Grzegorz Krychowiak, héros polonais du premier match contre le Brésil, a subi comme ses camarades la foudre américaine lors du deuxième match. Mais le garçon de 17 ans garde tout espoir de qualification avant d'affronter les Coréens.
Pologne - Brésil, 30 juin 2007, stade olympique de Montréal, 14h38. Coup-franc pour la Pologne à 25 mètres, Grzegorz Krychowiak s'élance et enroule une belle frappe qui vient se ficher dans la lucarne de Cassio. Le stade, tout aux couleurs des Européens, exulte. Du haut de ses 17 ans et demi, le milieu de terrain vient de rendre heureux tout un peuple. Il sait ce que cela représente. "Après le tirage au sort, personne ne pensait que nous petits polonais pourrions battre les champions brésiliens en match d'ouverture. C'est donc une immense joie et une grande fierté d'y être parvenu, pour la famille du football polonais mais aussi pour tout le pays".
Après le match, Michal Globisz ne manquait pas de souligner l'exploit de ses garçons : "cela faisait 33 ans que nous n'avions plus battu les Brésiliens, depuis la Coupe du Monde 1974. C'est Grzegorz Lato qui avait marqué. Et c'est un autre Grzegorz ce soir, l'histoire aime les pieds de nez !", s'amusait le technicien.
"C'est une sensation fantastique de marquer dans un tel événement, devant cet énorme public acquis à notre cause. Mais ce qui comptait avant tout, c'était de marquer les trois points, c'est pour l'équipe que j'étais content", expliquait pour sa part l'intéressé, qui assure que ses parents ne l'ont pas appelé Grzegorz en hommage au meilleur buteur de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 1974.
L'avenir du football polonais
Mais Globisz, qui le connait depuis très longtemps pour
l'avoir entraîné en U-16, précisait surtout : "Krychowiak
n'a que 17 ans et déjà il est un élément clef de l'équipe.
Il est représente l'avenir du football polonais, comme toute
cette équipe". L'hommage vaut son pesant d'or pour le
cadet de l'équipe type -seul le gardien remplaçant Wojciech
Szczesny est plus jeune de quelques mois. Mais il est justifié.
Car sous ses airs de pré-adolescent, ce milieu de terrain polyvalent à vocation plutôt défensive mais avec un vrai apport à l'offensive, ne manque pas d'assurance et de recul. Il analyse avec froideur la déroute face aux Américains. "Nous avions pourtant bien commencé ce match en marquant dès l'entame. Mais ils sont revenus très vite dans la partie et ont inscrit le deuxième juste après, cela nous a mis un coup derrière la tête. Le troisième en toute fin de période nous a achevé, d'autant qu'on était mieux à ce moment là. "
Selon lui, le match énorme joué pendant plus d'une heure à 10 contre le Brésil a pesé lourd. "A la mi-temps, nous avons discuté tous ensemble pour changer la tactique. Mais le match à 10 contre les Brésiliens a fait son effet : nous n'avions plus d'énergie, ni physique, ni mentale, pour nous accrocher." Le changement consistait à passer en marquage individuel sur Freddy Adu. "Adam Danch devait le prendre, mais il n'avait pas la force, tout simplement", précisait Globisz.
La claque américaine a fait son effet, mais Krychowiak y croit toujours. Le jeune homme n'est pas du genre à se morfondre. Lui qui a signé à Bordeaux l'an passé après s'être fait repéré lors d'un tournoi U-16 en Pologne, vit seul sur la côte ouest française. Et la région a beau être agréable, à 17 ans, ce n'est pas facile. "Ma famille vient deux fois par an me voir, c'est dans le contrat", dit-il dans une moue qui laisse à penser que la solitude lui pèse un peu. Mais il s'accroche, pour accomplir son rêve. Cet admirateur de Steven Gerrard voudrait, un jour, partir à Liverpool.
En attendant, c'est le match contre les Coréens qui se présente. Un nul suffirait peut-être pour passer, mais ce n'est pas la philosophie du garçon. "Nous n'avons pas le choix, il faut gagner. Il nous faudra être aussi solides en défense que face au Brésil, car les Coréens sont très dangereux en attaque. Surtout, nous devrons entrés sur le terrain pour gagner, nous ne pouvons pas nous permettre de calculer", assène-t-il.
Le Bordelais sait bien que la tâche sera délicate mais a un moral d'acier. Et répète religieusement les mots de son mentor d'entraîneur : "Globisz nous l'a dit : 'tout est dans vos têtes et dans vos pieds, vous êtes maîtres de votre destin'". Ne reste plus qu'à prendre celui-ci entre ses mains...

