C'est l'une des grandes attractions du tournoi. A tout juste 19 ans, il est titulaire à l'Atlético Madrid, compte déjà une Coupe du Monde U-20 de la FIFA à son palmarès, et ne devrait plus tarder à côtoyer les meilleurs attaquants du pays en équipe d'Argentine, version seniors. Pour autant, Sergio Kun Agüero n'a rien perdu de la capacité d'étonnement propre à son âge précoce.

Aujourd'hui, le plus jeune joueur de l'histoire de la première division argentine (où il a disputé son premier match à l'âge de 15 ans) étonne les autres - supporters, entraîneurs et joueurs confondus. Dans l'hôtel qui héberge les différentes délégations, à Ottawa, le nom du jeune Argentin est sur toutes les lèvres, comme FIFA.com a pu s'en rendre compte : "C'est Agüero ?", demandent les Panaméens. "Agüero, celui qui joue pour l'Argentine ?", questionne un Nord-Coréen.

Et oui, c'est bien lui, Agüero, qui nous fait l'honneur de partager ses impressions à quelques heures du coup d'envoi de Canada 2007. Dans un entretien exclusif, il évoque ses ambitions, ses objectifs et ses espoirs, à commencer par celui de devenir le meilleur joueur de cette Coupe du Monde U-20 de la FIFA.

Sergio, après plusieurs mois passés dans l'expectative, vous voici enfin au Canada. La réalité correspond-elle à ce que vous aviez imaginé ?
Je dois dire que oui. Le Canada un très beau pays. C'est d'ailleurs l'un des aspects agréables du métier de footballeur : on voyage un peu partout dans le monde. Aujourd'hui, nous sommes tous très heureux d'être ici, cela nous fait énormément plaisir. A Ottawa, les gens ont été fantastiques avec nous. Apparemment, beaucoup d'Argentins vivent ici. J'espère que nous saurons les faire vibrer.

Pourquoi les Canadiens sont-ils si nombreux à soutenir l'Argentine ?
C'est difficile à dire. Ça a peut-être avoir avec le fait que l'Argentine a gagné plusieurs titres mondiaux consécutifs chez les U-20. Les gens nous considèrent peut-être comme une référence. Ils savent que nous avons déjà remporté la compétition et pensent que nous pouvons récidiver.

Connaître différents pays, d'autres cultures : c'est l'un des grands avantages de la vie de footballeur, n'est-ce pas ?
Absolument, c'est quelque chose de fabuleux. On découvre, on apprend, on fait de nouvelles expériences. Personnellement, je n'imaginais même pas connaître d'autres pays que l'Argentine, ni même jouer un jour en première division. Grâce à Dieu, tout s'est bien passé pour moi jusqu'ici. Mais très sincèrement, j'ai toujours du mal à croire à ce qui m'arrive.

Quelle est la première Coupe du Monde U-20 de la FIFA dont vous vous souvenez ?
Argentine 2001, avec (Andrés) D'Alessandro, (Javier) Saviola et (Maximiliano) Rodríguez. C'était une grande équipe. Je n'imaginais pas que ces joueurs iraient aussi loin. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à croire en mes propres chances.

Hugo Tocalli a dit que Canada 2007 pouvait être "votre" tournoi. Que pensez-vous de ce genre de déclaration ?
Ça me donne un surplus d'envie et de confiance pour faire de mon mieux. Hugo attend beaucoup de moi. J'espère être à la hauteur de ses attentes. Mais ce qui compte avant tout, c'est l'objectif de l'équipe, pas celui des individualités.

Justement : quel est votre objectif à vous, personnellement ?
Si Dieu le veut, être élu meilleur joueur du tournoi.

Qu'est-ce qui a changé entre le Sergio Agüero de Pays-Bas 2005 et celui de Canada 2007 ?
Un tas de choses ! Avant Pays-Bas 2005, je n'étais pas beaucoup utilisé à l'Independiente. Après avoir remporté le titre mondial, je suis devenu titulaire, ce qui m'a permis de progresser et de réussir de bons matches. C'est à ce moment que l'Atlético Madrid m'a fait une offre. La seule vérité, c'est que tout va très vite. J'ai l'impression de toujours être en 2004 !

Que vous a apporté votre année en Europe ?
Beaucoup d'expérience, et l'opportunité de connaître un autre football. Au début, il s'agit de s'adapter. Quand on vient d'un pays avec un autre climat, un rythme de jeu différent, il faut d'abord s'accoutumer. Mais ç'a été moins difficile que ce à quoi je m'attendais. Je dirais que ça s'est passé assez naturellement.

L'année dernière, avant Allemagne 2006, on a beaucoup parlé de votre possible sélection parmi les 23. On pourrait faire la comparaison avec Diego Maradona qui, en 1978, n'avait pas disputé le Mondial pour pouvoir jouer avec les Espoirs au Japon...
J'espère que la comparaison durera ! Je savais qu'il me serait très difficile d'être sélectionné pour l'Allemagne, car la concurrence était rude entre les attaquants. Pour revenir à l'histoire de Diego en 1978, je la connaissais. Comme lui, j'ai bien l'attention de me battre pour arriver le plus vite possible chez les A.

Alors que le tournoi n'a même pas commencé, on parle déjà d'une possible confrontation avec le Brésil. Cela vous plairait-il, ou préféreriez-vous l'éviter ?
C'est toujours très excitant de jouer contre le Brésil. Ce n'est pas pour rien qu'on appelle ce match le clásico. Cela dit, nous devons d'abord penser à la phase des groupes. Ensuite, à partir des huitièmes de finale, nos adversaires devraient sortir un peu plus, ce qui nous donnera plus de liberté. En revanche, dans ce premier tour, nous nous attendons à affronter des équipes bien regroupées derrière. Nous devrons faire preuve de patience.

Que signifierait le titre pour ce groupe ?
Enormément de choses, mais avant tout, un grand pas vers l'équipe d'Argentine A. C'est le rêve de chacun d'entre nous.