L'élégant meneur de jeu japonais Tsukasa Umesaki, qui évolue habituellement sous les couleurs d'Oita Trinita, a bien voulu répondre aux questions de FIFA.com sur les progrès réalisés par le Japon et ses ambitions personnelles pour Canada 2007.

A quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007, le milieu de terrain japonais Tsukasa Umesaki sait déjà à quoi s'attendre. Malgré son jeune âge, le meneur de jeu nippon a déjà effectué un passage dans un grand club européen et compte également une participation au prestigieux Tournoi de Toulon. Autant dire que les exigences liées au football de très haut niveau n'ont plus de secrets pour lui. De son propre aveu, Umesaki attend cet événement depuis maintenant deux ans. Le moment est donc particulièrement bien choisi pour FIFA.com de rencontrer le jeune homme et débattre avec lui des ambitions japonaises.

Considéré comme trop jeune pour faire partie du groupe appelé à disputer la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Pays-Bas 2005, Umesaki s'est imposé comme un espoir de premier plan au cours des deux dernières années. Sa petite taille et sa capacité d'accélération font de lui un excellent dribbleur, capable de semer la panique dans les défenses les plus hermétiques. En misant intelligemment sur ses qualités, Umesaki s'est taillé une solide réputation. Plus récemment, il est devenu le troisième joueur japonais âgé de moins de vingt ans à devenir international.

Pour sa troisième saison sous les couleurs d'Oita Trinita (J-League), sa deuxième en tant que titulaire, Umesaki a réussi à attirer l'attention de plusieurs clubs européens. Il a ainsi passé la fin de la saison dernière en Ligue 2 avec Grenoble. Si l'expérience n'a pas été un franc succès, elle lui aura au moins permis de mesurer les progrès qu'il lui reste à accomplir. Il veut également croire que cette découverte précoce du football international lui sera précieuse à l'heure de disputer la Coupe du Monde U-20 de la FIFA.

La Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007 va bientôt débuter. Comment vous sentez-vous ?
Je crois que je suis plutôt en forme. Depuis mon retour à Oita, j'ai disputé beaucoup de matches. Je pense donc être revenu à mon meilleur niveau.

Cela fait plaisir de vous revoir sur les terrains après votre passage à Grenoble. Avec le recul, comment jugez-vous les critiques qui prétendaient que vous n'étiez pas encore prêt pour vous lancer dans une telle aventure ?
Quand j'étais plus jeune, je regardais avec admiration Hidetoshi Nakata qui jouait en Serie A. Depuis cette époque, je rêve de l'imiter. J'ai beaucoup joué avec Oita et j'ai même été appelé en équipe nationale. Chaque nouveau succès ne faisait que renforcer mon désir de jouer à l'étranger. Quand j'ai choisi de tenter ma chance à Grenoble, j'ai bien entendu les commentaires qui ont été faits, mais je voulais absolument découvrir le football européen par moi-même. Je me disais que je n'aurais pas de regrets, car j'allais enfin réaliser une ambition de longue date.

Malheureusement, vous n'avez pas joué un seul match en France. En quoi cette expérience vous a-t-elle été profitable, dans ces conditions ?
J'aurais au moins appris qu'il me reste encore beaucoup à découvrir sur le football professionnel. En France, j'ai compris qu'il fallait faire attention au moindre détail. La vie d'un joueur tourne entièrement autour du football, même lorsqu'il mange ou lorsqu'il dort. A Grenoble, j'ai rencontré beaucoup de jeunes de mon âge, mais leur mentalité était très différente de la mienne. Je me suis rendu compte de mon manque de maturité.

Vous avez donc pu mesurer les différences qui existent entre le football japonais et les autres ?
A l'étranger, les entraîneurs s'intéressent beaucoup à l'aspect physique du jeu. J'ai été stupéfait de voir la vitesse, la puissance et la maîtrise affichées par certains joueurs, même lorsque le terrain était en mauvais état. En ce qui me concerne, j'ai eu beaucoup de mal à m'imposer dans ces conditions. J'ai compris que le football pouvait aussi se pratiquer à un niveau bien différent de celui que je connaissais. A Grenoble, j'étais en concurrence avec quatre autres milieux gauche, qui étaient tous dans ma tranche d'âge. Parmi eux, il y avait des internationaux espoirs, des joueurs qui avaient disputé les qualifications pour les Jeux Olympiques et même un international congolais.

Cette expérience vous a-t-elle permis de mieux cerner le travail qui reste à accomplir au Japon pour rivaliser avec des adversaires de haut niveau ?
Je suis tout à fait d'accord avec le sélectionneur Osim. La seule façon pour nous de battre des équipes européennes, sud-américaines ou africaines qui nous sont supérieures sur le plan physique ou technique, c'est de travailler davantage. Un système tactique rigoureux, dans lequel chacun sait précisément ce qu'il a à faire, peut nous donner l'avantage face à de telles équipes. Cependant, lorsque nous sommes en phase offensive, les joueurs doivent être capables de faire la différence individuellement.

Comment se déroule la préparation à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA ?
Nous commençons à développer notre propre jeu. Nous avons également assimilé les schémas mis en place par Yoshida et nous espérons qu'ils vont nous permettre de rivaliser avec les meilleurs. Nous allons bientôt tirer les bénéfices de notre travail de fond.

Vous avez gagné 2:1 contre l'Allemagne au Tournoi de Toulon après avoir été menés au score. Est-ce une illustration des progrès récemment accomplis par le Japon ?
Exactement. Ce match illustre parfaitement ce dont nous sommes capables, quand nous développons notre jeu. Nous avons encaissé le premier but et nous avons bien cru que nous allions sombrer à un moment donné, puis nous nous sommes ressaisis et nous avons finalement réussi à imposer notre rythme en seconde période.

Toutefois, vous avez également connu des échecs cinglants, comme cette défaite 1:5 face à la France.
Personnellement, je n'ai pas disputé cette rencontre. D'après moi, nous n'avons pas réussi à presser les Français dans les zones cruciales et nous leur avons laissé beaucoup trop d'espaces. Contre une équipe aussi expérimentée, cela ne pardonne pas. Cela nous a rappelé qu'il faut toujours rester groupés en défense, sous peine de voir nos adversaires profiter de la situation. Cette leçon sera cruciale, car toutes les équipes présentes au Canada disposeront de bon nombre de joueurs de grand talent.

En quoi cette Coupe du Monde U-20 de la FIFA est-elle cruciale pour vous ? Et quels sont vos objectifs à titre personnel dans cette compétition ?
Il y a deux ans, pendant Pays-Bas 2005, j'étais en tournée au Portugal avec l'équipe U-18. J'ai regardé tous les matches à la télévision, et je me suis promis de participer à l'édition suivante. Pour notre génération, les prochains matches seront sans doute les derniers que nous disputerons ensemble. Cela fait maintenant deux ans et demi que nous nous retrouvons régulièrement, et il règne entre nous un excellent état d'esprit. En arrivant au Canada, nous nous sommes promis de démontrer les progrès accomplis en obtenant une série de bons résultats. Pour commencer, nous voulons atteindre le second tour.

En ce qui me concerne, en tant que meneur de jeu, j'aimerais pouvoir adresser quelques passes décisives. Si je me montre à mon avantage, et si je marque quelques buts, j'espère pouvoir intégrer l'équipe U-23. Enfin, j'espère poursuivre ma progression.