A l'entendre, difficile de deviner que Giovani dos Santos
est un jeune de 18 ans qui n'a pas encore fait ses débuts
professionnels en match officiel.
A la différence des footballeurs de son âge, la vedette de la
sélection U-20 mexicaine qualifiée pour Canada 2007 n'affiche
pas une once de timidité. Bien au contraire... Son charisme et sa
sympathie accentuent d'ailleurs sa ressemblance avec
Ronaldinho, son coéquipier du Barça, à qui les experts le comparent
depuis son arrivée au club catalan.
Gio, comme on le surnomme dans les rangs blaugranas, a confié en exclusivité à FIFA.com son désir de remporter un nouveau titre mondial sous les couleurs du Mexique, cette fois avec la sélection U-20. Qu'espérer de plus pour voir s'ouvrir les portes de l'équipe première du club catalan et de la sélection aztèque ?
FIFA.com : Après le triomphe de Pérou 2005, tous les
Mexicains rêvent d'un nouveau titre à une semaine du coup
d'envoi de la compétition canadienne. Est-ce une pression ou
une motivation supplémentaire ?
Giovani dos Santos : C'est vraiment une motivation. J'ai conscience de
l'importance de cette victoire pour le pays. Avant ça, le
Mexique n'avait jamais remporté de Coupe du Monde dans aucune
catégorie. Avoir aujourd'hui l'occasion de renouveler cette
performance est une énorme motivation. J'ai hâte que la
compétition commence.
Les attentes seront sans doute plus élevées, tout comme le
niveau de jeu...
C'est vrai. Je sais bien qu'il y aura au Canada de
grands joueurs qui, pour des raisons diverses, n'étaient pas au
Pérou. Mais j'accorde une grande confiance à l'équipe.
C'est presque la même que celle qui a gagné il y a deux ans, on
se connaît par cœur. C'est pour ça que je crois en nos
chances.
Vous devrez tout d'abord passer les obstacles du
Portugal, de la Gambie et de la Nouvelle-Zélande. Connaissez-vous
ces équipes ?
On a visionné des vidéos, on sait que ce sont de bonnes
équipes. Les Africains sont rapides et physiques et le Portugal est
une puissance planétaire. C'est un groupe très difficile mais
si nous passons cette étape, nous serons plus forts pour le tableau
final.
Le Mexique est déjà désavantagé par la stature de ses
joueurs...
C'est vrai, mais c'était aussi le cas au Pérou et on
a quand même gagné ! Ça n'est pas très important si on est très
bons balle au pied. Et puis, comme on dit quand on joue dans les
terrains vagues : "ils vont manger" (
rires).
On attend beaucoup du tandem offensif Dos Santos-Carlos
Vela. Etes-vous toujours très bons amis ?
Toujours ! Le comble, c'est qu'on n'a
pas réussi à se voir avant notre retour en sélection alors
qu'on joue maintenant tous les deux en Espagne [
la saison dernière, Arsenal a prêté Vela à Salamanque].
Mais on se téléphone très souvent. A chaque fois qu'on se
retrouve sur le terrain, c'est comme si on ne s'était
jamais séparés.
Vous êtes dans le club de Lionel Messi, la grande vedette
de Pays-Bas 2005. Vous a-t-il parlé de son expérience ?
Oui, bien sûr. Il a été vainqueur, meilleur buteur
et meilleur joueur de la compétition, je ne pouvais pas ne pas lui
demander quelques tuyaux. Il m'a donné plein de conseils. Il
m'a surtout dit de me concentrer sur la réussite de
l'équipe et de ne pas penser à mes performances personnelles.
C'est formidable d'avoir près de soi des gens comme ça pour
nous conseiller.
Messi a récemment déclaré que cette compétition avait
changé sa vie et attiré l'attention du monde sur lui.
Espérez-vous la même chose ?
Oui, mais je pense que ce sera plus dur pour moi.
Dans les premiers matches, Leo était remplaçant et personne ne
s'attendait à voir un tel prodige. Moi, comme je serai
titulaire avec le Mexique, les adversaires me connaîtront beaucoup
mieux.
Le centre de formation du FC Barcelone a produit beaucoup
de grands talents en très peu de temps : d'abord Messi, puis
vous et Bojan Krkic. Quel est le secret ?
Je crois qu'on travaille très bien dans les
catégories inférieures du club et surtout qu'il y a une très
bonne équipe de recruteurs, qui sait détecter les talents et les
attirer au Barça. Et puis, Barcelone est une ville merveilleuse.
Qui ne voudrait pas y vivre ?
Votre petit frère, Jonathan, est aussi chez les jeunes du
Barça. Que pouvez-vous nous dire de lui ?
C'est un grand joueur, il a beaucoup progressé. Il a fait
une super saison et est destiné à de grandes choses. Depuis
qu'on est petits, on rêve de jouer un jour ensemble : lui me
ferait les passes et moi je marquerais les buts. Ça va se faire,
comptez sur nous ! (
rires)
Si vous continuez comme ça, 2007/08 devrait être la saison
de vos débuts avec l'équipe première du Barça et les A
mexicains. Comment vous sentez-vous face à de tels défis ?
Pour moi, c'est important d'avancer pas à
pas. Au Barça, je vais enfin pouvoir réaliser mon rêve
d'intégrer l'équipe. Mais pour l'instant, je préfère
avoir un peu de temps de jeu, petit à petit, pour prouver ce dont
je suis capable avant de gagner un poste de titulaire. Jouer en
sélection A mexicaine, ce serait le rêve ! J'espère que je
serai convoqué.
Selon certaines rumeurs, vous pourriez quitter le club
blaugrana ? Etes-vous ouvert à d'autres propositions ?
De clubs mexicains, non. Mais jamais je ne
refuserai une offre d'un club européen sans l'étudier. Pour
l'instant, je suis très heureux au Barça et je veux gagner des
titres sous son maillot.
Parlez-nous un peu du Giovani dos Santos de tous les jours.
Avez-vous beaucoup d'amis ? Une fiancée, peut-être ?
Je suis un garçon tranquille. J'aime passer du
temps avec ma famille et mes frères, jouer à la console avec eux...
J'ai aussi des amis géniaux, avec qui je m'amuse beaucoup.
Une fiancée, par contre, non ! Je n'ai que 18 ans et je
m'éclate dans la vie. Pour le moment, je préfère rester comme
je suis, seul (
rires).
Comment vous imaginez-vous en août 2010 ?
Quel âge j'aurai ? 21 ans ? Comme maintenant...
seul ! (
rires) Non, sans rire : j'aimerais être titulaire au
Barça et faire une super Coupe du Monde avec le Mexique en Afrique
du Sud. Ce serait merveilleux. J'espère y arriver.