire euphoriques. L'équipe de Bridge a pourtant dû elle aussi s'incliner face aux impressionnantes Japonaises (0:2). Le sélectionneur reste cependant confiant : "Mes filles ont travaillé dur et ont eu la réaction qu'il fallait face au Congo." Les joueuses affichaient en effet des mines radieuses dimanche soir, mais n'en perdaient pas de vue pour autant leurs objectifs. "Nous sommes heureuses de disputer notre billet pour le prochain tour avec les Allemandes. Si nous jouons comme nous l'avons fait face au Congo, nous devrions pouvoir les battre", affirmait la capitaine Myriam Bouchard au cours de son interview avec FIFA.com.
Sa partenaire Loredana Riverso, auteur d'un but et de plusieurs belles actions offensives face aux Africaines, attend avec impatience le choc de la dernière journée du Groupe C : "C'est formidable que ce duel ait lieu. Nous nous sentons bien, nous sommes prêtes. Je sais que nous sommes assez fortes pour gagner." L'attaquante, très adroite techniquement et qui joue habituellement sous le maillot de l'université américaine de Purdue, est consciente des moyens qu'il faudra mettre en œuvre pour battre les Européennes : "Nous sommes très fortes physiquement et nous avons un bon jeu de tête. Je pense que ce sera très important pour venir à bout des Allemandes."
L'affrontement entre ces deux géants du football féminin est sans aucun doute la première grande affiche du tournoi. C'est en tout cas un match décisif sur le chemin qui mène à la finale. Laquelle de ces deux sélections devra plier bagage prématurément, telle est la question qui se pose désormais.
