Les jeunes Chiliens ont débarqué au Canada avec des objectifs très ambitieux, mais il faut bien reconnaître qu'aucun observateur hors Amérique du sud n'accordait un quelconque crédit à ce pays, dont la dernière participation à une Coupe du Monde de la FIFA remonte à France 1998 et qui n'a plus montré grand-chose depuis les retraites internationales de Marcelo Salas et Iván Zamorano.
Pourtant, après deux succès 3:0 dans leurs deux premiers matches, les Andins font bel et bien partie des équipes les plus efficaces de la compétition. Avec un jeu qui fait la part belle à la possession du ballon et qui perfore les défenses les plus hermétiques, la Rojita a conquis nombre de spectateurs canadiens. Quant aux hordes de Chiliens expatriés dans le Grand nord, c'est peu dire qu'ils frisent l'extase à chacun des matches de leurs favoris.
Il faut dire que les satisfactions sont nombreuses dans cette équipe : de la paire Arturo Vidal - Alexis Sánchez (lequel a manqué le premier match à cause d'une suspension) à l'élégant Matthias Vidangossy ou encore au buteur Nicolás Medina, le Chili s'appuie en ce moment sur un groupe à la fois équilibré, professionnel et très enthousiasmant. Les chiffres témoignent eux aussi de cette belle réussite, puisque cette nation est la seule, avec l'Argentine et le Nigeria, à ne pas avoir encaissé de but dans ces phases finales. Aux avant-postes, le Chili se montre tout aussi percutant, avec six buts inscrits en deux rencontres.
Beaucoup d'heures de vol
Quand on pense au nombre d'heures de vol que les Chiliens
ont accumulées de part et d'autre de leurs matches, on peut
s'étonner qu'ils aient réussi un aussi bel essor. Arrivés
en terres canadiennes à la veille de leur match inaugural, face aux
hôtes, ils ont volé pendant plus de 15 heures depuis Santiago. Et
après avoir écrasé le Canada à Toronto le 1er juillet, ils ont
repris l'avion direction Edmonton, pour un déplacement
domestique de plus de 3 200 km ! Comme si cela ne suffisait pas,
une fois qu'ils ont disposé du Congo, encore sur le score de
3:0, ils ont repris l'avion pour aller affronter l'Autriche
à Toronto, dans l'est du pays.
"Nous devons prendre en compte le décalage horaire (deux heures) et la fatigue que cela peut engendrer chez les joueurs. Peut-être que je vais faire tourner un peu mon effectif contre l'Autriche, je n'ai pas encore décidé. Tous ces voyages, ça n'est pas très raisonnable. Il y a quatre heures d'avion entre Toronto et Edmonton et il faut arriver à l'aéroport une heure et demi avant le décollage, sans compter le temps du trajet jusqu'à l'aéroport, déclarait le sélectionneur, José Sulantay, l'air un peu résigné. Les garçons ne vont pas bien dormir. En plus, on ne peut pas dire qu'on mange très bien dans l'avion."
Attendus à Toronto samedi, les Chiliens ont programmé une séance d'entraînement avant leur rencontre dominicale. Ensuite, ils profiteront de la fin de la première phase pour se ressourcer. Mais leur repos sera de courte durée, puisque quel que soit le résultat de leur match de dimanche, ils iront disputer leur huitième de finale à Edmonton, soit un nouveau déplacement de quatre heures.
Malgré ce qu'on pourrait croire, les joueurs ne semblent pas trop entamés par ces nombreux allers-retours. Bien au contraire, puisque leurs performances s'avèrent très positives et qu'ils peuvent en profiter pour vérifier les dimensions de ce pays hors du commun.
Ils veulent revenir à Toronto
Le talentueux meneur de jeu Vidangossy est
l'une des révélations de la compétition et sa belle entente
avec les vedettes de l'équipe permet aux Andins d'aborder
en toute confiance le dernier match, contre une Autriche déjà
qualifiée.
"J'espère que nous pourrons maintenir notre bon niveau, a déclaré le stratège. Si c'est le cas, nous pouvons aller loin dans cette compétition."
Ils pourraient effectivement se déplacer à nouveau jusqu'à Toronto s'ils venaient à se qualifier pour la première finale mondiale de leur histoire. Mais dans ce cas, il y a fort à parier que les joueurs et le sélectionneur chiliens aborderaient les quatre heures d'avion avec beaucoup plus de philosophie...
