Certes, la qualification du Brésil dans le Groupe D s'est faite dans la douleur, avec une seule victoire, face à la République de Corée, encadrée de deux défaites, contre la Pologne et les Etats-Unis. Mais ne vous y trompez pas : quoi qu'il arrive, la sélection canarinha est toujours candidate au titre.

La qualité de l'effectif brésilien ne fait aucun doute. Nous avons déjà évoqué le petit prodige Alexandre Pato, attaquant vainqueur de la Copa Libertadores et de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2006 avec l'Internacional de Porto Alegre. Aujourd'hui, nous nous intéressons à un champion d'Espagne.

Marcelo Vieira da Silva Júnior s'est engagé en novembre dernier avec le Real Madrid jusqu'à juin 2012. Mercredi, en huitième de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, il sera opposé à une demie douzaine de visages connus. Car la Furia Roja compte dans ses rangs six joueurs de la réserve merengue avec lesquels le Brésilien, qui n'a disputé que quelques matches en première, a partagé entraînements et déplacements.

"J'ai dit à mon entraîneur comment ils jouent car je les ai déjà vus en action ; ils sont très bons, sourit Marcelo après son premier entraînement dans la banlieue de Vancouver. Mais on n'a peur de personne. On sait qu'ils jouent bien au foot, mais nous aussi. On ne doit pas se contenter de cibler un seul joueur. Il faudra tous les surveiller."

Le Brésil est tout à fait conscient de ne pas avoir laissé une bonne impression, mais il préfère oublier le passé et se projeter vers l'échéance à venir. "L'équipe doit être très unie pour aller chercher la victoire contre l'Espagne. Ensuite, il faudra gagner, gagner et encore gagner. Grâce à Dieu, nous serons champions", se prend-il à rêver.

Formé dans les catégories de jeunes de Fluminense, Marcelo possède un style comparable à celui de Roberto Carlos. Arrière latéral doté d'un gros coffre, il fait preuve d'une admirable pertinence dans ses initiatives offensives. Par ailleurs, il affiche un sens de l'humour et un optimisme qui ne sont pas sans rappeler le nouveau pensionnaire du championnat turc. Il est donc rare de le voir quitter son sourire resplendissant : "On est très motivés. On raisonne de façon positive, mais il ne faudra laisser aucun espace à l'Espagne".

Quelques heures après avoir atterri à Vancouver en provenance d'Ottawa, los Verdeamarelhos effectuent déjà un entraînement à Burnaby pour corriger les erreurs à l'origine des deux défaites dans le Groupe D. La plus frappante a été un manque de lucidité à la finition. "Contre les Etats-Unis, on a tenté notre chance dans toutes les positions, mais ça n'a pas souri, s'inquiétait le sélectionneur brésilien Nelson Rodrigues. L'Espagne est très bien organisée, c'est peut-être l'équipe la plus redoutable du tableau des huitièmes", a-t-il ajouté.

Décalage horaire
"Nous nous entraînons très dur. Nous allons analyser le dernier match de l'Espagne pour savoir dans quel domaine nous pouvons la mettre en difficulté. Pour gagner, il va falloir beaucoup travailler", rappelle Marcelo qui, comme ses coéquipiers, n'aura pas trop le temps de s'accoutumer au décalage horaire existant avec Ottawa.

Sous les ordres de Rodrigues lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Pérou 2005, le gaucher suit avec attention l'évolution de la grande Seleçao dans la Copa América 2007. Il faut dire qu'il a été appelé par Dunga en août 2006 et a inscrit un but pour son premier match, en septembre contre le Pays de Galles. Cette fois, le Madrilène doit confirmer avec les U-20, mais il n'en prend pas ombrage : "C'est toujours un honneur de porter les couleurs du pays, que ce soit pour une Coupe du Monde U-20 ou pour la Copa América, affirme-t-il. En ce moment, je suis pleinement concentré sur ce que je fais".

On retrouve le même discours chez son coéquipier Pato, pour qui Marcelo joue les interprètes auprès de la presse espagnole suivant la Furia. "Je suis à 100 % concentré sur la sélection brésilienne. Je me donne à fond pour l'équipe. Sur certains matches, je n'ai pas pu marquer, mais mon objectif, c'est la victoire", assure ce phénomène de 17 ans.

"Tout le monde dit qu'il a un énorme potentiel et en plus, il est très jeune. Moi, je l'admire, je suis heureux de pouvoir jouer ici avec lui en sélection", lance Marcelo en appuyant ses propos d'un geste complice vers son timide coéquipier.

"On est très contents d'avoir passé la première phase, poursuit l'attaquant. Mais maintenant, il faut faire mieux. L'équipe a très envie de montrer son vrai football. Nous sommes convaincus de pouvoir faire mieux et d'aller décrocher la victoire."

Dernier message du numéro 11 auriverde : "Je ne suis pas encore satisfait de mes performances. Je le serai quand l'équipe aura le trophée en main".