Le Groupe D était attendu comme étant l'un des plus délicats de la compétition, sinon le plus relevé. Trois champions continentaux (Etats-Unis, République de Corée et Brésil) et la Pologne, l'une des surprises des qualifications européennes. Et les pronostics se sont cette fois avérés juste : jusqu'au bout les quatre équipes ont eu leur chance de passer. Bilan: 20 buts marqués, des matches excitants et du suspense, les publics de Montréal et Ottawa ont été gâtés...
Classement
1 Etats-Unis, 7 pts.
2 Pologne, 4 pts.
3 Brésil, 3 pts.
4 Rep. de Corée, 2 pts.
Prochains matches
Etats-Unis - Uruguay, 11 juillet, Toronto
Espagne - Brésil, 11 juillet, Burnaby
Argentine- Pologne, 12 juillet, Toronto
Notre analyse
Etats-Unis : Après avoir été sévèrement ballotés par les
Coréens (1:1), les Américains ont fait explosé la défense polonaise
(6:1), pourtant exceptionnelle face aux Brésiliens. Surtout, cette
rencontre restera sans doute comme le jour où Freddy Adu a enfin
répondu aux immenses attentes qui pesaient sur ses frêles épaules.
Mais le joueur d'origine ghanéenne n'est pas seul, et on
retiendra les excellentes performances de Danny Szetela et Sal
Zizzo, deux milieux remarquables. Attention, les
Yankees ont les dents longues...
Pologne : Cette équipe surprenante a eu le mérite de se
remettre de la fessée infligée par les Américains au deuxième
match. Auparavant, les Européens avaient signé l'exploit du
premier tour en battant les Brésiliens (1:0) à 10 contre 11. Face
aux Coréens, ils ont retrouvé leur solidarité défensive pour
résister aux assauts permanents des Asiatiques et agripper la
deuxième place. Dans ce collectif bien huilé, l'attaquant Dawid
Janczyk a un talent certain. Mais une mention spéciale doit être
faite au gardien de but Bartosz Bialkowski, exceptionnel lors du
dernier match.
Brésil : La grosse déception de ce premier tour. C'est
par la petite porte que les
Auriverdes passent en huitièmes de finale. Inefficaces en
attaque lors du premier match, meilleurs face aux Coréens
jusqu'au vent de panique des cinq dernières minutes et dépassés
par les Américains au dernier match, les garçons de Nelson
Rodrigues ne sont pas au mieux. Alexandre Pato est tout de même un
joueur d'exception, Marcelo a fait également du bien en défense
et Ji Parana dans l'entrejeu.
République de Corée : Les Coréens ont de quoi se mordre
les doigts. Ils ont peut-être pratiqué le plus beau football du
premier tour mais ne seront pas en huitièmes de finale. La faute à
l'éternel problème des
Diables rouges, une incapacité chronique à conclure.
Tactiquement impeccable, tenant un rythme effréné pendant 90
minutes, les Asiatiques ont de plus quelques individualités de très
grand talent : le meneur de jeu Young Sung Shim, l'attaquant
Young Rok Shin, le milieu de terrain Sang Ho Lee, entre autres.
Nous avons aimé...
- Le premier but de Freddy Adu contre la Pologne : une longue course sur le côté droit, suivi d'un passement de jambe dans la surface, enchaîné avec une rotation à 360 degrés et une frappe brossée en pleine lucarne.
- La joie d'Amaral après son but marqué contre la République de Corée. En mettant le ballon sous son maillot, il mimait la grossesse de sa compagne, enceinte de quelques mois.
- Le double petit pont du Coréen Young Sung Shim sur un défenseur polonais : par devant puis par derrière, le joueur européen se demande encore ce qui lui est arrivé.
- L'ambiance et le bruit inimaginables dans le stade fermé de Montréal lorsque la République de Corée est revenu à 3:2 face au Brésil. Les travées, entièrement Rouges, étaient bouillantes.
- L'arrêt de Bartosz Bialkowski, le portier polonais, à la dernière seconde des arrêts de jeu face aux Coréens. Sur une tête de Sang Ho Lee, le gardien est allé chercher dans sa lucarne un ballon qui semblait déjà au fond des filets.
La stat
20, comme le nombre de buts marqués dans ce groupe,
de loin le total le plus élevé du premier tour, soit une moyenne de
3,33 buts par rencontre. La palme aux Américains et leur neuf buts,
dont six passés aux Polonais. On notera également les 48 tirs dont
21 cadrés par les Coréens, rois des occasions... manquées,
malheureusement.
La petite phrase
"le football n'est pas du patinage artistique, la
note de style ne compte pas. Nous avons joué avec nos qualités
contre les Coréens et nous nous sommes adaptés à notre adversaire,
c'est le résultat qui compte au final",
Michal Globisz, sélectionneur de la
Pologne





