Il esquisse un petit mouvement d'épaules, baisse la tête puis déboule comme un bolide dans son couloir. C'est ainsi que Diego Capel enclenche généralement ses dangereuses incursions dans le camp adverse. Depuis le début de la compétition, cet ailier gauche s'est affirmé comme une pièce maîtresse du dispositif espagnol. Dans les derniers instants du match face à l'Uruguay, il a lobé d'une superbe frappe du gauche déclenchée à l'extérieur de la surface. Face à la Zambie, on l'a retrouvé à la passe pour le deuxième but espagnol, inscrit par Juan Manuel Mata.
"Sur le plan individuel, je suis satisfait. Sur les deux premiers matches, je me suis senti très bien, mais le plus important, c'est que l'équipe soit première du groupe. C'était notre objectif. J'étais fou de joie d'avoir marqué contre l'Uruguay car le point qu'on a pris sur ce match nous a placés dans une bonne dynamique pour la suite", dit-il à FIFA.com après une séance de récupération.
Sorti sur blessure face aux Zambiens, Capel espère pourtant être d'aplomb pour le prochain rendez-vous. S'il reconnaît que son équipe ne tourne pas encore à plein régime, le numéro 11 ne se fait pas trop de souci. "On ne développe peut-être pas le même football qu'au Championnat d'Europe, mais on a l'avantage de se connaître depuis un bon moment et d'avoir intégré notre propre philosophie de jeu. Je suis sûr qu'on va bientôt retrouver notre style."
Après le deuxième match, le sélectionneur espagnol Ginés Meléndez a reconnu que ses protégés ont accusé le coup physiquement. Aussi se préoccupe-t-il de la forte poussée de mercure enregistrée à Burnaby ces derniers jours. "En deuxième mi-temps contre la Zambie, on a été un peu nerveux. En plus, physiquement, ils étaient beaucoup plus frais que nous. On a misé sur notre football, eux sur le physique. Dans ce domaine, ils nous ont été supérieurs."
"On n'a pas trop eu le temps de travailler ensemble avant la compétition. Du coup, on a un peu de mal à se trouver sur le terrain, reconnaît Capel, qui a rejoint ses coéquipiers en stage quelques heures seulement après avoir assuré la remontrée en deuxième division du Sevilla Atlético, la réserve du FC Séville, après 45 ans d'attente.
Son cœur au FC Séville
"Je n'ai pas pu participer aux célébrations de mon
équipe car j'ai dû me rendre à Madrid en suivant. En tout cas,
le FC Séville a fait une grosse saison cette année", dit-il
dans un grand sourire. Diego est ravi d'appartenir au club
andalou, pour lequel il vient se prolonger son contrat jusqu'à
2011. "Je suis très content de la confiance et du soutien que
m'ont apportés les dirigeants et les supporters. J'espère
avoir ma chance en première, même si je sais bien que pour le
moment, c'est assez compliqué."
Les qualités footballistiques de Diego Capel se sont manifestées dès son plus jeune âge. A 12 ans, il a pris la direction de Barcelone pour tenter sa chance dans le centre de formation blaugrana. Ne se sentant pas à l'aise dans la capitaine catalane, l'Andalou est revenu chez lui. Peu après, il a eu l'opportunité d'entrer dans les catégories de jeunes du FC Séville. Cette fois, le gaucher n'a pas laissé passer sa chance. Il y a deux ans, il faisait ses débuts en Liga avec l'équipe première et cette année, il a même eu l'occasion de disputer un match en Coupe de l'UEFA.
Toutefois, il est difficile de faire sa place dans un club qui a remporté une Copa del Rey et deux Coupes de l'UEFA. "Le FC Séville traverse une bonne passe, c'est difficile d'avoir une chance de jouer, mais nous les réservistes, on se bat pour ça tous les jours. Si les choses se passent bien pour nous ici, cette compétition sera une vitrine intéressante pour que nos équipes nous fassent confiance."
Joueur rapide et excellent dans les dribbles, Capel pèche parfois par excès d'individualisme. "Non !, proteste-t-il en rigolant. Je crois que je suis en train de mûrir dans ce domaine ; j'améliore mon jeu. En tout cas, les expériences de ce genre sont riches d'enseignements."
L'humour et la spontanéité de l'Andalou ne sont pas étrangers à l'excellente ambiance qui règne dans le groupe ibérique. Avec lui, les stages ressemblent plus à des parties de plaisir qu'à des périodes d'enfermement. "Il y a le football, mais il ne faut pas oublier de se marrer. Ça contribue à renforcer le groupe. La bonne ambiance qui règne dans les vestiaires se voit ensuite sur le terrain."
Fidèle à son attitude optimiste, le feu-follet du couloir gauche voit l'Espagne finir en tête de son groupe. "La Jordanie ne va pas nous poser autant de problèmes que la Zambie. Je crois que ce sera un adversaire plus accessible, mais on ne sait jamais ce qui peut se produire, les résultats de cette Coupe du Monde le prouvent tous les jours. Il faudra être concentrés et aller chercher cette victoire. Et puis l'Uruguay aura sûrement beaucoup de mal à battre la Zambie", prévient-il.
