Si l'on observe la composition du groupe costaricain pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007, deux noms sortent du lot : Celso Borges et Jean Carlos Solórzano. C'est sur les épaules de ces deux hommes que reposent les espoirs du Costa Rica d'accéder pour la première fois de son histoire en demi-finale d'un tournoi de la FIFA.
Tous les deux ont cet objectif en ligne de mire et possèdent incontestablement le talent pour l'atteindre. Mais les similitudes s'arrêtent là, car en dehors de la sélection, Borges et Solórzano sont de vrais rivaux. Le premier porte les couleurs de Saprissa, le second celles d'Alajuelense. L'un s'est surtout fait remarquer en équipe nationale, l'autre en club. D'un côté, on trouve un joueur en pleine possession de ses moyens, de l'autre, un convalescent engagé dans une véritable course contre la montre pour revenir de blessure.
Borges : de qui tenir
Depuis son plus jeune âge, Celso Borges marche dans les pas
d'un monument du football costaricain. Son père n'est autre
qu'Alexandre Guimaraes, figure illustre des
Ticos aussi bien en tant que joueur qu'entraîneur.
Pour le principal intéressé, cet héritage a représenté à la fois une bénédiction et un défi. Le milieu de terrain de Saprissa a le football dans le sang, ses qualités sur le rectangle vert sont là pour le prouver. Mais comme cela se produit souvent lorsqu'il s'agit d'assumer de tels antécédents, le jeune homme a dû se battre avec opiniâtreté pour tracer son propre chemin et éviter les inévitables comparaisons avec son célèbre papa.
Si Borges est un pur produit du Club Deportivo Saprissa, c'est en équipe nationale qu'il a éclaté. On se souvient notamment de ses prestations avec le Costa Rica lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Pérou 2005, où il avait largement contribué à l'accession de son équipe en quart de finale de la compétition. Les jeunes Ticos avaient alors plié face au Mexique, à l'issue d'une partie électrique.
Dès lors, la carrière du jeune international costaricain prend son envol. Peu à peu, il gagne du temps de jeu avec le Deportivo Saprissa, jusqu'à devenir, à l'âge de 19 ans seulement, un élément indispensable de la formation violette. Nous sommes alors en 2006. Saprissa arrache le titre à son éternel rival Alajuelense, et Borges, pour sa première saison complète au sein de l'effectif professionnel, inscrit deux buts en 25 matches.
Dans le même temps, il continue de gravir les échelons en équipe nationale, version U-20. Et même si son partenaire Jean Carlos Solórzano lui a quelque peu volé la vedette au cours des éliminatoires pour Canada 2007, Borges est revenu à son meilleur niveau lors des derniers matches de préparation du Costa Rica. On a pu s'en rendre compte à la récente Coupe Busan, sorte de mini-championnat disputé par les Centraméricains en République de Corée. A cette occasion, les jeunes Centraméricains ont battu respectivement l'Université de Suwon (4:1) et le Mexique B (2:0).
Solórzano contre la montre
Si Celso Borges s'est déjà fait une réputation
comme créateur, Jean Carlos Solórzano se distingue avant tout par
son efficacité. Ultrarapide et doté d'un sens inné du but,
l'attaquant d'Alajuelense brille quasiment à chacune de ses
sorties sous le maillot national.
Il n'en va pas tout à fait de même en club. Avec les
rouges et noirs, le jeune homme aux allures de rock-star peine à
s'imposer comme titulaire. En 2006-2007, il n'a en effet
disputé que cinq matches avec Alajuelense.
Cette difficulté à percer avec son club est due en partie à une blessure sérieuse au genou, qui a nécessité une intervention chirurgicale, le 12 avril dernier. Depuis, Solórzano a entamé une course contre la montre afin d'être complètement remis pour Canada 2007.
Heureusement, la rééducation du jeune attaquant semble se faire à la même cadence que les buts qu'il avait l'habitude d'inscrire sous le maillot tricolor. Tout juste un mois et demi après son opération, Solórzano a repris l'entraînement avec ses coéquipiers de l'équipe nationale, à la surprise générale y compris celle du sélectionneur Giovanny Alfaro. "Jean Carlos est arrivé dans un très bon état d'esprit. Sa convalescence est déjà bien avancée. C'est un garçon extrêmement positif, solide sufr le plan mental, toujours tourné vers l'avenir. Il se rétablit plus rapidement que prévu. C'est une bonne nouvelle pour tout le monde", commente le stratège des U-20.
Le Costa Rica peut donc respirer. Son duo terrible Borges-Solórzano est de retour, à temps pour un défi qui s'annonce passionnant : avec toutes leurs qualités, mais également leurs différences, les deux joueurs réussiront-ils à hisser leur équipe sur des sommets inconnus de mémoire de Tico ?
