Les Chiliens ne savent pas bien s'ils doivent se réjouir ou s'inquiéter. Se réjouir d'avoir atteint les quart de finales d'une Coupe du Monde U20, ce qui n'était plus arrivé depuis 20 ans au... Chili ; ou s'inquiéter de l'absence du buteur Arturo Vidal (suspendu) et de la blessure de la star Alexis Sanchez pour affronter les redoutables Nigérians. Une chose est certaine, la Rojita fait parler d'elle au pays...

"Je tiens à féliciter l'équipe pour sa victoire contre le Portugal. La sélection U-20 est l'exemple même que sur le terrain, tout est possible". Le compliment sort de la bouche de Michelle Bachelet, Présidente de la République du Chili, rien que cela. Preuve que tout le pays est derrière la Rojita et n'attend rien d'autre que le titre. La presse n'a plus que les jeunes loups chiliens à la bouche... "Et maintenant, qui peut nous arrêter ?", titrait 'La Cuarta' au lendemain de la victoire face au Portugal. 'La Nacion' notait qu'avec "la grinta, du cœur et un beau football, la sélection a battu le Portugal de manière méritoire bien que dramatique". 'El Mercurio' soulignait pour sa part que c'était le "meilleur résultat d'une équipe chilienne dans une compétition internationale depuis 1993".

Au milieu de ce concert de louanges, les joueurs essaie de garder les pieds sur terre, mais eux aussi commencent à avoir les yeux tournés vers la finale... Il en est un qui est l'objet de toutes les attentions. Alexis Sanchez, el Nino Maravilla ("la petite merveille"), déjà convoité par la Juventus de Turin, est le maître à jouer de la formation. Mais une vieille blessure à l'épaule a ressurgi après un choc face au Portugal. Et l'étoile montante est incertaine pour le match. "La blessure n'est pas si grave, il n'y a pas de fracture. Mais la douleur est là et nous déciderons au dernier moment si Alexis peut jouer ou non", résumait Luis Salazar, le médecin de l'équipe.

L'attaquant de Colo-Colo, lui, veut jouer. "Je me sens bien, j'ai envie de jouer. Je veux être aux côtés de mes compagnons, jusqu'au bout", expliquait-il. Mieux encore, il affirme vouloir "être le meilleur joueur de cette compétition, même si avec cette blessure, ce sera difficile". Le numéro 7 a confiance. Même avec la suspension d'Arturo Vidal et la blessure de Carlos Carmona. "Nous avons quitté le Chili avec l'unique idée de revenir avec le titre. Nous sommes tous persuadés que nous pouvons le faire et nous allons le prouver sur le terrain", assénait-il à une presse chilienne sidérée : la "petite merveille" était dans une phase de mutisme depuis 20 jours.

Attaque décimée mais défense de fer
Reste que dans le pire des cas, José Sulantay devrait se passer de Sanchez, buteur patenté, Carmona, remplaçant attitré de Vidal en attaque et Vidal lui-même. Donc remanier complètement sa ligne d'avant. Mais le sujet ne semble pas préoccuper outre-mesure le technicien chilien : "je ne m'inquiète pas des absences, je préfère penser à ceux qui vont jouer. Je ne base pas mon équipe sur une ou deux individualités de toutes façons. Tous les joueurs sont importants dans ce groupe."

Mais Sulantay sait surtout qu'il peut compter sur une défense de fer. La seule à n'avoir encaissé aucun but pour le moment. Et si Cristopher Toselli conserve sa cage inviolée 83 minutes de plus, il battra un record vieux de 28 ans en Coupe du Monde U-20. "Mon équipe est tranquille car elle peut se reposer sur un excellent gardien", admet d'ailleurs 'El Negro'. "Je serais ravi d'entrer dans l'histoire, c'est certain, mais je dois cette réussite à ma défense. Contre le Portugal ils ne m'ont pas lâché une seule seconde. Ca me donne une grande confiance".

Il en faudra, de la confiance, face à des Nigérians eux-aussi remarquables en défense (un seul but encaissé). "Les Nigérians sont forts, j'ai vu deux de leurs matches. Je trouve qu'ils sont moins bons que les Congolais, que nous avons battu. Ils sont bons dans les duels et vont très vite. Mais j'ai confiance", assure Sulantay. "Nous nous approchons chaque jour un peu plus de notre rêve", conclue Sanchez. Reste trois matches à gagner pour que le rêve devienne réalité...