De nombreuses icônes du football ont fait leurs débuts à l'occasion de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA (ex-Championnat du Monde Juniors de la FIFA). Diego Maradona, Luis Figo, Enzo Francescoli, Javier Saviola, Ashley Cole et Ronaldinho, pour n'en citer que quelques-uns, y ont trouvé le chemin de la gloire.

FIFA.com a demandé à quelques stars de la planète football de remonter le temps et de revivre leurs premiers pas sur la scène internationale.

A tout seigneur tout honneur : la plus grande légende à avoir marqué de son empreinte le tournoi U-20 est un certain... Diego Armando Maradona. Elu, avec Pelé, meilleur joueur du 20 e siècle, "Dieguito" a fait son entrée dans l'arène mondiale lors de la deuxième Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Japon 1979.

"Dès notre arrivée au Japon, nous étions sûrs de gagner - surtout moi. J'avais travaillé très dur pour me venger de ne pas avoir été sélectionné pour la Coupe du Monde de la FIFA 1978", se souvient Maradona, dont l'entente quasi-télépathique avec Ramon Diaz est restée célèbre. "L'équipe était, de loin, la meilleure avec laquelle j'ai jamais joué. Je ne me suis jamais autant amusé sur un terrain ! A l'époque, j'étais le plus heureux des hommes et pour être franc, mis à part la naissance de mes filles, je n'ai pas souvenir d'avoir éprouvé autant de joie depuis. Demandez à n'importe quel Argentin, il vous dira : 'Cette équipe était fabuleuse, on se levait à quatre heures du matin pour la regarder à la télé'."

Son héritier spirituel, l'étoile barcelonaise Lionel Messi, est le dernier prodige révélé lors d'une Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Avant d'égaler les exploits du "Pibe", son héros, chez les seniors argentins et les Blaugranas, Messi avait enflammé les pelouses bataves en 2005, prouvant que la valeur n'attend pas le nombre des années : à tout juste 17 ans, il était alors le benjamin de la sélection argentine U-20.

"Je garde des souvenirs très forts de cette compétition, commente Messi, élu meilleur buteur et meilleur joueur de Pays-Bas 2005. J'ai vécu une aventure inoubliable, qui m'a fait sortir de l'anonymat du jour au lendemain. C'est l'un des événements phares de ma vie, une expérience essentielle dans la formation de tout joueur de haut niveau."

Si, à 19 ans, Messi reste techniquement apte à disputer Canada 2007, il y a fort à parier qu'il s'attaquera plutôt à la Copa América sous le maillot des seniors albicelestes.

Le gardien du Real Madrid Iker Casillas est considéré comme l'un des meilleurs portiers au monde. Tout comme Diego et le jeune Lionel, il s'est illustré dans les rangs d'une équipe U-20 sacrée championne du monde au Nigeria en 1999. Alors que les seniors espagnols font souvent figure de Poulidor du football, leurs petits frères se sont taillé une solide réputation, avec à leur actif un titre, trois derniers carrés et seulement quatre échecs en éliminatoires de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA depuis la création du tournoi en 1977.

"Nigeria 1999 reste gravé dans ma mémoire, raconte le numéro un de la sélection nationale senior et du Real Madrid. Presque tous les joueurs présents au Nigeria évoluent aujourd'hui au top niveau en Espagne. Cette compétition a servi de tremplin à une génération de grands joueurs. C'est l'un des plus beaux moments de ma carrière. Remporter le trophée mondial dans un stade plein à craquer... Du pur délire !"

La cuvée ibérique 99 s'est assurément révélée exceptionnelle. Devant Casillas se tenaient notamment Carlos Marchena, Xavi, Daniel Aranzubia et Gabri.

Iker a une pensée pour la jeune Furia qui mettra le cap sur le Canada cet été. "Il faut viser la victoire, conseille-t-il. Même s'ils jouent déjà dans un club, ils doivent se donner à 100 %, parce que c'est une aubaine inespérée et qu'il n'y a rien de plus beau qu'un sacre mondial."

Hélas, la Coupe du Monde U-20 de la FIFA ravive parfois de tristes souvenirs. L'un des co-équipiers madrilènes de Casillas, Mahamadou Diarra, faisait partie de la remarquable sélection malienne qui, en 1999, s'est inclinée 3:1 face à l'Espagne en demi-finale. Une défaite qui reste douloureuse. "J'étais forfait à cause d'une blessure, j'ai dû regarder les matches depuis les tribunes. Le tournoi m'a laissé un goût amer, confie-t-il. Non seulement je n'ai pas joué, mais en plus, nous avons perdu ! Casillas est un bon copain maintenant, bien qu'il ait éliminé mon équipe, on discute souvent, mais je n'aime pas parler de cette époque."

Lorsqu'on lui demande quel est son titre de prédilection, l'ex-star brésilienne Bebeto ne cite pas la Coupe du Monde de la FIFA, Etats-Unis 1994, mais bien le trophée U-20 qu'il a brandi au Mexique en 1983.

"C'est là que tout a commencé. Lorsque le Brésil a remporté son quatrième titre mondial en 1994, Dunga, Jorginho et moi jouions ensemble depuis le tournoi U-20 mexicain, explique-t-il. Eux et moi, on est devenus comme des frères et aujourd'hui, ils font partie de ma famille. Voilà pourquoi j'ai choisi Mexique 1983. Le premier titre, c'est toujours le plus difficile."

Javier Saviola, l'un des jeunes purs-sangs du Barça, considère lui aussi la victoire décrochée à domicile en 2001 comme l'une des ses plus belles expériences. "C'est fabuleux de prendre part à une Coupe du Monde, et encore plus de la gagner", s'exclame le buteur vedette, qui a signé onze réalisations en sept matches disputés aux côtés de Maxi Rodriguez, Andres D'Alessandro et Nicolas Burdisso lors d'Argentine 2001. "Avant le tournoi, Barcelone hésitait à s'attacher mes services, c'est ma prestation à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA qui l'a convaincu. C'est un temps fort de ma carrière."

Qatar 1995 a accouché d'une foison de jeunes loups, dont Fernando Morientes, Mark Viduka, Raul, Ivan De La Pena et Hidetoshi Nakata. Juan Pablo Sorin, qui évolue aujourd'hui en Bundesliga sous les couleurs de Hambourg, faisait partie la sélection argentine lauréate.

"Ce tournoi a marqué nos carrières à jamais, déclare-t-il. On a montré du beau jeu, on s'est jetés corps et âme dans la bataille, parce qu'on n'avait pas de pointures dans l'équipe, contrairement à beaucoup d'autres formations de l'époque. On a fait bloc et le football argentin en est sorti grandi."

"C'est pour cela que je considère Qatar 1995 comme mon plus beau trophée", conclut-il.

Que nous réserve le millésime 2007 ? Verra-t-on émerger de nouveaux princes du football du calibre de Messi, de Casillas, voire de Bebeto... ou, pourquoi pas, de Diego Armando Maradona ?