Le nom floqué sur son maillot n'attire pas forcément l'attention. En revanche, sa capacité créative dans l'entrejeu costaricain le distingue de ses coéquipiers. Fils d'Alexandre Guimaraes, ancien international costaricain et actuel sélectionneur du Panama, Celso Borges fait partie des tauliers de la sélection tica en lice dans la compétition canadienne.
Le pensionnaire du Deportivo Saprissa faisait déjà partie du groupe qui avait atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Pérou 2005. A ce stade, les Centraméricains avaient été éliminés par le Mexique de Giovanni Dos Santos, futur vainqueur de la compétition. "Parmi les joueurs qui étaient au Pérou, on est plusieurs à avoir eu l'occasion de jouer en première division au Costa Rica. Cette expérience nous aide maintenant pour aborder cette Coupe du Monde U-20, où il y a beaucoup de pression et beaucoup d'attentes, indique Borges à FIFA.com après une séance d'entraînement à Burnaby. La première division apporte un certain bagage technique et une certaine maturité, même si le niveau de notre championnat n'est pas aussi élevé qu'en Europe."
Borges vit, dort et mange football depuis le berceau, mais la carrière de son père ne lui a pas toujours rendu service. "La réputation de mon père a été un fardeau plus qu'un avantage, rigole-t-il. Quand tu débutes, les comparaisons sont inévitables. Mais au Costa Rica, les gens ont tendance à ne pas parler en bien d'une personne s'ils ne la connaissent pas. Quand j'ai commencé avec les U-17, je savais pertinemment que les critiques n'allaient pas se faire attendre si je n'assurais pas. En fait, certains ont remis ma sélection en question avant même que je touche le ballon. Mais une fois la qualification pour Pérou 2005 acquise, ils ont bien dû se taire."
Malgré le "fardeau" que représente l'aura de son géniteur, Celso ne refuse jamais ses conseils de vieux briscard. "Avant qu'on parte pour le Canada, il m'a dit de jouer tranquillement, comme je l'ai toujours fait jusqu'à maintenant, en faisant passer le bien de l'équipe avant de me fixer des objectifs personnels. Cette compétition, c'est comme une vitrine, elle peut ouvrir beaucoup de portes, affirme ce milieu de terrain, qui ne cache pas une certaine attirance pour le championnat anglais. J'aimerais avoir l'occasion de jouer à l'étranger pour m'améliorer en tant que footballeur."
Dernière cartouche
Après ses deux défaites 1:0 consécutives face au Nigeria et
au Japon, le Costa Rica affiche toujours un compteur vierge.
Toutefois, il espère battre l'Ecosse lors de la dernière
journée pour tenter d'intégrer le cercle des quatre meilleurs
troisièmes qualifiés pour les huitièmes.
"Le moral est au beau fixe, mais on est conscients de la situation. Même si on n'est pas satisfaits de nos performances, on ne s'avouera jamais vaincus. On est ici, c'est bien, mais on ne veut pas s'en contenter", assure Borges.
"On se prépare toujours pour gagner. La fierté et l'honneur de porter ce maillot sont en jeu. Bien sûr, on aurait aimé être premier ou deuxième, mais maintenant, on va tout donner sur ce dernier match pour le remporter et rester en course", ajoute-t-il.
Comme le sous-entend ce fils de technicien, l'équipe a tiré des enseignements de ses défaites. "Il faut qu'on assure davantage les passes sur la largeur du terrain car à plusieurs reprises, on s'est mis en danger. Et puis, on doit mettre les occasions au fond. C'est là qu'on pèche", synthétise cet admirateur de Zidane et de Kaká.
Borges est un milieu créatif qui excelle dans la distribution de jeu. "Certains disent que je ne suis pas à mon niveau ici, mais ce n'est pas sûr. Tant que mon entraîneur et mes coéquipiers sont satisfaits de mon rendement, je n'ai pas à me préoccuper de ces remarques", dit-il. D'ailleurs, le fait d'avoir connu très tôt les arcanes du football grâce à son père l'aide à se protéger de ses détracteurs et de la pression médiatique.
Satisfait de son apport, Borges nous livre quelques pistes à explorer pour mettre les Ecossais en danger. "Physiquement, c'est costaud, ils ont un jeu très direct. Ce sont de bons joueurs, mais je crois qu'on doit les attaquer par les côtés, en assurant rapidement la transition entre la défense et l'attaque."
Samedi, nous saurons si les Costaricains ont effectué une autocritique constructive.
