Il y a deux ans, le Mexique avait été paralysé par le titre mondial obtenu par l'équipe U-17 à Pérou 2005. Aujourd'hui, après les deux premiers matches de la génération dorée à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007, le pays respire à nouveau l'optimisme et rêve de rééditer l'exploit.
"Ils ont tous un talent dingue dans cette équipe, on sent
bien qu'il se passe quelque chose de magique. Ils écrivent
l'histoire match après match, affirme Héctor, un fan âgé de 30
ans originaire de Mexico, qui a suivi toutes les rencontres de
l'équipe, y compris celles de Pérou 2005. C'est comme
s'ils allaient à l'école ensemble et qu'ils étaient
passés en classe supérieure. C'est des copains de
récré...".
Des visages connus, des destins liés
Il a bien raison. Le noyau dur de l'équipe dirigée par
Jesús Ramírez est étonnamment similaire à celui qui avait brandi le
trophée en 2005. D'ailleurs, neuf des onze titulaires des
rencontres face à la Gambie et au Portugal l'étaient déjà au
Pérou, ce qui est inédit dans l'épreuve. Les seuls nouveaux
sont le gardien Alfonso Blanco et le défenseur central Julio César
Domínguez.
Mais les nouveaux visages ont joué eux aussi un rôle important. Blanco a été encensé par la presse mexicaine et internationale par ses arrêts, tandis que deux des quatre buteurs aztèques sont venus du banc. En effet, Pablo Barrera et Javier Hernández ne faisaient pas partie du onze initial.
Après les deux succès, les quotidiens n'ont pas hésité à évoquer l'enthousiasme généré par la formation U-20 Tricolor. "Déjà grands !", a titré le prestigieux site MedioTiempo.com après la victoire sur le Portugal (2:1). Le lendemain, le site a proposé à ses visiteurs une interview de la vedette de l'équipe, Giovanni Dos Santos, qui assurait sans complexe : "Nous avons toujours considéré que nous faisions partie des favoris".
Comme à l'accoutumée, les bonnes prestations du premier tour
ont déjà déclenché des rumeurs quant à l'intérêt suscité par
les jeunes Mexicains chez les équipes européennes. Les médias
locaux parlent de tractations entre le talentueux attaquant César
Villaluz et Arsenal, qui aurait également des vues sur le capitaine
Patricio Araujo, tout comme l'Ajax d'Amsterdam.
Concentration totale
Les joueurs, eux, tentent tant bien que mal d'échapper à
cette frénésie. Villaluz fait preuve d'une belle maturité
lorsqu'il évoque son avenir. "Oui, c'est bien,
c'est motivant, mais il faut surtout se concentrer sur ce
qu'on a à faire sur le terrain pour tenter de gagner cette
coupe. Vous me dites que des recruteurs sont venus me superviser,
je vous réponds que c'est tant mieux, mais c'est juste une
motivation supplémentaire".
En tout cas, le jeune sociétaire de Cruz Azul n'impressionne pas seulement les étrangers. "Il est énorme, il a une puissance phénoménale, nous dit par exemple José Guillermo, également de Mexico. Il est au moins aussi bon que Giovanni et (Carlos) Vela, j'espère qu'il sera appelé bientôt en Seniors".
Les voeux de ce supporter pourraient être exaucés très bientôt. En effet, depuis le Venezuela, où le Tri dispute la Copa América, le sélectionneur national, Hugo Sánchez, a eu quelques mots pour les membres de la génération dorée. "Leur évolution est très impressionnante et je suis ravi qu'ils puissent disputer autant de matches internationaux à ce niveau. Nous aurons bientôt l'occasion de commencer à tester ceux qui auront réussi les plus belles prestations".
Pour l'instant, l'objectif de ces jeunes joueurs est tout autre : ils veulent juste rééditer le titre remporté il y a deux ans. Pour rendre à nouveau fou de joie un pays qui a appris il y a deux ans à fêter un titre mondial grâce à ces gamins en or...
