Le Chili et le Portugal, qui s'affrontent en huitièmes à Edmonton, se livreront sans doute un combat farouche, leurs supporters risquent de se montrer tout aussi enthousiastes dans les gradins.

Depuis le début de Canada 2007, les deux équipes ont reçu un soutien inconditionnel de la part des communautés nationales installées en Amérique du nord. La ville d'Edmonton accueille justement un grand nombre de Portugais et de Chiliens, ce qui nous augure un jeudi soir particulièrement chaud dans le Commonwealth Stadium.

Le sélectionneur portugais, Jose Couceiro, a déclaré à FIFA.com : "Le public a été vraiment incroyable vis-à-vis de nous, nous avons très envie de faire plaisir à nos supporters. Nous voulons leur offrir une victoire contre le Chili, pas seulement à la communauté portugaise d'Edmonton mais à tous les Portugais qui habitent au Canada." Le gardien du but, Rui Patricio, ressent très nettement cette responsabilité : "Nous avons reçu un soutien incroyable à Toronto et à Montréal, ce qui est toujours très important. Ça nous donne une force supplémentaire. Même si nous sommes concentrés sur le jeu, nous ressentons ce soutien, nous entendons leurs encouragements."

Le milieu de terrain Feliciano Condesso est tout aussi reconnaissant : "Ce qu'ils font nous fait chaud au cœur et nous aimerions trouver la même ambiance à Edmonton. Je pense que ça va bien se passer. Contre le Mexique, il y avait égalité dans les gradins, même s'il m'a semblé que les Portugais faisaient un peu plus de bruit. Contre le Chili, ils vont beaucoup nous aider. Nous avons ressenti leur présence même dans les aéroports et aux entraînements. Ils nous donnent beaucoup d'amour."

Le sélectionneur chilien, José Sulantay, a également évoqué avec une grande émotion cet "amour" pour les Chiliens exilés au Canada, partis pour la plupart dans les années 70. On a même pu voir ses yeux se mouiller lorsqu'il s'est déclaré ravi de pouvoir apporter du plaisir à ses compatriotes. L'attaquant chilien Nicolás Medina a déclaré : "C'est sympa de sentir le soutien des fans quand on est loin de la maison. C'est génial de jouer dans une telle ambiance."

Discussions d'attaquants
En ce qui concerne le match à proprement parler, nous avons recueilli les déclarations de deux attaquants, un qui sera absent et un autre qui monopolise les conversations. Le capitaine portugais Bruno Gama est forfait pour le reste de la compétition depuis qu'il s'est fracturé un métatarse lors de la défaite 2:1 face à la Gambie. Ce sont ses deux buts face à la Nouvelle-Zélande qui avaient offert à son pays sa seule et unique victoire de la compétition.

Couceiro admet que l'absence de Gama lui complique la tâche, mais il estime avoir la longueur de banc nécessaire pour créer le danger aux avant-postes. "Bruno est un joueur important, mais aujourd'hui, les joueurs les plus importants sont ceux qui peuvent jouer, a indiqué Couceiro à FIFA.com. C'est dommage, parce que je m'entends bien avec Bruno, que j'ai connu à Porto, et ça me fait de la peine que notre capitaine ne soit pas avec nous."

Le Chilien Alexis Sánchez, au centre d'une nuée de journalistes, est l'un des joueurs les plus en vue de la compétition. Pourtant, cet attaquant explosif a évité tous les micros, lançant à la cantonade qu'il ne serait content que le jour où il gagnerait la Coupe du Monde.

Lorsque nous l'avons interrogé au sujet de Sánchez, Couceiro n'a pas fait de détours : "Nous devons être capables de nous adapter au pouvoir offensif du Chili, mais Alexis Sánchez n'a joué qu'un bon match et c'était contre le Congo. Or, le Congo jouait à dix depuis la première mi-temps. C'est vrai qu'il est très doué balle au pied, mais je n'ai pas prévu de mettre en place de marquage homme à homme pour le contrer."