La Gambie est surnommée "la côte souriante de l'Afrique" et, de fait, la sélection qui vient de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007 a certainement fait de nombreux heureux.
La bonne humeur était déjà de mise deux ans auparavant, lorsque la Gambie s'était invitée à la Coupe du Monde U-17 de la FIFA au Pérou, même si les principaux intéressés avouent garder un souvenir mitigé de cette première expérience internationale. Tout avait pourtant bien commencé pour les Africains, qui avaient remporté une victoire de prestige (3:1) face au Brésil avant de dominer le Qatar sur le même score à Piura. De nombreux supporters gambiens avaient fait le déplacement et transformé le stade Miguel Grau en véritable carnaval. En fait, 14 d'entre eux ont été séduits et vivent toujours au Pérou à ce jour.
Malheureusement, le déplacement à Lima pour la dernière journée de la première phase allait rapidement tourner au cauchemar. Alors que les Gambiens n'avaient besoin que d'un simple match nul face aux Pays-Bas pour assurer définitivement leur qualification, ils s'inclinaient 0:2.
Et pour comble de malchance, l'attaquant Momodou Ceesay manquait en toute fin de partie le penalty décisif qui leur aurait permis de poursuivre leur parcours dans cette compétition. Malgré un bilan largement positif et les six points affichés au compteur, la Gambie quittait donc la Coupe du Monde U-17 de la FIFA dès le premier tour. Si la pilule avait été difficile à avaler à l'époque, les joueurs assurent aujourd'hui que cette expérience leur a été bénéfique à l'heure d'aborder la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. A quelques heures du choc face à l'Autriche qui aura lieu à Edmonton, toute l'équipe est désormais animée par un profond esprit de revanche.
Les souvenirs de Sohna
Ebrima Sohna faisait partie des quatre joueurs expulsés lors
de ce fameux choc contre le Brésil, que les deux équipes avaient
terminé à neuf contre neuf. Suspendu, il avait ensuite manqué le
match décisif contre les Pays-Bas. Impuissant, le jeune homme avait
dû assister des tribunes au naufrage de ses partenaires. "Nous
n'avons pas digéré ce qui s'est passé au Pérou et nous
sommes bien décidés à ne pas renouveler ce genre d'expérience,
explique le milieu de terrain à
FIFA.com. C'est dur de rater un tel match, car
je n'arrêtais pas de me demander ce que j'aurais pu faire
pour aider l'équipe."
"Je pense que cet épisode va nous servir de leçon. Notre passage au Pérou nous a aidés à grandir. Face à l'Autriche, nous jouerons pour tous nos compatriotes, pour leur démontrer que ce qui s'est passé au Pérou il y a deux ans n'était qu'un accident. Nous allons laisser 2005 définitivement derrière nous."
Mais Sohna n'a pas que de mauvais souvenirs de son séjour en Amérique du Sud. Et dès que l'on évoque le match contre le Brésil, son visage se fend d'un large sourire. "Avant le match, tout le monde pensait que le Brésil allait nous battre 9:1 ou 10:1. Nous, nous étions confiants." Ousman Jallow, un autre vétéran de la campagne péruvienne, ajoute : "La victoire contre le Portugal lors du dernier match était très importante pour nous. Au Pérou, nous nous étions compliqué la vie inutilement et nous avions perdu 0:2 contre les Pays-Bas. Nous étions tellement déçus à l'époque".
"Une expérience extraordinaire"
"Battre le Brésil nous avait fait un bien fou, mais le
match contre les Pays-Bas est resté gravé dans nos mémoires.
C'est le football. Parfois, il faut faire des erreurs pour
pouvoir progresser. Nous avons donc tenté de prendre les choses
avec du recul. Nous ne sommes absolument pas nerveux à l'heure
d'affronter l'Autriche. De toute façon, notre présence en
huitièmes de finale est déjà un événement historique dans
l'histoire du football gambien."
Le sélectionneur Peter Bonu Johnson n'était pas au Pérou il y a deux ans puisqu'il participait à un tournoi en Côte d'Ivoire avec l'équipe U-20. Mais avant d'arriver au Canada, le technicien gambien n'a pas manqué d'évoquer ce triste épisode avec ses joueurs. "C'était notre première expérience à ce niveau. Le fait de battre une équipe comme le Brésil a permis aux joueurs de prendre conscience de leur potentiel. Finalement, la pression a eu raison d'eux, mais ils doivent tirer les leçons de leurs erreurs", analyse-t-il pour FIFA.com.
"C'était la deuxième fois qu'une telle chose arrivait à l'équipe U-17. Lors de la Coupe d'Afrique des Nations, nous devions battre le Cameroun pour nous qualifier pour le tour suivant, mais le mental n'a pas suivi. Tout cela fait partie d'un processus d'apprentissage. La plupart des joueurs qui étaient présents au Pérou sont encore là. Nous avons donc soigné notre préparation contre le Portugal afin de nous assurer que l'histoire ne se répéterait pas."
"Mes garçons sont heureux. Ils veulent aller le plus loin possible, non seulement pour entrer dans l'histoire, mais aussi pour attirer l'attention de grands clubs. Ils ont leur destin en main. Dans le football moderne, on constate que tous les grands joueurs ont commencé par briller à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Je crois que cela n'a pas échappé à mes joueurs."



