A l'issue d'une journée partagée entre un entraînement léger et la découverte du nouveau quartier général de la Zambie, à Victoria, Clifford Mulenga (19 ans) a accepté de répondre aux questions de FIFA.com. Au programme : Canada 2007 bien sûr, mais aussi et surtout l'avenir immédiat des Copper Bullets ("les balles en cuivre") avant leur match de la dernière chance, samedi contre l'Uruguay, en clôture du Groupe B.
Mulenga a débarqué en terre canadienne après le premier match de la Zambie dans le tournoi. Alors que ses coéquipiers faisaient match nul 1:1 avec la Jordanie, lui disputait un match de barrage - perdu - de Premier League sud-africaine avec son club de Pretoria University. Venu renforcer le groupe, le jeune ailier gauche a été la principale source d'inspiration des Africains dans leur duel contre l'Espagne. Battue 2:1 à cette occasion, la Zambie est désormais obligée de s'imposer contre l'Uruguay pour rejoindre la Celeste au classement (avec 4 points) et la dépasser au bénéfice du résultat en confrontation directe. Vaste programme donc, face à des Sud-américains qui abordent la rencontre avec la casquette de favoris. Mais il en faut plus pour entamer l'enthousiasme manifeste de Mulenga.
"Nous avons vu jouer les Uruguayens. Ils forment une bonne équipe, mais peu importe, puisque nous allons les battre", déclare-t-il après l'entraînement à un journaliste de la télévision uruguayenne qui semble complètement interloqué. N'y voyez cependant aucune espèce d'arrogance, mais plutôt une attitude positive et certainement contagieuse. Lorsqu'on lui demande si la sélection seniors de son pays a des chances de se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, il répond sans sourciller : "Vous pouvez être sûrs qu'on va se qualifier. Aucun doute là-dessus. On a même déjà commencé".
Si Mulenga positive, le reste de l'équipe semble ne pas être en reste : "Quand que je suis arrivé ici, j'ai tout de suite vu que les gars avaient envie de réussir un bon tournoi. Tout le monde était d'excellente humeur, explique-t-il. Après le match contre l'Espagne, nous étions déçus de ne pas avoir pris au moins un point. Mais c'est déjà du passé. Il faut regarder vers l'avenir. C'est pourquoi nous travaillons très dur pour préparer le match de demain".
Profiter de l'occasion
L'optimisme de Mulenga n'est pas aveugle, comme
peuvent en témoigner ceux qui ont vu à l'œuvre les jeunes
Zambiens face aux champions d'Europe en titre. Menés 2:0, les
Copper Bullets ont d'abord réduit le score, avant de
pousser les Espagnols dans leurs derniers retranchements. En fin de
match, Mulenga a même tenté un ciseau retourné qui aurait pu être
le but de l'égalisation... et du tournoi. Pour autant, le jeune
homme n'était pas entièrement satisfait de sa prestation.
"Dans ce match, j'ai longtemps cherché mes repères, admet-il (ce qui peut se comprendre quand on a passé la journée dans un avion reliant l'Afrique du Sud au Canada). J'aurais pu apporter un peu plus à l'équipe. Disons que j'étais à 80 % de mes moyens, ce qui n'est pas satisfaisant quand vous êtes habitué à vous donner à fond. Cela dit, nous avons eu des occasions contre l'Espagne. Le seul problème, c'est que nous n'en avons concrétisé qu'une seule. Ils ont mérité leur victoire."
Selon lui, le monde découvre aujourd'hui un phénomène relativement ancien : "Les gens ne s'attendaient probablement pas à voir un pays comme la Zambie à ce niveau-là. Nous sommes toujours dans un processus de reconstruction, suite à l'accident d'avion qui a coûté la vie à plusieurs internationaux en 1993. Mais je crois que l'avenir nous réserve de belles choses. Nous faisons partie des meilleures équipes du monde dans la catégorie U-20, et notre sélection U-23 est très forte également."
Interrogé sur ses idoles, Mulenga cite deux gauchers : Diego Maradona et le Zambien Kalusha Bwalya. Ce qui est certain, c'est que l'avenir de l'équipe de Zambie passe par les pieds d'un autre gaucher, titularisé pour la première fois chez les A zambiens à l'âge de 17 ans seulement. Sans oublier que Mulenga a déjà évolué en Suède ainsi qu'au Stade Malherbe Caen.
Intarissable sur ses projets, sans pour autant perdre de vue les échéances plus rapprochées, il conclut évidemment sur une note positive : "J'espère rejouer en Europe très bientôt. C'est pourquoi ce tournoi est très important pour moi. J'y pense depuis très longtemps. Aujourd'hui, je suis très heureux d'avoir cette opportunité. J'espère je saurai la saisir", termine-t-il avec un sourire.
