Coup de sifflet final. Dix huit jeunes hommes vêtus de vert et blanc accourent vers le rond central pour fêter une victoire historique. Pour l'un d'entre eux, le numéro 9 au teint mat et à la chevelure frisée, le triomphe est double. Avant que ses coéquipiers ne brandissent le trophée, il s'est couvert de gloire en recevant le Soulier d'or.
Le Mexique n'a pas oublié ces scènes de joie, vécues au Pérou il y a deux ans. Il n'a oublié non plus ses niños héroes, qui lui avaient offert ce plaisir inégalable de dominer le football mondial. Bien entendu, Carlos Vela occupe une place bien particulière dans le cœur des supporters aztèques. Quelques mois après le triomphe des siens, il était transféré en Angleterre, à Arsenal, pour continuer à vivre son rêve.
Pratiquement deux ans après ses exploits incas, la génération dorée du football aztèque se réunit pour une mission encore plus difficile : conquérir le titre dans la catégorie supérieure. A Canada 2007, un nouveau défi attend Vela, qui s'est aguerri au cours de son prêt à Salamanque. Il a confié à FIFA.com ses rêves dans l'optique de la compétition nord-américaine.
L'attente de tout un peuple
Le jeune attaquant, qui a soufflé sa 18
ème bougie au mois de mars, est conscient de
l'importance de sa génération pour le football mexicain.
D'où l'envie de ne pas décevoir au Canada. "Je suis
vraiment comblé de disputer une autre Coupe du Monde. Nous voulons
nous montrer aussi performants qu'au Pérou et redonner cette
joie aux Mexicains. Nous y pensons tout le temps, nous allons
essayer de le faire."
Cela dit, Vela n'a pas envie de se mettre une pression inutile sur les épaules. Bien évidemment, il est conscient du statut de favori des Tricolores, mais il ne voit pas pour autant une obligation de victoire. "Ça va être différent. C'est un tournoi de haut niveau, avec des joueurs qui n'étaient pas là il y a deux ans. Je ne ressens pas de pression, plutôt l'envie de bien faire à nouveau. Si cet état d'esprit nous rapporte un autre titre, ça sera excellent, mais nous n'en faisons pas une obsession."
En tout cas, si l'on se fie aux éliminatoires, le Mexique semble être sur la bonne voie. Il a décroché sa qualification sans trop souffrir, apportant la confirmation qu'il sera très difficile à prendre cet été. "J'ai beaucoup aimé l'équipe qui a joué à Culiacán. Le niveau est très élevé, la concurrence qui existe en interne est très intéressante. Ceux qui étaient déjà au Pérou ont deux ans d'expérience supplémentaire et il y a beaucoup de qualité chez les nouveaux joueurs."
L'apprentissage européen
Après Pérou 2005, Carlos Vela a été l'un des
trois champions du monde à faire ses valises pour le Vieux
Continent. S'il n'a pas pu évoluer avec Arsenal, il est
devenu l'une des grandes stars de Salamanque, qui a terminé à
la 12
e place du championnat de deuxième division
espagnole.
L'attaquant ne regrette pas son exil et aborde son avenir avec optimisme. "Au début, ça m'a demandé quelques efforts, mais maintenant, je suis parfaitement adapté. C'est un autre football et un autre pays, mais j'ai été très bien entouré. Grâce à eux, je suis devenu un joueur plus complet. Je suis prêt pour attaquer une autre phase de ma progression."
Vela ne cache pas son ambition. Pour lui, l'heure est venue
de jouer en première division, chose qu'il espère faire avec
Arsenal. "J'adorerais aller à Londres. Mon rêve, c'est
de débuter en première et d'apporter ma contribution. Je sais
que l'entraîneur donne leur chance aux jeunes. Pour moi, ça
serait idéal d'aller jouer là-bas. Mais si ce n'est pas
possible, je voudrais quand même jouer en première division, dans
un grand championnat. Je crois que j'ai les moyens et
l'expérience nécessaires pour bien m'y comporter."
Si Carlos n'a toujours pas rejoint les
Gunners, ce n'est pas par manque d'intérêt de la
part de ces derniers. Au contraire : récemment, Arsène Wenger
n'a pas tari d'éloges à son sujet. Le problème se situe en
fait au niveau de la réglementation anglaise, qui n'a pas
encore accordé de permis de travail au jeune Mexicain. Ce dernier
espère que cette situation va bientôt se débloquer et qu'il
pourra enfin revêtir la tunique rouge et blanche. "Je ne perds
pas espoir. Je vais attendre la fin du championnat pour voir ce que
l'on me dit. Ça ne me dérangerait pas de faire un an de plus en
Espagne. Ça me permettrait de m'enrichir avant d'arriver à
Arsenal. En tout cas, je ne veux pas rester en deuxième
division."
Quoi qu'il en soit, l'avenir de Vela s'annonce radieux. Il a la possibilité de conquérir un nouveau titre mondial et de faire ses débuts au plus haut niveau en club. Que demander de plus à 18 ans ? "J'aimerais sortir un peu plus. Ça ne me quittera pas. A cet âge-là, tu as toujours envie de passer du bon temps avec tes amis. Mais je sais quelles sont mes priorités et il y a un temps pour tout. J'aurai le temps de me rattraper un jour", se marre-t-il. En effet, il a le temps, lui qui est l'une des plus grandes promesses du football mondial.
