L'histoire de Feliciano Condesso est courte, mais intense. Alors qu'il vient tout juste de prendre les dernières consignes auprès de son entraîneur José Couceiro, avant de plonger dans le grand bain de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007, le milieu portugais accepte de répondre aux questions de FIFA.com.
Le jeune homme a déjà vécu dans quatre pays différents. A tout juste 20 ans, il parle couramment français, portugais, anglais et espagnol. Il est donc bien équipé pour raconter à FIFA.com son histoire peu commune.
"Je suis né en République du Congo, le pays de ma mère. Mais mon père étant portugais, nous nous sommes installés très tôt au Portugal. J'avais quatre ans quand nous sommes arrivés à Setúbal ( ville située à 40 km au sud de Lisbonne). C'est là, à l'âge de cinq ans, que j'ai eu ma première licence dans un club de foot. A 16 ans, je suis allé à Southampton. J'y ai passé trois années, puis j'ai reçu une offre de Villarreal. La saison prochaine, je vais donc jouer en Espagne", résume l'international U-20.
Pour compléter le CV de Condesso, ajoutons qu'il a participé avec le Portugal aux Championnats d'Europe U-17 (en 2004) et U-19 (en 2006).
Une ascension fulgurante
Depuis son plus jeune âge, Condesso n'a qu'un guide
dans sa vie : le football. C'est pour cela qu'il n'a
pas hésité à tenter l'expérience anglaise. Il n'avait que
16 ans à l'époque, "mais l'occasion de jouer dans un
autre pays était trop belle. Ma famille savait que je voulais
devenir footballeur professionnel. Nous avons tous fait les
sacrifices nécessaires", explique-t-il.
Après trois années passées à gravir les différentes catégories d'âge du Southampton FC, tout s'accélère pour Condesso à son retour du Championnat d'Europe U-19, Pologne 2006. "Quand je suis revenu en Angleterre après le tournoi, l'équipe était déjà en pleine préparation pour la nouvelle saison. De mon côté, je suis rentré assez fatigué. Pendant les premiers mois, je n'ai pas beaucoup joué, même avec la réserve. Le club jouait la montée. Les dirigeants ont donc recruté pas mal de joueurs, ce qui a entraîné de nombreux changements au sein de l'équipe première. La principale conséquence pour moi a été un faible temps de jeu, ce qui compromettait mes chances d'être appelé en équipe du Portugal. C'est alors que Villarreal m'a fait une proposition. J'ai accepté, et je vais y rester une saison de plus", poursuit-il.
Condesso évolue comme milieu de terrain à vocation défensive. Il a pour modèles son compatriote Deco ainsi que Claude Makélélé. Il ne peut s'empêcher d'ajouter un troisième nom : "Zidane. Au cours des dix dernières années, Zidane a été le meilleur joueur du monde. Je ne joue pas au même poste que lui et je ne suis pas un créateur naturel. Mais toutes les fois que je l'ai vu jouer, ç'a été un régal".
Sans pression
La sélection portugaise débutera le tournoi le 2 juillet,
face à la Nouvelle-Zélande. Ces jours-ci, les joueurs lusitaniens
travaillent surtout le physique, pour compenser le fait qu'ils
n'ont pas disputé de rencontres officielles depuis plusieurs
semaines. Cela fait huit ans qu'ils n'ont plus participé à
une épreuve qu'ils ont pourtant gagnée à deux reprises, en 1989
et en 1991. Lorsqu'on lui demande si ce retour au plus haut
niveau s'accompagne d'une certaine pression, Condesso est
catégorique.
"Les derniers matches de préparation se sont bien passés. Nous avons produit du bon football. Notre objectif immédiat est de passer le premier tour. Cela dit, nous ne ressentons aucune pression. Je crois que la pression, ce sont plutôt des équipes comme le Brésil, l'Argentine ou l'Espagne ( championne d'Europe en titre) qui la ressentent. Nous, nous avons des objectifs, mais pas de pression. C'est agréable de pouvoir travailler sereinement. Nous connaissons nos qualités et nous essaierons de les utiliser au mieux. Mais personne ne se prend la tête. C'est même le mot d'ordre de notre entraîneur", assure le jeune mondialiste.
Outre les champions d'Océanie, le Portugal devra affronter le Mexique et la Gambie. "Les trois matches seront difficiles. Les Africains sont toujours très forts physiquement. Quant aux Mexicains, tout le monde sait qu'ils adorent manier le ballon. Nous connaissons moins les Néo-Zélandais, mais leur présence à Canada 2007 n'est pas une surprise. Nous respectons tous nos adversaires, mais sans les craindre, car nous savons que nous avons fait le nécessaire pour être prêts. Il n'y a donc pas à avoir peur, ni à se sentir supérieurs. Nous verrons bien. Nous prendrons les matches comme ils viennent", conclut Condesso.
