La planète football voit naître des joueurs destinés à briller dans les moments décisifs ; des joueurs auxquels il suffit de quelques minutes pour passer du banc à l'exploit et sauver une équipe sur le fil du rasoir. Tel est le cas de l'Argentin Lautaro Acosta qui, dans l'anonymat le plus complet, a servi avec succès la sélection de Hugo Tocalli.
Sa première prouesse s'est produite face à l'Uruguay, lors du Championnat d'Amérique du Sud U-20. Dans le temps additionnel, le jeune milieu de terrain s'est infiltré dans la surface et a inscrit de la tête le but qui a permis à l'Argentine de se qualifier pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2007 et le Tournoi Olympique de Football Masculin 2008.
La deuxième, plus récente, a eu lieu dans les dernières minutes de la rencontre contre la République Tchèque, à Canada 2007. Entré à dix minutes du coup de sifflet final, Acosta s'est lancé dans un sprint de soixante mètres pour sauver sur la ligne un tir redoutable de Tomas Micola.
A quelques heures du choc décisif contre le Panama, el Laucha (souris en Argentine) s'est entretenu en exclusivité avec FIFA.com sur son nouveau statut d'homme providentiel.
"Je veux du temps de jeu"
A l'heure de répondre aux questions concernant ses
prestations au sein de la sélection argentine, le pensionnaire de
Lanús se montre aussi insaisissable que sur le terrain, et plus
encore lorsque sont abordées ses prouesses. On le sent presque gêné
de parler de sa réussite sur la pelouse. "Il faut faire passer
l'objectif de l'équipe avant l'objectif personnel. Je
suis venu ici pour servir la sélection et devenir champion. Bien
sûr, je veux aussi du temps de jeu pour prendre confiance. La
dernière fois, j'ai joué dix minutes et j'espère jouer de
plus en plus", déclare-t-il.
Il faut pourtant presque forcer cet admirateur de Lionel Messi à reconnaître le rôle décisif qu'il a joué dans la qualification de l'Argentine pour Canada 2007. "Mon but contre l'Uruguay m'a aussi beaucoup servi d'un point de vue personnel. A partir de ce moment, j'ai eu plus de reconnaissance et je me suis senti mieux, plus confiant. Mais c'est normal, je comprends bien qu'un joueur de Lanús n'ait pas la même importance qu'un pensionnaire de River Plate ou Boca Juniors. Ça ne me gêne pas du tout", explique-t-il.
Le sauveur masqué
Sous l'influence de son père, Acosta a commencé à tâter
le ballon à quatre ans. Cinq ans plus tard, il intégrait
l'équipe de Lanús, un club où évoluent aussi deux de ses
frères. Aujourd'hui, l'homme qui le prenait par la main
pour l'emmener à ses premiers entraînements l'accompagne
dans son aventure canadienne.
Une aventure dans laquelle Acosta ne passe pas inaperçu, et pas que pour ses prouesses... Pour la première sortie de l'Argentine, contre la République Tchèque, le jeune milieu est entré sur la pelouse avec un masque de protection, un accessoire qui lui est nécessaire depuis qu'il s'est fracturé la mâchoire, il y a deux mois, dans le championnat argentin.
Comme on peut s'y attendre, son nouveau look lui vaut quelques plaisanteries de ses coéquipiers : "Ils me font tourner en bourrique, mais ce n'est pas méchant. Je ne suis pas obligé de porter mon masque tout le temps mais il y a toujours quelqu'un pour me demander de le garder ou quelque chose de ce genre. Le bon côté, c'est que ça me donne plus d'assurance pour jouer. Ça n'a pas été facile : après l'opération, j'ai dû garder deux broches dans le visage pendant un mois. J'ai encore une partie de mes dents anesthésiée".
Blagues à part, Acosta a hâte de remettre son masque pour croiser le fer avec le Panama, un adversaire que l'Argentine doit battre si elle veut conserver toutes ses chances de se qualifier pour le tableau final. "C'est une équipe qui produit un football de qualité et un bon jeu court, mais elle semble un peu désorganisée. C'est sur ce point qu'on peut faire la différence", analyse le jeune milieu. Et de conclure : "L'important sera de ne pas nous décourager et de garder en tête que le but peut venir en début ou en fin du match". Justement sa spécialité...
